22 mai 2026, 18:12

TRAINFANTOME

"Constant Farewells"

Album : Constant Farewells

Projet principalement porté par Olivier Le Tohic, TRAINFANTOME vient tout droit de Lorient et a de quoi surprendre : entre flegme grunge, douceur de l’indie et intensité du shoegaze, sa musique berce les oreilles pour mieux les dépoussiérer. L’album « Constant Farewells » est sorti le 22 mai et ses onze titres plairont sans doute aux âmes mélancoliques aussi bien qu’aux esprits peuplé de pensées nébuleuses.

Quand on observe l’artwork réalisé par Marina Antonova, notre regard est d’abord happé par le brouillard nuageux qui surplombe la scène. C’est ainsi que commence "Avoider" : par un brouillard sonore d’où émergent la guitare et la voix qui nous guident tout au long de l’album. Avant d’avoir peur de sombrer dans la monotonie, les notes de "Desire Path" tirent davantage l’atmosphère du côté de l’indie rock. Troisième surprise de l’album, et pas des moindres : le très beau "Here The Mermaids Play" sur lequel intervient Kellii Scott, batteur du groupe de rock FAILURE, titre dont les paroles sont dédiées aux personnes jugées anormales comme des sirènes qui ne trouvent pas leur place au milieu des humains.

L’album regorge de surprises en tout genre. Mais alors qu’on croit que TRAINFANTOME ne sait faire que des chansons incroyables, c’est l’interlude instrumental "(Purgatory)" qui nous cueille avec une douce mélodie de guitare. Alors qu’il dure moins de quarante secondes, sa place dans l’album montre parfaitement que le groupe maîtrise aussi bien la douceur que la puissance. L’enchaînement avec "Rituals" a de quoi désarmer les esprits les plus aguerris, tout comme "Red Herring" dont le piano nous laisse espérer un calme nouveau alors que les beats qui lui succèdent deviennent plus lourds que des nuages chargés de pluie. C’est aussi l’une des forces de cet album : frapper là où on ne l’attend pas, toujours avec force et maîtrise.

Parmi les atouts indéniables de « Constant Farewells », on trouve aussi les nombreuses collaborations qui l’enrichissent : la voix de Terreur donne au chant de "Rituals" un aspect presque fantomatique tandis que celle de Clarence donne au titre final "My Lips Taste Like The Ocean" un goût de tristesse doucement salée, partagée à deux. Un final tout en beauté et en ornements collaboratifs puisque s’y ajoutent notamment des extraits sonores et des instruments qui lui donnent un aspect délicatement passé sans être rétro. Chaque titre est l’occasion pour TRAINFANTOME de montrer que le style est maîtrisé et que l’équilibre est trouvé entre les attentes propres au style choisi et les surprises dont on a besoin pour ne pas évoluer trop longtemps en terrain connu.

Le nom de TRAINFANTOME ne ment pas : l’album « Constant Farewells » est rempli de mélancolie et d’une douceur grise qu’on pensait ne pouvoir toucher du doigt qu’en se blottissant dans un nuage au-dessus d’une mer calme. Un album qui, au milieu de sonorités bien connues, n’hésite pas à faire quelques sorties de route rafraîchissantes, surprenantes et bienvenues.

Blogger : Ivane Payen
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