Les inébranlables Norvégiens MORK reviennent avec un nouvel et huitième album : « Monolitt ». Plus solide que jamais, les racines enfouies au plus profond d’une terre ancestrale, le groupe est devenu un bloc de granit, pesant lourd dans le paysage true-black. Et les neuf titres présentés ici montrent clairement que le temps n’a pas de prise sur la créativité du leader Thomas Eriksen. Sombres, épiques, atmosphériques parfois mais toujours percutants, ils nous projettent dans un monde dur, sans artifice, nous mettant face à nous-mêmes, nous enjoignant à rester debout, quoi qu’il arrive.
C’est l’intransigeant "Under Vekten Av Verden" qui plante le décor avec des riffs pesants, des rythmes blastés, des passages mid-tempos et surtout un réel ancrage dans un monde sombre, presque étouffant. Cette sensation de suffocation se poursuit avec le dissonant "Ødelagt", cru, froid et torturé avec son true black vif et angoissant.
C’est alors que le ciel se déchire pour laisser place à "Torden", électrique et mystique mais aussi mélodique et atmosphérique à souhait. Si MORK est intemporel et bercé de l’old-school norvégien, il est également largement tourné vers une évolution du son qui le définit, et "Torden" fait partie de ces titres marquant ce huitième album en ce sens. A l’instar du monstrueux "Skrømt", aux vocaux habités et aux atmosphères lugubres et fantomatique qui se montre diabolique.
L’épique et puissant "Ferdamann" prend la suite avant l’intro tout en progressivité et monumentale du morceau le plus long de l’album : "Inn i en annen sfaere". Redoutable avec son riff répétitif et la richesse de sa structure, il nous fait voyager dans un ailleurs intemporel, presque mystique et cathartique avec ses chœurs en chant clair.
Le pesant "Martyr" et sa batterie martelée fait preuve d’une grande agressivité avec des guitares acérées et des hurlements soutenus. Avec "Jutul", c’est un black metal déstructuré et varié qui opère avec de nombreux changements de rythmes, des voix claires et hurlées, des guitares mélodiques puis dissonantes, sans jamais perdre en efficacité.
Enfin l’angoissant "Utryddelse" et son intro récitée suivi de cris surhumains nous ramène à l’essentiel : un son brut, sans défaillance mais dont les nuances sont marquées.
MORK est une force de la nature et avec « Monolitt », il montre une fois de plus qu’en plus de sa solidité, il est capable d’avancer. Entre authenticité d’un black metal fidèle à la tradition norvégienne et évolution moderne, le groupe réaffirme son statut d’incontournable. On n’est jamais déçu.