Vingt-quatrième album studio depuis 1968, « SPLAT! » débarque en cet été caniculaire précédé d’un bouche-à-oreille prometteur : selon le chanteur Ian Gillan, relayé par la campagne promotionnelle, ce serait « le plus heavy » depuis des années.
Tout le monde semble avoir pris la remarque du vocaliste, connu pour son humour particulier, au premier degré, donc calmons d’emblée les fans. Non, « SPLAT! » ne rivalise pas avec « In Rock », « Machine Head », « Burn », voir « Perfect Strangers » ou même « The Battle Rages On… » en termes de puissance. Loin de là. Et ce n’est pas à l’intérieur qu’on trouvera de nouveaux hymnes du niveau de « Speed King », « Smoke On The Water » ou « Space Truckin’ ».
Ce qui ne veut pas dire que « SPLAT! » s’avère raté, loin de là. C’est même une plutôt belle livraison, si l’on considère que deux des membres du PURPLE (Ian Gillan et Roger Glover) ont passé le cap des 80 ans, et que deux autres (Ian Paice et Don Airey, 78 printemps chacun) s’en approchent. Nous souhaitons pouvoir faire preuve d’une telle énergie lorsque nous atteindrons la même ancienneté…
On a beaucoup dit que l’arrivée du guitariste Simon McBride (à peine 47 ans) en 2022 avait quelque peu secoué le groupe, dans le bon sens, insufflant un peu de jeunesse et d’électricité dans la machinerie. Cela apparaissait déjà dans « =1 », en 2024, et cela se confirme encore davantage dans « SPLAT! ».
Par exemple, avec ce titre d’ouverture, la cavalcade « Arrogant Boy ». Démarrer un disque avec un rocker véloce constitue un gimmick fondamental des groupes de hard rock. Mais DEEP PURPLE s’en est souvent abstenu ces dernières années. Pourtant, ça change tout. On trouve également davantage d’agressivité dans des morceaux comme « The Lunatic » (une référence à Ritchie Blackmore ?), à la rythmique qui secoue, ou « Scriblin’ Gib’rish », carrément pesant.
DEEP PURPLE semble aussi vouloir encore tenter des choses nouvelles. « Sacred Land » témoigne d’influences celtiques jamais entendues dans la formation auparavant. Tandis que « The Only Horse In Town », notre pièce préférée du disque, revient à un classic rock 70s très BAD COMPANY et très mélodique.
Enfin, et c’est peut-être un détail pour vous, mais nous apprécions que le groupe ait soigné pour une fois son packaging. Oubliées les pochettes moches à la « =1 », voire pire, « Bananas », le combo a cette fois fait appel à une boîte italienne de design, Jekyll & Hyde, pour un résultat marquant et qui donne envie.
Tout n’est évidemment pas parfait tout au long de ces 51 minutes découpées en 13 chansons. PURPLE aurait facilement pu en enlever une ou deux, voire deux ou trois (« The Rider », Third Call », ou le bluesy « The Beating Of Wings »), nous n’y aurions vu que du feu. Et, avec tout le respect que nous devons à Don Airey, nous trouvons que ses claviers deviennent parfois envahissants dans le mix, au détriment de la guitare de McBride. Et sur scène, cela s’entend encore davantage, comme lors du dernier Hellfest…
Trois morceaux de « SPLAT! » ont déjà été proposé sur scène : « Arrogant Boy », « Diablo » et « Guinnesis », un instrumental qu’on ne trouve que sur les éditions deluxe de « SPLAT! ». Mais il n’est pas dit que d’autres extraits du disque ne trouveront pas leur chemin dans la setlist au cours des semaines à venir. Vérification à accomplir lors de la prochaine tournée française du groupe, en octobre et novembre prochains, avec JAYLER en première partie.