Premier album des Grenoblois AZIMUT, « Dans les Méandres » est une parfaite entrée en matière dans le monde du post-metal atmosphérique. Les six membres de cette nouvelle formation revendiquent une musique forte en émotions, et les neuf titres proposés pourraient être perçus, non pas comme une errance dans la vie, mais comme une prise en main ferme de tous les sentiments forts auxquels nous sommes confrontés, jour après jour.
Au gré de rythmes lourds, de guitares saturées et de chants habités, AZIMUT nous emporte avec des atmosphères écrasantes, parfois dérangeantes mais toujours pleines de réalisme. Si l’ensemble est véritablement post-rock, le groupe met aussi en avant de belles influences aussi bien electro que black ou death. L’imagerie est pleine de sens, lugubre, avec un constat amer sur notre humanité, de plus en français, ce qui rend les choses encore plus palpables, pour nous, francophones.
Si certains morceaux font la part belle à des mélodies envoûtantes comme le merveilleux et ultra mélancolique "Persona Non Grata" ou le presque post-black "Catharsis", d’autres titres misent tout sur l’atmosphère (le plus death "Euphémismes" par exemple ou encore "Echo Limpide") et nous font véritablement voyager au confins d’un monde infertile, hostile mais trop familier. Et puis il y a le violent "Thanatophilie" avec ses vocaux agressifs et ses guitares tranchantes ou l’hyper electro "Douce Frénésie" et ses synthés psychés d’une autre galaxie.
En bref, de l’imposant "Desseins Illusoires" et ses riffs à la fois puissants et barrés aux dernières "Palabres Enflammées" qui nous font particulièrement vibrer grâce à des mélodies sublimes, des breaks éthérés et des envolées atmosphériques saisissantes, « Dans les Méandres », nous saisit et ne nous lâche pas, d’un bout à l’autre.
AZIMUT est encore tout nouveau dans la scène post-metal atmosphérique mais il sait en appliquer les codes avec habileté tout en y intégrant une qualité émotionnelle des plus intelligentes. Ce premier album ouvre la portes à des horizons bien plus lumineux que le monde décrit par « Dans les Méandres » et on en redemande.