Il faudrait qu’on arrête de nous prendre pour des billes avec ces prétendus All-Star Bands à la « biiiiiip » !
Regardez ce SIEGE OF POWER constitué de Chris Reifert (AUTOPSY, ABCESS) au chant, de Theo van Eekelen (HAIL OF BULLETS) à la basse, de Bob Magchus (SOULBURN) à la batterie et de Paul Baayens (ASPHYX) à la guitare.
A priori rien de suspect : il s’agit bien d’un véritable supergroupe !
Maintenant, plongeons en détail sur l’historique des gaziers : tout commence en 1984 lors de la création de THANATOS dont le guitariste Paul Baayens et le chanteur/guitariste Stephan Gebedi sont les membres fondateurs (encore actifs aujourd’hui en son sein). THANATOS recrute en 1999 un bassiste du nom de Theo van Eekelen (tiens, tiens…) dont ils se séparent deux ans plus tard. Mais c’est pour mieux le retrouver lorsque les 2 THANATOS créent ensemble le groupe HAIL OF BULLETS (2006) avec le vocaliste Martin Van Drunen, alors transfuge de PESTILENCE et d’ASPHYX… formation que, ô surprise, Paul avait créé avec Martin en 1987. En 2009, Theo part avec Martin former GRAND SUPREME BLOOD COURT où il rencontre le batteur Bob Bagchus (quelle coïncidence !!!) et le guitariste Eric Daniels, anciens musiciens d’ASPHYX eux-aussi. D’ailleurs quand Theo quitte à nouveau ce groupe, c’est pour être remplacé par Arwin Zuur actuellement dans... ASPHYX !
Vu qu’ils gravitent dans les mêmes sphères depuis plusieurs décennies, peut-on raisonnablement parler de "supergroupe" ? Il faudrait pour cela que les musiciens viennent d’horizons différents mais seul le vocaliste Chris Reifert, qui a pendant un temps officié dans DEATH en tant que batteur (cherchez l’erreur...), ressemble à une pièce rapportée dans ce jeu un peu moisi des 7 familles.
Bref !
Musicalement on retrouve dans SIEGE OF POWER l’espace de 20 titres dont 2 bonus dans la version Digipack, quelques passages lourdingues chers à ASPHYX (le très bon "Escalation 'Til Extermination"), prompts à traverser le plancher, mélangés à du gros bourrin ("Born Into Hate", "Mushroom Cloud Altar"), qui défonce tout de la cave au grenier. De quoi casser la baraque ! Sauf que...
Sauf que « Warning Blast » est vendu par le label comme du death metal, mais si on considère le format très court des titres, les parties de batterie dans leur ensemble, la majorité des riffs en accords de puissance, l’absence d’une seconde guitare et du moindre solo (excepté sur "Bulldozing Skulls", "The Cold Room" et les 2 bonus), on pencherait pour du hardcore ("Uglification") avec un chant guttural dessus la plupart du temps.
Ce n’est pas mauvais en soi, bien au contraire, sauf qu’il y a erreur sur la marchandise dès le début.
Quant à parler de supergroupe, mon « biiiiiiiiiiip » !