23 juin 2026, 23:59

PENNYWISE + THE ATARIS

@ Paris (Machine du Moulin Rouge)

En pleine journée de canicule, on se traîne doucement vers la Machine du Moulin Rouge le 23 juin. En effet, à peine rentrés du Hellfest, voilà déjà l’heure de retourner en concert ! Mais on se rassure assez vite : nous ne sommes pas les seuls dans ce cas, car c’est à un concert bouillant et plein à craquer de PENNYWISE et THE ATARIS que l’on vient assister, seulement deux jours après le passage remarqué des deux groupes dans le plus grand festival de musiques extrêmes en France ! Autant dire qu’on ne compte pas en ressortir indemne… Que ce soit avec la chaleur ou dans les pogos, on compte bien ressortir dégoulinants de sueur et avec un grand sourire sur le visage ! On se positionne donc stratégiquement au premier rang, sur la droite de la scène, et on attend sagement la vague californienne qui approche…
 

Avant le vent chaud californien de PENNYWISE, c’est le punk rock mélodique venu tout droit de l’Indiana de THE ATARIS qui nous attend. Le groupe, qui vient de fêter ses 30 ans de carrière, n’était pas venu en France depuis presque la moitié de celle-ci, et jouait déjà au Backstage By The Mill, c’est-à-dire la salle voisine de celle de ce soir. Avec un setup très minimaliste (lumière rouge puis bleue plutôt fixe et fond bleu), le quatuor nous propose un moment tout en détente, quelque part entre le punk rock revisité de WEEZER et le rock indé de NADA SURF, ce qui est loin de nous déplaire. Certes, l’ambiance n’est pas aux mosh pits débridés, mais les sourires ne se font pas attendre sur les visages, séduits par les extraits de « So Long, Astoria » comme par ceux de « Blue Skies, Broken Hearts… Next 12 Exits » (qui est d’ailleurs l’album dont la couverture est représentée en fond de scène). Le public, composé principalement de fans de punk rock 90’s, écoute religieusement chacun des accords de Kristofer Roe et John Collura, et les ovations se font de plus en plus sonores au cours des 40 petites minutes de ce set d’ouverture, au point qu’on sent presque une déception générale quand celui-ci s’arrête. THE ATARIS ne sont pas habitués à jouer en France, mais le public punk rock parisien les a fait se sentir chez eux le temps d’un set, et ça, c’est le principal !


La foule se resserre devant la haute scène de la Machine du Moulin Rouge : PENNYWISE, les légendes increvables du punk rock californien, se préparent à retourner la foule une nouvelle fois ! Les hurlements font trembler les murs lorsque Jim Lindberg, Fletcher Dragge, Byron McMackin et Randy Bradbury foulent une nouvelle fois la scène de la légendaire salle, deux ans après leur dernier passage. La réflexion sur le passé est cependant de courte durée, car on prend le premier coup de coude dans le dos ! Le groupe a lancé les hostilités sur le hit interplanétaire ‘’Peaceful Day’’, et n’est pas venu faire de prisonniers ! Les hits s’enchaînent à une vitesse dingue, permettant à l’impressionnant Fletcher Dragge de jouer de sa carrure impressionnante tout en enchaînant les riffs ultra rapides sur ‘’My Own Country’’, ‘’Straight Ahead’’ ou autres ‘’Violence Never Ending’’, soutenu par la basse légendaire de Randy Bradbury et l’inarrêtable batteur Byron McMackin. De son côté, Jim Lindberg arpente la scène comme s’il avait 30 ans de moins, et on est ramenés dans les années 1990 quand vient le moment de s’époumonner sur ‘’Same Old Story’’ ! Le groupe se sent bienvenu et continue la surenchère avec ‘’Waiting’’ puis une version plus urgente que jamais de ‘’Fuck Authority’’, l’occasion pour quelques "stage divers" de piquer une tête dans la Machine, pour le plus grand plaisir des punk rockers qui se sentent pousser des ailes, et s’éloignent soudain de la setlist affichée sur les amplis de Fletcher et Randy.


En effet, PENNYWISE fait le choix de ne pas interpréter une seule reprise, mais cinq chansons plus qu’essentielles dans la scène punk rock américaine. ‘’Bob’’, ‘’Kill All The White Men’’ et ‘’The Brews’’ de NOFX (pour le plus grand bonheur des très nombreux fans du groupe présents ce soir) sont suivies de ‘’Do What You Want’’ de BAD RELIGION, puis du ‘’Fight For Your Right’’ des BEASTIE BOYS, qui achèvent de retourner un public devenu fou de joie ! Mais il reste des hits à enchaîner pour les Américains, et leur titre éponyme ‘’Pennywise’’ et l’hymne ‘’As Long As We Can’’ sont interprétés avec une énergie aussi explosive que rare, comme tirée vers le haut par un public absolument acquis à une cause, celle de PENNYWISE. ‘’Perfect People’’, ‘’Society’’ et ‘’Living For Today’’ ne font pas perdre le moindre élan au public qui se jette désormais constamment de scène, et la reprise aussi classique et indéboulonnable qu’improbable de ‘’Stand By Me’’ finit de convaincre les plus sceptiques (s’il en restait). C’est donc absolument comblé qu’on se joint aux fans qui envahissent la scène sur le classique parmi les classiques de PENNYWISE : ‘’Bro Hymn’’, qui voit un groupe au sommet de son art communier avec ses fans, aussi respectueux qu’heureux d’être là. Le morceau se termine, et chacun y va de son accolade avec Fletcher et Jim, tandis que Byron distribue ses baguettes et Randy ses baguettes, et on réalise soudain qu’on a vécu là l’un des meilleurs concerts punk rock de ces dernières années, et qu’après bientôt 40 ans de carrière, PENNYWISE est encore et toujours l’un des meilleurs groupes du style depuis sa création.
 

Blogger : Valentin Pochart
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