Après avoir publié la bagatelle de 5 albums (dont un live et deux totalement instrumentaux), et 4 EP en à peine 10 ans, CROWN LANDS mérite qu’on s’intéresse à son cas. D’autant que son nouvel album, « Apocalypse », sort chez InsideOut, label réputé ne travailler qu’avec des artistes exigeants.
Un mot d’abord sur ce groupe canadien, un duo comportant Cody Bowles à la batterie, au chant, à la flûte et aux percussions, et Kevin Comeau à la guitare, la basse et les claviers. Et c’est tout, du moins sur disque, les deux s’entourant de quelques accompagnateurs en concert.
« Apocalypse » constitue en fait un concept album, suite d’un « Fearless » de 2023 développant une saga de science-fiction futuriste, après que la formation ait par le passé abordé plusieurs fois une thématique plus tragique, celle des Amérindiens du Canada et leur colonisation.
Nous n’avons jamais écouté « Fearless », mais cela ne s’avère pas vraiment indispensable pour apprécier la musique de « Apocalypse », qu’on peut décrire comme au croisement de RUSH et LED ZEPPELIN, rien que ça !
Après une introduction pleine de voix éthérées, « Proclamation », « Foot Soldiers Of The Syndicate » met tout de suite dans le mille. Vous êtes nostalgiques des premiers RUSH, lorsque Geddy Lee chantait encore très haut et que les synthés n’avaient pas pris le pouvoir dans le groupe ? Vous allez adorer !
« Through The Looking Glass », au début acoustique, fait cette fois penser à LED ZEPPELIN ou, pour citer une référence plus moderne, GRETA VAN FLEET (CROWN LANDS a déjà ouvert pour eux, comme pour KISS d’ailleurs, impressionnant Gene Simmons qui, musicalement, a souvent bon goût).
« Blackstar » ajoute une touche plus moderne à l’album, évoquant ici l’esprit d’un COHEED AND CAMBRIA. « The Fall » tourne autour d’une rythmique à la « Eye Of The Tiger » (SURVIVOR)/ »Heart Of Glass » (BLONDIE), tandis que « The Revenants » constitue une ballade très bien dans l’absolu, mais qui calque quand même GRETA VAN FLEET de très près.
Le dernier morceau, « Apocalypse », se veut le tour de force du disque, avec ses 19 minutes au compteur. Le RUSH de « 2112 » ou « Caress Of Steel » venant à l’esprit pour ce titre complexe que le duo a osé choisir comme premier single ! Là aussi, chapeau bas à l’ambition des Canadiens, qui multiplient les idées et les atmosphères durant le morceau, délivrant une prestation plaisante et animée, sans pour autant atteindre le niveau atmosphérique de « 2112 » (la chanson), mais la barre était haute, quand même…
Coproduit par le groupe, David Bottrill (TOOL, KING CRIMSON, Peter Gabriel) et Nick Raskulinecz (FOO FIGHTERS, ALICE IN CHAINS ou… RUSH), « Apocalypse », l’album reste, malgré ses imperfections et son ambition peut-être un peu démesurée, une des révélations de ce début d’année. Pour notre part, nous allons illico nous mettre à l’écoute intégrale de la discographie de ce nouvel espoir de la scène classic/prog rock.