8 juillet 2026, 23:59

DEF LEPPARD + EXTREME

@ Paris (Accor Arena)


30 ans... C’est le temps qu’il aura fallu attendre pour enfin revoir DEF LEPPARD jouer un concert en salle en France ! Les Anglais bénéficiant effectivement d’une notoriété un peu moins importante en France qu’au Royaume-Uni ou qu’aux Etats-Unis, ils ont préféré privilégier ces pays, plutôt qu’un marché moins accueillant, sans pour autant vraiment l’oublier. En effet, DEF LEPPARD se sont produits ces dernières années plusieurs fois au Hellfest devant des foules monumentales, convertissant au passage des hordes de fans supplémentaires. C’est donc un public plutôt fourni qui se masse dans les rangs de l’Accor Arena ce mercredi 8 juillet 2026, et un public dévoué si on en croit le nombre de tee-shirts arborant fièrement le logo DEF LEPPARD et le nombre de sourires sur les visages ! Les originaires de Sheffield n’ont cependant pas débarqué seuls, et c’est EXTREME qui assure la tâche d’ouvrir la soirée, pour une soirée qui s’annonce déjà culte pour les fans de hard rock !
 

Fort de son nouvel album « Six », sorti il y a maintenant trois ans, EXTREME bénéficie d’un regain de popularité certain dans nos contrées, renforcé par la présence de l'impeccable guitariste Nuno Bettencourt tout au long de "Back To The Beginning", l’ultime soirée de concerts de BLACK SABBATH et d’Ozzy Osbourne. On aperçoit effectivement un nombre appréciable de fans arborant le noir et le violet dans les rangs de l’Accor Arena, mais c’est avec un hit bien à lui que ce concert qu’EXTREME lance les hostilités : "Decadence Dance" ! Le public headbang gentiment alors que le son commence à trouver le bon réglage au cours de la chanson, puis on enchaîne sur "#Rebel", qui fait apparaître l’immense gorille de « Six » sur l’écran géant en fond de scène, nous fixant avec un regard menaçant.


Sur scène, rien d'étonnant : ça joue ! Nuno Bettencourt enchaîne les riffs staccato avec une facilité déconcertante, tandis que Gary Cherone court partout sur scène avec l’énergie d’un gars vingt ans plus jeune. La basse et le chant de Pat Badger fournissent une base solide et remarquée, tandis que Kevin Figueiredo donne tout à la batterie, laissant libre cours à la folie de ses camarades. Ce n’est cependant qu’avec "Rest In Peace", seul extrait de « III Sides To Every Story » de la soirée, que le public se réveille vraiment et rentre dans l’ambiance imposée par les Américains. Ceux-ci introduisent "Play With Me" par une reprise de "We Will Rock You" de QUEEN, avant que Nuno Bettencourt ne prenne le micro pour blaguer sur « le seul changement de costume pour lequel on avait le budget » : l’ajout d’un chapeau ! Le guitar-hero ne sera pas à cours de blagues au long de la soirée, introduisant "More Than Words" par les arpèges de l’introduction de "Stairway To Heaven" de LED ZEPPELIN, et plaisantant sur son propre âge (bientôt 60 ans) au moment de l'incontournable passage acoustique.


Bien qu’il s’agisse d’une "simple" première partie, tout le monde tombe d’accord quand vient le moment de s’époumonner sur "Get The Funk Out", et sur la fin du concert, qui consiste cette fois en un hommage clair et assumé à Ozzy Osbourne, sur un medley de "I Don’t Know", "Bark At The Moon" et "Crazy Train", clin d’œil évident à "Back To The Beginning". En dépit de quelques pains sur ce medley final, EXTREME aura tout de même offert une première partie de luxe au public parisien, qui le réalise pleinement si on en croit la véritable ovation qui fait trembler les gradins. Bref, on aura toujours plaisir à le revoir pour un set complet comme ce fut le cas à Pleyel il y a deux ans et demi.


La lumière s’éteint, la foule rugit, et soudain, DEF LEPPARD surgit ! Regroupés autour de Rick Allen dans un triangle de lumière évoquant « Hysteria », Joe Elliott, Rick Savage, Phil Collen et Vivian Campbell entament leur nouvelle chanson fort à propos, "Rejoice". Car c’est une véritable réjouissance qui les attend de la part du public parisien, qui les aura espérés pendant 30 ans (et même 38, si on parle dans cette salle) !
Un public qui ne sera pas déçu : les classiques s’enchaînent - mais est-ce une surprise ? - pendant près de deux heures, à commencer par "Animal" et "Let’s Get Rocked", qui lancent le bal des hits absolus qui rythment la soirée ! Les écrans affichent tour à tour des léopards (forcément un peu durs d’oreille), une scène neo-futuriste ou tout simplement le groupe en train de jouer devant nos yeux, pour le confort de ceux assis un peu plus loin. Après une reprise très 90s de "Personal Jesus" de DEPECHE MODE, sur laquelle Joe Elliott évoque Trent Reznor vocalement, celui-ci salue le public parisien. Il annonce ensuite que comme à un mariage, ils auront joué quelque chose de nouveau ("Rejoice"), quelque chose d’emprunté (la reprise qui vient d’être interprétée), et que désormais, l'instant est à "quelque chose de vieux", et les amateurs apprécieront : "Bringin’ On The Heartbreak" vient donc nous rappeler que les Britanniques sont des maîtres de la ballade et du slow, et on distingue ici et là quelques couples qui semblent profiter de la chanson à 100%. L’ambiance est déjà aussi variée qu'installée avec des tableaux réussis sur les écrans, et des lumières tellement travaillées qu’on se croirait clairement face aux moyens déployés lors des résidences à Las Vegas. DEF LEPPARD a vraiment mis les bouchées doubles pour faire de cette tournée un véritable événement ! Joe Elliott s’offre d’ailleurs quelques bains de foule, notamment sur la reprise de "Rock On" de David Essex, pendant laquelle il apparaît au milieu des gradins, ou pendant le sous-estimé "Slang", où il laisse Nuno Bettencourt rejoindre les musiciens du groupe sur la scène pour mieux faire le tour de la fosse et rencontrer les fans de DEF LEPPARD en ébullition !


Vous l’aurez compris, les hits sont tous joués, même ceux d’un album plutôt boudé comme « Slang », mais c’est le classique « Hysteria » qui s'octroie une nouvelle fois la part du lion, avec pas moins de 6 chansons interprétées. "Armageddon It", "Love Bites", "Hysteria"... Toutes sont exécutées avec une énergie folle, et Rick Savage caracole avec sa basse et son micro casque, fier de chaque chanson du répertoire de DEF LEPPARD. Phil Collen et Vivian Campbell sont plus discrets, mais absolument irréprochables à la guitare, pendant qu’on observe le jeu de batterie unique au monde de Rick Allen. Pour les retardataires, exilés sur une île déserte depuis plus de 40 ans ou ceux qui n'ont jamais vu le groupe sur scène, sachez que son kit de batterie adapté à son handicap est fascinant : il utilise son unique bras pour frapper les cymbales, tandis que son pied gauche active la caisse claire et les samples avec une dextérité impressionnante. Il nous offrira d’ailleurs un petit solo de batterie plus court que sur les dates récentes au Hellfest. "Rock Of Ages" et son intro légendaire lui permet de briller encore plus, et le public hurle à pleins poumons les paroles de la chanson culte de « Pyromania », suivie de près par l’autre hit de l’album : "Photograph" !


On a l’impression d’une apothéose, jusqu’à ce que le groupe quitte la scène presque précipitamment, comme pour nous faire comprendre que le rappel arrive vite... Et en effet, ça ne traîne pas ! Composé de "When Love And Hate Collide", "Hysteria" et le cultissime "Pour Some Sugar On Me", le rappel, ou plutôt le dessert bien sucré, finit de séduire un public absolument subjugué d’être là pour assister à ce grand retour de DEF LEPPARD à Paris. Lors d’une petite retombée de folie, Joe Elliott nous promet que nous n’aurons pas à attendre 30 ans pour les revoir... Prenons-le au mot… peut-être pour souffler les 50 bougies du groupe en 2027 ?
En attendant, DEF LEPPARD a offert au public parisien un concert d’anthologie, littéralement, et a rappelé à quel point sa musique à la croisée des styles rock a inspiré des générations entières.


Photos © Benjamin Delacoux - Portfolio

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