2 décembre 2025, 23:59

BAD OMENS + BILMURI + THE GHOST INSIDE

@ Paris (Zénith)


C’est l’un des concerts les plus attendus de cette année 2025 : BAD OMENS revient en France dans un Zénith de Paris plein à craquer ! Devenu viral avec son dernier album « The Death Of Peace Of Mind », le groupe de Richmond, et tout particulièrement son chanteur Noah Sebastian, a attiré une foule très jeune et visiblement impatiente de découvrir en live son groupe favori, qui propose désormais un show réputé hors du commun. Le line-up de la soirée n’est pas moins exceptionnel : le fleuron du hardcore THE GHOST INSIDE et le trublion indescriptible Bilmuri sont également de la partie et promettent une soirée inoubliable.


Les guichets du Zénith à peine franchis, on se précipite à l’intérieur de la salle pour le set de THE GHOST INSIDE. Le groupe de hardcore, fort de son plutôt mélodique « Searching For Solace », a bien choisi sa tournée pour ouvrir pour BAD OMENS. En effet, les refrains imparables de ses deux derniers albums sont taillés pour les stades et le groupe est désormais en pleine forme, comme il l’a démontré en octobre 2024 au Bataclan. Jonathan Vigil harangue la foule sur le hit "Avalanche" qui ouvre les hostilités. La machine est lancée. Andrew Tkaczyk attaque sa batterie comme un possédé et les guitaristes Zach Johnson et Chris Davis, épaulés par Jim Riley à la basse, arpentent la scène du Zénith, visiblement ravis de l’espace offert par la salle mythique.

Mais alors que les hits "Wash It Away" et "Light Years" sont irréprochables et nous satisfont pleinement, on remarque que le public est tout à fait immobile à l’exception d’un petit pogo d’une dizaine de personnes ! Avant d’entamer "Aftermath", Jonathan Vigil évoque l’accident que le groupe a subi il y a maintenant dix ans et demande à la foule d’acclamer le batteur, qui a perdu une jambe dans l’accident. Ouf ! Le public se déride un peu sur ce titre et c’est sous les acclamations sages mais enthousiastes que le groupe termine son set sur "Death Grip", non sans quelques extraits supplémentaires de « Searching For Solace » et sans oublier le classique "Engine 45". Après ce set impeccable mais sans réponse du public, on se dit que THE GHOST INSIDE est sans aucun doute l’un des noms majeurs du style en 2025, mais on espère que son prochain passage dans la capitale se fera devant un public plus adapté à son hardcore mélodique !


L’un des gros points d’interrogation de la soirée prend ensuite son tour de scène. Bilmuri, c’est le projet solo et l'alias de Johnny Frank, ancien chanteur et guitariste rythmique du groupe (plus ou moins) culte ATTACK ATTACK! qui a décidé de s’affranchir de toutes les barrières du metalcore et de mélanger country, metal, jazz et pop depuis 2016. En résulte une flopée d’albums absolument introuvables en France et un succès retentissant sur les réseaux sociaux et, si on admire la créativité de son fondateur, on se demande comment va se traduire en live cet univers aussi indescriptible que complexe.

Pour son premier concert parisien, Bilmuri est donc accompagné d’un groupe comportant un batteur, un bassiste et un guitariste, mais aussi un joueur de lapsteel et Gabi Rose, une saxophoniste-chanteuse, aussi flamboyante qu’inattendue ! Le set débute par deux extraits de l’album « American Motor Sports » (dont tous les clips représentent Johnny Frank en train d’entretenir son jardin) mettant les choses au clair : c’est pop, c’est original, et c’est insupportable pour une partie minoritaire du public ! Mais de mon côté, j’adore. C’est donc avec un grand sourire que je découvre les compositions de Bilmuri, moins simples qu’elles n’en ont l’air, et ses titres aussi potaches que décorrélés des paroles comme "Absolutelycrankinmyf'inhog" que les anglophones apprécieront.

Bilmuri invite régulièrement le public à "crank the hog" (je vous laisse rechercher la traduction), et parle de ses chansons qui évoquent la fameuse petite graine ("Boutta Cashew"). Un florilège de chansons qui font exploser de rire à chaque interlude, mais aussi de solos de saxophone et de parties de chant impressionnantes venant de Gabi Rose, membre du groupe depuis 2022, qui illumine véritablement le Zénith par sa présence sur scène. On a même droit à un featuring d’une seule syllabe de Noah Sebastian sur "More Than Hate" qui nous fait un joli doigt d’honneur juste après ! Quelques fous rires plus tard, Bilmuri quitte la scène et il est clair devant la réaction du public (qui est passé de glacial à tiède) que le premier passage du projet à Paris est un franc succès. Affaire à suivre !

  
© Bryan Kirks | BAD OMENS


Il est temps pour BAD OMENS de prendre la scène. C’est avec un show d’écrans grandiose que Noah Sebastian et sa bande (dont les membres sont très en retrait derrière leur frontman) prennent le contrôle de la mythique salle de la Villette. Le set, entrecoupé de bandes aussi mystérieuses qu’incompréhensibles (le mixage du son ne permet pas de bien distinguer ce qui y est dit) est divisé en 5 actes et représente très largement « The Death Of Peace Of Mind » et « Concrete Jungle [The OST] », les deux derniers albums du groupe, en plus de présenter pour la première fois en France les quatre nouveaux singles. Comme envoûté, le public rugit d’une seule voix et on observe les premiers pogos qui explosent loin derrière les barrières (on suppose que les vingt premiers rangs sont composés de fans hardcore ne voulant pas perdre leur place).

Le concert s’ouvre sur le sensuel "Specter" avant d’enchaîner avec une vraie mise en jambe sur le seul extrait du premier album : le puissant "Glass Houses" qui met tout le monde d’accord. Les visuels sont aussi travaillés et impeccables que le son, au point où on se surprend à entrer dans le monde de BAD OMENS sur "The Drain", titre sur lequel Noah Sebastian assure les parties de chant de Jake Duszik (HEALTH) qui assurait le featuring sur ce dérivé de "The Death Of Peace Of Mind" qui suit d’ailleurs tout naturellement, pour le plus grand bonheur des fans.


Le deuxième acte monte un peu en puissance, notamment avec "Concrete Jungle" et "Nowhere To Go", mais c’est au troisième acte qu’on entre vraiment dans le dur avec le surpuissant "Artificial Suicide" qui voit Noah Sebastien hurler à pleins poumons avec une maîtrise surnaturelle, presque trop belle pour être vraie. Il assure ensuite les lignes de chant de Poppy sur "V.A.N." dont les visuels sont selon moi les plus réussis du show, montrant une sorte de générateur gigantesque et des câbles qui semblent presque réels derrière le groupe. Chapeau aux concepteurs de ce show visuel ! Le nouveau single "Left For Good" et son breakdown imparable prennent la suite et on se surprend à se dire qu’effectivement, BAD OMENS a sa place en haut de l’affiche, malgré la fulgurance de son ascension grâce aux réseaux sociaux. Jonathan Vigil de THE GHOST INSIDE et Gabi Rose ont aussi droit à leurs moments de gloire, respectivement sur "Anything > Human" et "Impose", avant que le sprint final du set de BAD OMENS se termine sur une version exceptionnelle de "Dethrone", aussi puissante que propre, à l’image du reste du set.


À grands renforts de lance-flammes et d’écrans, le concert de BAD OMENS s’est donc hissé parmi les meilleures prestations scéniques que nous avons vues cette année, mais l’élément le plus important que l’on retient de ce set est la maîtrise absolument incroyable (je le répète, presque trop belle pour être vraie) de chaque musicien pendant près de 1h30 sans la moindre erreur ou le moindre larsen qui dépasse. À l’image de leurs tenues de scène, impeccables et bien rangées, BAD OMENS est l’image parfaite du metalcore qui fonctionne aujourd’hui : aussi chaleureux musicalement que froid dans sa précision. Le concert est néanmoins très impressionnant et on se surprend à chantonner la plupart des hits. On a hâte de voir ce que donnera le groupe américain devant le public du Hellfest !
 

Blogger : Valentin Pochart
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