
La scène française regorge de groupes talentueux encore trop méconnus. Parmi ces pépites, on compte PELEGRIN, trio sur scène et quartet en studio, dont le troisième album « The Curse Of Nephtar » est sorti le 4 septembre. Fortement marqué par le changement climatique, le disque évoque l’utilisation des ressources naturelles par l’humanité sur fond de heavy psych rock. Pour en parler, nous avons discuté avec le batteur Antoine Ebel.
L’album résonne beaucoup avec l’actualité !
Antoine Ebel : Oui ! À des niveaux assez incroyables… Par exemple, avant "Break The Omen", on entend une citation du ministre du pétrole vénézuélien qui date de 1972. J’ai simplement remplacé « pétrole » par « Nephtar ». C’est une référence connue dans le cadre de la théorie de la malédiction des ressources parce qu’il avait, en quelque sorte, vu la fin du film. Ce qui est marrant, c’est qu’on avait décidé d’intégrer cette citation l’année dernière et qu’en janvier, les États-Unis ont envahi le pays et l’ont mis sous coupe réglée pour pouvoir exploiter le pétrole.
Est-ce que vous avez été visionnaires sans le vouloir ?
Forcément sans le vouloir parce qu’on espère toujours avoir tort quand on fait ce genre de prédiction. Mais je me pose la question de savoir si on a été bons en prédictions ou si le monde devient de plus en plus prévisible (rires). Aux États-Unis, il y a un régime qui ne dissimule plus sa cupidité et sa volonté de s’accaparer des ressources qui ne sont pas à lui. Face à l’Irak, ce régime avait au moins la décence d’essayer de trouver un faux prétexte et d’aller voir les Nations Unies avec des fioles de peinture blanche en disant : « Attention, il y a des armes de destruction massive, c’est très grave. ». Là, c’était plutôt : « Il y a un tas de pétrole et on s’est dit qu’on allait le prendre. ». Tout ça est assez tragique et on est effectivement dans une actualité assez brûlante.
L’album peut être vu comme une fable dystopique. Quels sont les récits qui vous ont inspiré cette histoire ?
Il y a une grande inspiration du Seigneur des Anneaux. Dès qu’on parle d’un objet maléfique, qui manipule les gens et que tout le monde se dispute, c’est compliqué de ne pas y faire référence. On adore cette histoire, surtout moi qui ai largement écrit l’histoire de l’album. Je voudrais juste m’arrêter sur le terme de « dystopie » dont on a récemment discuté avec Jason, le bassiste qui m’a aussi aidé à concevoir cette histoire. C’est à la fois dystopique et légèrement utopique : dans "Break The Omen", on met en scène le fait que les peuples arrivent à renverser l’hégémonie de Nephtar. En tout cas, on suggère que ça puisse arriver et c’est renforcé par les bruits qu’on entend à la fin de l’album : l’eau qui coule et les oiseaux qui chantent de façon assez apaisante. Avec Jason, on est très branchés sur le courant solar punk. On vit déjà dans une dystopie donc ce type de récit n’aide plus à alerter ni à dénoncer. Paradoxalement, ça peut même conduire à une sorte de fatalisme : on a déjà imaginé le pire plusieurs fois, il est en train de se produire et est inéluctable alors buvons un verre devant les incendies du Sud-Ouest et profitons un peu de la plage (rires). À notre époque, il y a une portée plus radicale et plus contestatrice dans l’utopie. On l’a esquissé sur cet album et on sera peut-être amenés à la développer davantage plus tard.

Quelles sont les œuvres de référence du courant solar punk ?
Récemment, j’ai lu des livres de Becky Chambers, une des écrivaines de référence du genre. J’ai aussi lu pas mal de dossiers et d’articles et ça m’a donné pas mal d’idées. Jason avait commencé à concevoir un jeu de rôles dans cet univers. C’est encore très émergent, y compris en littérature. Il faut aussi reconnaître que la dystopie fournit un bon matériel narratif : il y a une crise, ça ne va pas bien, il y a des combats, de la survie, des antagonistes, etc. Il y a largement de quoi faire un bon récit qui va captiver le lecteur. Ce qui est difficile avec les utopies ou les récits d’anticipation positive, c’est que tout va bien (rires) donc on ne sait pas quoi raconter. On a tous des panneaux solaires, on va à l’école à vélo et il fait beau. Il y a plein de façons de dramatiser un peu tout ça, mais je pense que beaucoup d’artistes, notamment dans le metal, vont vers la dystopie à cause de la gravité de la situation et du matériau de base. L’utopie fait davantage peur aux artistes parce qu’on ne sait pas quoi raconter ni comment le rendre intéressant sans que ça soit : « cui cui, les petits oiseaux ». Ça sera probablement un défi pour nous si on s’engage davantage dans cette voie à l’avenir. Mais finalement, sur l’album, on a beaucoup d’histoire et ça correspond à notre souhait de raconter l’histoire du pétrole, y compris son histoire géologique : la naissance, le concours de circonstances, la vie qui s’est accumulée dans l’océan et qui est tombée avant d’être recouverte par de multiples couches de sédiments. On trouvait assez amusant de se rendre compte qu’on côtoie le pétrole depuis longtemps : dès l’Antiquité, des flaques de pétrole affleuraient à la surface de la Terre. D’ailleurs, la première utilisation connue du mot « Nephtar » se trouve dans l’Ancien Testament : ça parle d’une une eau lourde qui permet de mettre le feu à un bûcher sacrificiel. Ça accompagne l’humanité depuis un moment, mais à l’échelle de la planète, on n’a appris à s’en servir que très récemment. C’est aussi ce que raconte l’album : cette volonté qu’a l’orbe de s’extraire de l’océan et d’exprimer son pouvoir pour manipuler des gens. Elle arrive à s’extraire de l’eau sauf qu’elle se retrouve en plein désert : il n’y a personne et les rares êtres qui sont là, les scorpions et les rats, ont peur de l’approcher. Les humains apprennent péniblement à s’en servir jusqu’à ce que son pouvoir maléfique soit révélé et que toutes les conséquences émergent aussi. Il y a donc beaucoup d’histoire : beaucoup de géologie, de science, un peu de politique et un peu d’utopie à la fin. C’est le cocktail narratif de l’album.
Vous êtes un groupe à deux bassistes : Jason Recoing est le bassiste studio et Nacim Virieux assure les parties de basse en concert et participe aussi à la composition. Dans cette configuration un peu particulière, comment se sont passés l’écriture et la composition de l’album ? Et pourquoi avez-vous choisi d’adopter une telle configuration ?
Tout simplement : la vie (rire). François (Roze, chant et guitare, ndlr), Jason et moi avons commencé à jouer ensemble dans PELEGRIN en région parisienne. On a monté le groupe il y a une dizaine d’années et, à l’époque, on se voyait toutes les semaines pour composer et répéter. Puis Jason a bougé dans le Sud-Ouest du côté de Bergerac, j’ai déménagé en région nantaise et François est resté en région parisienne. L’éloignement était de plus en plus fort mais ça allait. Par exemple, pour « Ways of Avicenna » (deuxième album du groupe sorti en 2023, ndlr), on a réussi à s’en accommoder et on arrivait à se voir pour quelques concerts mais il y a six mois, Jason a ouvert une sandwicherie végétarienne qui lui prend du temps : six jours de travail pour des semaines de soixante heures, ce qui est difficilement compatible avec la scène. De toute façon, Jason et la scène… Il l’a fait pour l’équipe (rire) mais c’est vraiment un compositeur dans l’âme : il est à l’aise dans la création et je pense que, si on sortait un album de compositions par an et qu’on le laissait sur l’étagère, il serait heureux quand même. François et moi avons davantage envie de faire connaître la musique et de la partager en live, d’où le fait de renforcer notre line-up avec Nacim qui est arrivé sur la fin de la composition de « The Curse of Nephtar ». Il a donc été assez peu actif sur sa création même s’il a composé des lignes de basse sur "In The Company Of Stars" et l’a enregistré en studio. Mais le groupe est surtout organisé autour du trio originel de PELEGRIN et Nacim nous aide à renforcer notre présence scénique. On a prévu de continuer avec quatre membres et de faire monter Nacim en puissance sur la partie créative, étant donné que c’est un membre du groupe à part entière. Tout ça est un peu compliqué mais c’est la vie de jeunes papas trentenaires qui quittent la région parisienne tout en ayant envie de continuer à faire de la musique.
Vos deux premiers albums sont sortis en auto-production mais, pour « The Curse Of Nephtar », vous avez signé chez Ripple Music. Quelles sont les perspectives que cette signature ouvre pour vous ? Est-ce que ça vous met la pression ? Est-ce que vous le voyez comme un défi à relever, un espoir pour la suite ?
La pression ne vient pas du label. Ils sont très gentils, compréhensifs, ils n’ont pas du tout cherché à influencer le processus créatif. C’est un label indépendant géré par des passionnés qui sont bénévoles mais, en ce qui concerne Todd Severin, le gérant du label, je pense qu’il a investi un paquet de son argent personnel. De jour, il tient une clinique ophtalmologique en Californie et il a décidé de consacrer le reste de son temps à son hobby : il se lève à cinq heures du matin pour gérer ses mails et tout ce qui concerne Ripple Music avant de commencer sa journée de travail à la clinique. C’est un acharné et un passionné absolu qui adore digger pour trouver des petits groupes pas très connus mais qui lui plaisent avec, pour volonté, de les aider à se développer et à gagner un peu de lumière. On est très reconnaissants envers lui et son équipe de bénévoles pour nous avoir aidés et accompagnés sur cet album. La pression n’est pas du tout venue d’eux, ils n’avaient pas du tout pour objectif de dire : « Allez les gars, il faut vendre tant d’exemplaires, vous raccourcissez vos chansons à cinq minutes parce que c’est trop le bordel, etc. ». On s’est mis la pression à nous-mêmes parce qu’on est sur le même label que 1000MODS, YAWNING MAN, HERMANO, WO FAT, THE OBSESSED, etc. Quand on sait qu’on va être sur le même catalogue que ces légendes, on essaie d’être sur son trente et un et de faire de son mieux pour être à la hauteur. C’est aussi pour ça que, pour la première fois, on est passé en studio professionnel. Même si, grâce à la science de François qui est notamment ingénieur du son, nos deux premiers albums sonnent bien, on avait envie de passer un cap pour « The Curse of Nephtar ». C’est aussi pour ça qu’on a fait un featuring avec Halima Joy, qu’on a mis du slam, des instruments différents, etc. On avait envie d’une production plus ambitieuse et plus généreuse pour donner corps à ce qu’on voulait faire. Je me projette peut-être un peu vite mais je pense qu’on cherchera à s’améliorer davantage à chaque album parce que le but n’est pas de rester dans une zone de confort.
En parlant de l’enregistrement, vous avez eu quelques soucis à ce moment, notamment des conditions climatiques extrêmes pour l’enregistrement de la batterie. Peux-tu m’en dire plus ?
C’était homérique ! C’était au début de l’année 2026, on commençait par les batteries. À Clisson, il neige une fois tous les quarante ans puisque c’est une région assez tempérée. Et là, arrivent dix à quinze centimètres de neige le premier jour de l’enregistrement. Donc c’est la panique absolue : la route est bloquée, je me dis que je peux y aller à pied puisque le studio est à quinze kilomètres de chez moi. J’ai failli partir avec mes bâtons de marche et mes chaussures de neige puisque j’étais très déterminé et parce qu’on avait un planning à tenir. C’était ma première fois en studio professionnel donc je me demandais si j’allais être à la hauteur, si j’allais utiliser tout le temps imparti, etc.. J’allais partir mais Arthur, qui travaille au studio, m’a dit : « Ne va pas te faire une entorse à la cheville : on va décaler, François va enregistrer quelques parties de guitare chez lui et on va retomber sur nos pattes. ». Ce qui est marrant, c’est qu’ensuite, on a fait une journée de studio, puis une tempête est arrivée et on a dû écourter une session puisque des arbres menaçaient de tomber alors qu’on devait aller chercher nos enfants à l’école. Le lendemain, un virus s’est déclaré à la crèche donc on était bloqués avec les enfants. Mais grâce à Arthur et à son abnégation, on a enregistré le week-end, François a réussi à faire des parties de guitare de son côté et on a pu tenir le planning mais c’était un début très mouvementé (rires).
Vous avez fait un featuring avec Halima Joy sur "In The Company Of Stars", le premier featuring de l’histoire du groupe. Comment s’est passée la collaboration et pourquoi avoir choisi d’intégrer une nouvelle personne dans votre travail ?
Toujours dans cette logique de tester des choses différentes. C’est quelque chose que j’avais en tête depuis longtemps. Je connais Halima Joy parce qu’on a déjà joué ensemble à différentes occasions, je connaissais son talent et je l’avais déjà vue à l’œuvre. Elle fait de l’électro pop en mêlant des influences arabes et européennes et elle est elle-même franco-marocaine. Elle est ancrée dans un dialogue interculturel qu’on essaie de créer avec PELEGRIN et, en plus, elle est à Nantes. Je me suis dit que ça serait vraiment cool d’essayer quelque chose avec elle donc je lui ai présenté l’idée et je la remercie vraiment parce qu’elle est beaucoup sortie de sa zone de confort. Elle suit de très loin la scène rock et metal et on l’a fait jouer sur des passages calmes et d’autres qui envoient un peu plus. Je trouve qu’elle a vraiment magnifié cette chanson qui tenait déjà toute seule mais qui, avec elle, prend une dimension supplémentaire. C’était un plaisir, je pense, mutuel, assez immense. Je ne serais pas surpris que nos chemins se croisent à nouveau et qu’on collabore encore, soit en live, soit sur disque, parce qu’il s’est vraiment passé quelque chose. On aimerait aussi reproduire ce type de collaboration à l’avenir avec des joueurs d’oud ou d’instruments traditionnels, même si ça n’est pas notre ADN direct puisqu’on est ancrés dans la culture rock occidentale : arriver à collaborer et dialoguer avec des artistes qui se la seront davantage appropriée, pourrait être une très belle voie pour PELEGRIN.
Comme Halima Joy est à Nantes, est-ce qu’il pourrait être envisageable que vous jouiez "In The Company of Stars" en live à Nantes ?
Par exemple. On a tous envie de le faire, il faut juste que les planètes s’alignent puisque son planning de concerts est bien rempli, elle commence vraiment à se faire un nom dans sa scène. En même temps, c’est dommage de la faire venir pour une seule musique donc il faudrait peut-être imaginer un set un peu spécial. Tout ça se travaille et je pense aussi que, si on arrive à passer un cap en termes d’opportunités de concerts ou de festivals, par exemple un Hellfest ou un Westill, ça sera l’occasion de mettre les petits plats dans les grands et de renforcer le spectacle en faisant venir Halima. C’est le genre de choses qui pourrait avoir du sens. Peut-être pas pour cette année mais pour l’année prochaine.

Sur cet album, vous avez toujours un style bien identifiable, très délicat, avec des percussions variées et des mélodies douces, mais vous avez aussi développé la facette un peu plus heavy de votre style. Pourquoi avoir pris cette direction ?
Je pense qu’il y a plusieurs facteurs. En concert, on évolue dans la scène stoner, même si on ne s’identifie pas à 100 % au stoner et qu’on va puiser dans le heavy psych, le prog et d’autres styles. On partage l’affiche avec des groupes plus punchy que le nôtre donc on s’est dit que pour emmener les gens dans l’énergie du live, la setlist avait besoin d’être un peu musclée. C’est cool d’avoir de la dynamique mais parfois, on redescend quand même très bas (rire) et c’est compliqué de garder l’urgence et le momentum qu’on veut avoir. On s’est dit qu’il fallait mettre plus d’énergie dans cet album pour progresser et sortir de notre zone de confort et pour avoir un bonus sur la puissance qu’on est capable d’avoir en live. C’était une première raison et je pense que ça reflète aussi une autre évolution : les chansons sont, en moyenne, plus courtes, on a davantage de refrains au lieu d’être plus prog, on a aussi des accroches pour donner des points de repère et du liant à des chansons qui étaient parfois, à juste titre, décrites comme très imprévisibles, voire légèrement « what the fuck ? ». On a voulu resserrer le propos et avoir quelque chose de plus cohérent et constant dans la durée, sans être complètement une alternance entre couplet et refrain. C’était aussi un souhait collectif et, vu que François s’est davantage impliqué dans la composition, Jason un peu moins du fait de ses nouvelles responsabilités, ça s’est fait assez naturellement aussi : François a davantage de références en rock classique donc cette évolution vers une musique plus puissante s’est faite naturellement. Elle est plus accessible mais je pense qu’elle garde le goût pour la mélodie et les textures. Je crois qu’on a réussi à faire évoluer la recette sans perdre son essence.
Vous avez des backgrounds musicaux différents ?
On a des références communes : ELDER en est une, Nacim est aussi un très grand fan du groupe donc on se retrouve autour sans problème. On aime tous beaucoup COLOUR HAZE, ALL THEM WITCHES, KING BUFFALO. C’est souvent la frange prog heavy psych qui nous plaît. SLIFT aussi, bien sûr ! OM et ALTIN GÜN aussi, tout ce qui est plus anatolien et qui emprunte les gammes orientales. C’est notre vocabulaire de base. J’écoute plus ce qui sort dans la scène stoner doom que les autres. J’ai un côté plus digger sur ce qui sort pour trouver la nouvelle pépite. François a plutôt un tropisme de rock classique alors que j’écoute aussi beaucoup de blues. Nacim aime les musiques un peu plus énervées, il a aussi joué du metal à double pédale et blast beat donc peut-être que ça finira par influencer la façon dont on compose.
Qu’est-ce que tu envisages comme future direction musicale pour le groupe et les albums à venir ?
On n’a pas encore pris le temps d’y réfléchir ensemble et en plus, on a plutôt envie d’ouvrir une période d’environ deux ans pour se développer en live. On va plutôt se concentrer sur le fait de décrocher des concerts, améliorer notre set, notre présence scénique, etc. pour passer un cap. Historiquement, on est plutôt des rats de studio. À une époque, on avait deux albums et un concert à notre actif donc c’était peu conventionnel (rires). Maintenant, on essaie de rééquilibrer un peu en jouant sur les deux tableaux, en particulier pour se reposer au niveau créatif puisque la période a été assez intense avec les projets professionnels des uns et des autres mais aussi nos vies de famille puisqu’on a quatre enfants de moins de quatre ans. C’était très intense d’arriver à être présent sur scène, d’être créatif et d’accoucher de « The Curse of Nephtar ». Donc là on est un peu rincés (rires). Si je devais parier, je pense qu’on va voir Nacim s’impliquer davantage dans la création. C’est quelqu’un qui a un bon potentiel de chant alors qu’en ce moment, c’est François qui fait ses propres chœurs et ses propres harmonies vocales donc je ne serais pas surpris qu’il soit épaulé à l’avenir. Je pense qu’on aura peut-être un peu plus d’éléments empruntés au metal. Je suis très admiratif de ce qu’a réussi à faire GRANDMA’S ASHES sur son dernier album en arrivant à garder cette esthétique 90s, grunge rock etc. avec des éléments empruntés au metal, plus sombres et plus durs. Pourquoi pas, aussi, ajouter des claviers ? C’est quelque chose qu’on a envie de faire à chaque album mais on se retrouve pris dans la lessiveuse de l’ensemble et ça passe à la trappe. Mais on pourrait aussi le faire pour jouer avec des textures électroniques. À l’image des thèmes qu’on aborde dans cet album, je trouve ça chouette d’avoir une forme de modernité : on est dans un style qui puise beaucoup dans les années 60 et 70 mais regarder en permanence dans le rétroviseur n’est pas toujours intéressant. Je trouve qu’aborder des thèmes actuels et d’anticipation, c’est cool, tout comme le fait d’aller chercher des sonorités plus contemporaines. Ça peut se marier avec le rock qu’on pratique. Pour la narration, on pourrait verser davantage vers l’utopie et le solar punk en gardant l’imaginaire de PELEGRIN occulte, médiéval et fantastique. On verra bien ce qu’il restera d’ici deux ans quand on se remettra au travail.
