14 septembre 2014, 10:13

Paul Gilbert

Stone Pushing Uphill Man

(© Mascot Label Group / Music Theories Recordings - DR)

 

Paul Gilbert est un artiste et un musicien hors pair, un peu excentrique mais la tête sur les épaules. Il a brillé dans RACER X, puis décollé avec Mr. BIG. Il participe régulièrement à différents projets artistiques et sort des albums en solo. « Stone Pushing Uphill Man » (Mascot Label Group / Music Theories Recordings), dont l’image est inspirée du mythe grec de Sisyphe, est sa dernière création guitaristique originale et puissante personnelle en date mêlant reprises et compositions inédites. Paul Gilbert répond de manière concise à nos questions.

 

« Stone Pushing Uphill Man », ton nouvel album et celui de Mr. BIG sortent quasiment avec un mois d'intervalle. Où trouves-tu toute cette énergie créatrice ?
Être musicien, c'est mon job ! Je me pointe juste au travail, et essaie de faire quelque chose que j’aimerais écouter. Je dois dire que j’adore mon travail. Je passe beaucoup de temps à réfléchir à ce sujet et à bosser sur des projets. Je trouve aussi de l'inspiration en écoutant la musique des autres. Dernièrement, j'ai écouté beaucoup de jazz avec clarinette. Il y a des trucs énormes et quelques grandes compositions dans ce style musical !

Que représente « Stone Pushing Uphill Man » pour toi?
Bien que j'apprécie mon travail, cela demande beaucoup d'efforts. Et parfois, je ne suis pas toujours satisfait de ce que j'ai fait. Mais je continue, comme dans le mythe de Sisyphe, à pousser cette pierre, qui représente plein de choses pour moi, dont la musique, sur cette montagne. La plupart du temps, je suis heureux avec la musique. Je me fixe des objectifs, j’essaie de les remplir au mieux et cela me rend heureux !

J’ai lu que tu appréciais l’auteur français Albert Camus. En apprécies-tu d’autres ?

En fait, j’aime la phrase de Camus sur le mythe de Sisyphe : « Il faut imaginer Sisyphe heureux ». 

Comment est devenue ta vie depuis que tu es devenu père ?
Tu sais, je suis père depuis peu (ndlr : cela faisait une semaine que son bébé était né au moment de l'interview). Ça a été une semaine chargée, avec très peu de sommeil ! Ça ressemblait un peu à ce qui se passe quand tu tournes en Amérique du Sud avec le décalage horaire ! J’adore mon fils et je trépigne à l’idée de le voir grandir et devenir un homme.

« Ce que j’aime le plus est le groove qu’ils (Mike Portnoy et Kenny Aronoff ) ont apporté aux titres » - Paul Gilbert


Comment s’est déroulé ta collaboration avec les célèbres batteurs Mike Portnoy et Kenny Aronoff ? Qu’ont-ils apporté aux morceaux ?

Mike et Kenny sont tous les 2 fantastiques. Je pense que les principales différences entre ces 2 musiciens viennent des chansons sur lesquelles ils ont joué. Tous les grands musiciens font preuve de beaucoup d’écoute lorsqu'ils jouent. Ainsi, chaque batteur suit le groove de la chanson et la rend rock à sa façon. Les morceaux étaient initialement assez structurés, mais il y avait encore de la place pour improviser sur les plages de batterie. Mike et Kenny ont fait un énorme travail. Ce que j’aime le plus dans ce qu’ils ont fait, c'est le groove qu’ils ont apporté aux titres !

Sur cet album, tu as inclus de nouveaux éléments à ton jeu de guitare. Peux-tu nous en parler ?
C’est vraiment un nouveau truc pour moi. Cependant, d’autres musiciens l’ont fait avant moi de jouer des lignes mélodiques vocales à la guitare. Jeff Beck est connu pour ça ! Andy Timmons (ex-DANGER DANGER) a récemment repris en intégralité et en instrumental l’album « Sgt. Pepper » des BEATLES. Et puis, Peter Frampton a gagné un Grammy pour un album instrumental de covers. Depuis de nombreuses années, j'évitais de jouer des mélodies à la guitare. Cela a été une grande avancée dans mon développement artistique personnel de le faire. Honnêtement, j’aime vraiment le résultat.

Comment as-tu fait le choix des covers ?
J’ai essayé de choisir des mélodies qui avaient beaucoup de mouvement. « Goodbye Yellow Brick Road » (Elton John) a une structure musicale qui est super fun à jouer à la guitare. J’ai aussi choisi des trucs bluesy pour voir comment était l’approche mélodique blues des chanteurs dans ce style. Paul McCartney a crée de grandes lignes vocales sur « Why Don’t We Do It In The Road ». C’est vraiment différent de ce que les guitaristes jouent habituellement mais c’est devenu un truc que j’aime ajouter à mon style guitaristique.

Quelques mots sur tes nouvelles chansons ? 
Ces chansons sont les meilleures que je n’ai jamais écrites ! Ou au moins les plus nouvelles ! (rires). Ma préférée est « Shock Absorber » que j’ai déjà jouée live à plusieurs reprises. Elle a un style fusion qui est vraiment sympa à jouer. La dernière ligne de la chanson, je l’ai piquée à un joueur de clarinette qui faisait un solo jazz ! C’est cool. J’aime aussi la chanson titre de l’album (« Stone Pushing Uphill Man »). Je l’ai jouée live lors de mon passage au G4 en août dernier. La chanson a pris encore plus de caractère lorsque je l’ai interprétée en concert. « Purple Without All The Red » a les accords les plus aventureux que je n’ai jamais utilisés. Un vrai challenge pour moi depuis que je joue du metal et du rock où les accords sont plutôt simples !

(© Mascot Label Group / Music Theories Recordings - DR)

 

« Pour qu’une guitare sonne comme une ligne de chant, cela nécessite de mettre en place de nombreuses techniques subtiles » - Paul Gilbert


Quelles nouvelles techniques de guitare as tu utilisé sur ton album ?
Pour qu’une guitare sonne comme une ligne de chant, cela nécessite de mettre en place de nombreuses techniques subtiles. C'est vraiment très différent que de jouer des notes comme sur un clavecin, qui n’a ni vibrato, ni bending ou contrôle dynamique. La longueur de la note, les changements de volume, les transitions, les variations de jeu et l'attaque au médiator font toute la différence dans le son et les émotions exprimées. Tous les éléments que je viens d’évoquer sont la grosse différence entre ce que fait un guitariste amateur et un guitariste professionnel. Je me moque de savoir si un guitariste connaît plein de gammes et d’arpèges. J’ai juste envie d’écouter la beauté subtile de son jeu, ressentir qu’il est réellement à l’écoute du son qu’il produit et qu’il ne regarde pas seulement ses doigts bouger partout. J’ai toujours essayé d’intégrer ces éléments à mon propre jeu.

Quels sont les 3 meilleurs souvenirs de ta carrière ?
Le show sold-out avec RACER X au Troubadour à Hollywood – Jouer devant 100  000 personnes au Brésil et jouer de la batterie avec CHEAP TRICK !

Je te propose un jeu : un mot pour un groupe ou une chanson. Partant ?
Oui, avec plaisir !

  • THE WINERY DOGS : Richie

  • "Green Tinted Sixties Mind" : film

  • Bob Marley : Wailers

  • "Walk This Way" : Joe

  • "2 Minutes To Midnight" : Bruce
  • "Rock'n'Roll All Nite" : Gene
  • "Wild World" : Cat

  • FREE : Paul

  • METALLICA : James

Difficile d’en dire plus avec un seul mot. J’ai fait au plus simple !

Merci pour ce style cognitif précis ! Quels sont tes projets de tournée ?
Je serai en tournée avec Mr. BIG en octobre et en novembre prochain ! J’ai trop hâte de jouer du gros rock !

Un message pour les fans ?

Si vous jouez de la guitare, rendez-vous dans mon école de musique en ligne sur Artistworks.com. Si vous n’en jouez pas encore et que vous en avez envie, je peux vous apprendre plein de choses. J’ai des étudiants dans le monde entier et j’enseigne tous les jours. J’espère vous entendre jouer avec moi ! Merci !


L'album "Stone Pushing Uphill Man" de Paul Gilbert est sorti le 11 août chez Mascot Label Group / Music Theories Recordings.
 

Blogger : Laurent Karila
Au sujet de l'auteur
Laurent Karila
Psychiatre spécialisé dans les addictions, ayant lui-même une addiction positive au metal depuis 1984. Auteur d'ouvrages spécialisés en médecine des addictions et d'ouvrages grand public ("On ne pense qu'à ça", "Une histoire de poudre", "ACCRO!" aux éditions Flammarion). Auteur des textes des albums de SATAN JOKERS ("AddictionS", "Psychiatric" et "Sex Opera") et d'autres groupes... Organisateur de Metal Diner chez son ami Olivier Andreani ("Le Cosi", Paris 5). Une nouvelle passion liée à l'écriture : chroniquer des albums avec une touche psycho-metalrock - Enjoy it, Children of Metal. Interviewer des artistes est aussi un plaisir (le face à face est mon activité quotidienne).
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