4 novembre 2023, 23:59

GREEN DAY

@ Paris (Le Bataclan)

Quand un groupe de l’envergure de GREEN DAY annonce un concert surprise au Bataclan, c’est le tout Paris qui se met en ébullition. Que dire c’est l’Europe qui se retient et se met en émoi. En effet ce samedi 4 novembre ce n’est pas moins de 1300 fans qui ont la chance de voir leur groupe préféré dans un cadre pour le moins unique. Même s'il nous avait déjà fait le coup par le passé, cela remonte a bien longtemps (2009 au Trabendo) et nous sommes maintenant sur un format stade ou Arena. La raison de ce concert surprise ? La sortie prochaine du quatorzième album du groupe, « Saviors », dont les premiers extraits très prometteurs laissent augurer du très sautillant en live.

Les fans ont donc répondu présent en masse, les billets (malgré un prix ''surprise'' lui aussi, très élevé de 99€) se sont vendus en quelques minutes ce qui laissait penser que l’ambiance allait être électrique. D’ailleurs la pluie n’arrivera pas a découragé les plus vaillants qui se pressent tôt le matin afin d’avoir accès à cette précieuse barrière face à leurs idoles. Les portes n’ouvrant qu’à 19h et le concert étant prévu pour 20h30, nous vous laissons juge de la ferveur que déclenche encore GREEN DAY plus de 35 ans après sa création.

Nous pénétrons donc dans ce Bataclan chauffé à blanc. Le premier constat est cette scène d’une sobriété bien rock'n'roll. Pas de backdrop ni écran, juste des amplis, un clavier et une batterie. La prestation va être uniquement basée sur l’énergie du groupe qui, lorsqu’il arrive, déclenche une vraie hystérie collective. Il faut dire qu’entamer un set avec ''American Idiot'' est toujours gageure de réussite. Le public ne s’y trompe pas et chante chaque parole à l’unisson. Le sol en tremble même tant le pit est agité. L’enchaînement parfait avec ''Holidays'' continue de faire monter l’ambiance et c’est maintenant à gorge déployée que les fans chantent ce titre incontournable de la culture rock du 21e siècle.

Première nouveauté de la soirée « Look Ma, No Brains! », single que nous avons découvert récemment. Il sera joué ce soir pour la 3e et la 4e fois en live. Car oui, pour bien marquer les esprits il sera interprété deux fois de suite dans une stupeur bienveillante qui donne le sourire à la salle. Cafouillage ou réelle volonté nous ne saurons peut-être jamais mais en tout cas, il passe brillamment l’épreuve de la scène. Les Californiens poursuivront d’ailleurs avec deux autres extraits du prochain et nouvel album. ''1981'' qui est ici joué pour la seconde fois et dont le refrain ultra catchy fonctionne à merveille puis, le premier single extrait de « Saviors », ''The American Dream Is Killing Me''. Pas de doute la prochaine réalisation de GREEN DAY sera gavée d’hymne punk-rock comme sait si bien le faire groupe.

Mais il est temps maintenant de revenir à 1994 avec ''Burnout'' et ''Longview'' tout deux issus du classique « Dookie » tout comme ''Welcome To Paradise'' qui faisait le lien entre « Kerplunk » et l’album précité. Nous voici donc repartis dans une vraie fournaise, même statique, la température est telle dans la salle que la sueur perle sur chacune des personnes présentes. Nous avançons un peu dans le temps avec ''Geek Stink Breath'', titre assez peu joué ces dernières années tout comme ''Stuart And The Ave.'' qui pour le coup ne dépasse pas les 15 fois en live depuis sa sortie en 1995. Nous sommes réellement en train de vivre un grand concert que tout fan apprécie à sa juste valeur. Car outre le coté intimiste de la salle, GREEN DAY propose une set-list de raretés que les plus jeunes vont découvrir pour la première fois en concert. ''Christie Road'' en fait également partie, il a dû être joué moins de 30 fois sur les 25 dernières années.

Retour aux années 2000 avec deux nouveaux extraits de « American Idiot » : ''Letterbomb'', mais surtout l’autre méga-tube de ce disque ''Boulevard Of Broken Dreams''. Le frisson est garanti, toute la salle est debout, les bras en l’air en chantant cet hymne à jamais intemporel. La simplicité de ''Brain Stew'' s’enchaîne parfaitement et les fans dans le public sont toujours autant présents sur chaque parole. Il n’y aura que peu de répit et chaque intervention du chanteur et guitariste Billie Joe Armstrong donne lieu à une ferveur indescriptible. Nous revenons encore une fois sur « American Idiot » avec ''St. Jimmy '', l’album sera d’ailleurs le plus représenté ce soir avec pas moins de 6 chansons, mais est-ce réellement une surprise ? Afin d’équilibrer les débats, deux autres titres plutôt rares font leurs apparitions avec ''Warning'' et dans une moindre mesure l’éponyme ''Revolution Radio''. La salle se ré-enflamme à nouveau lorsque le bassiste Mike Dirnt lance ''She'', les bras se lèvent et c’est en chœur que s’élèvent les voix des fans.


On ne le répétera jamais assez mais le groupe a fait preuve d’une telle générosité, certes en faisant l’impasse sur certains indétrônables mais nous proposant des titres peu joués pour ravir les fans les plus hardcore du groupe. Il est temps à présent de revenir dans le dur. Après un ''Oh Love'' des plus appréciés, c’est au tour de ''Basket Case'' de débouler et de faire se soulever la foule. Ça chante, ça danse, la joie se lit sur chacun des visages de l'assistance. Il faudra d’ailleurs un peu de temps pour que le public reprenne ses esprits et arrive le moment de convivialité ultime. Alors que Billie Joe Amstrong revient seul avec une guitare acoustique, un fan brandit une pancarte sur laquelle il a écrit qu’il voulait jouer ''Good Riddance'' à la guitare. Il n’en fallait pas moins pour attirer l’attention du frontman de GREEN DAY qui n’hésite pas à faire monter le fan téméraire sur scène et lui passer son instrument. S’en suit un moment riche en émotion avec un Bataclan qui chante cette magnifique ballade...

Le temps passe très vite et nous arrivons déjà à la fin de ce concert magistral. Mais pour être certain d’avoir marqué les esprits avec ses nouveaux titres, ''The American Dream Is Killing Me'' est joué une seconde fois, mettant un point final a cette soirée anthologique.
Il n’y a eu aucunes fausses notes dans cette soirée. Le son était parfait, le groupe s’est amusé comme des adolescents, la set-list a été parfaitement équilibrée (même si GREEN DAY aurait pu facilement jouer une heure de plus avec la même qualité) et au final la fête a battu son plein. Un grand moment qui semble faire des petits car Milan et Londres vont elles aussi avoir leur show privé les jours suivants...
 

Blogger : Julien Meurot
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