En début d’année, CONVERGE a sorti l’album « Love Is Not Enough » avant d’annoncer la sortie d’un deuxième disque pour la même année. « Hum Of Hurt » a donc fait de 2026 l’année de CONVERGE et de son hardcore ravageur. Il faut croire que cette vague de musique lourde, rapide et violente a déjà fait des émules puisque le deuxième album des Landais YAROTZ, « Resurgence », voit le jour ce 25 septembre. Préparez-vous à un hardcore chaotique sur lequel les mosh-pits verront voler des dents mais pas seulement !
Trio formé de Fabien Zwernemann (chant, guitare), Vincent Perdicaro (basse, chant) et Enzo Laidi (batterie), YAROTZ avait déjà fait trembler les chaumières avec son premier album « Erinyes » en 2022. Épaulé par Christian Andreu (GOJIRA) lors de la création de l’album ainsi que pour le featuring sur le titre "Childish Anger", le groupe assène déferlante sur déferlante pour un résultat empreint de violence et de destruction, parsemé de quelques moments de calme. Une première sortie vivement saluée.
On entre dans « Resurgence » par une porte dérobée : celle de textures brumeuses toutes post-rock et d’un tempo lent qui, peu à peu, se dynamise. "The Rising Starts" est une montée en tension qui prend son temps : c’est la batterie qui donne le ton et guide la guitare et la basse. "Strengths and Fears" arrive bien vite pour rassurer l’auditeur.ice : la colère de YAROTZ est toujours là et les cris de rage sur fond de riffs de guitare colériques façon CONVERGE sont toujours là. Dès ce moment, la structure du titre nous frappe : le groupe a opté pour davantage de simplicité en choisissant d’alterner les couplets et les refrains, sans renoncer à la rage qui le caractérise. Neuf titres davantage pensés pour le live et les cris du public ? Oh, que oui. Et ça n’est pas la mélodie addictive de guitare de "Hysteric Souls" qui dira le contraire.
Les changements sont parfois subtils mais suffisants pour montrer que YAROTZ a mûri pendant ces quatre ans qui séparent les deux albums. Si vous tendez l’oreille pendant "Four Dead Ends", vous pourrez même entendre un furtif chant clair qui s’élève pendant le refrain. Pas de quoi ralentir la déferlante de batterie ou les cris de rage pour autant. Il suffit d’essayer de suivre le tempo de "The Breach" et de "Purifying Bath" pour s’en convaincre.
Mais il n’y a pas que de la rage incontrôlable dans cet album. Parmi les nouveautés qu’on y décèle, YAROTZ a davantage exploré les textures saturées, brumeuses, et les tempi ralentis. Non seulement on ressent davantage la violence des chansons rapides, mais on découvre également une facette du groupe qui montre tout autant de maîtrise que celle qu’on connaît déjà. Dans "Walked In The Sludge", on entend un usage raisonné de claviers qui donnent au titre, une couleur différente du reste de l’album. Plutôt que de chercher sa respiration entre une basse saturée, une guitare agressive et une batterie démentielle, on y reprend son souffle avec délectation. Et tant mieux : "Giving Up The Ghosts" a visiblement été composé avec, pour objectif, de nous briser les côtes. Il ne reste plus qu’à se laisser porter jusqu’à "Abyssal" et son mélange d’ambiances.
« D’où vient toute cette colère ? » peut-on raisonnablement se demander après avoir reçu autant de baffes en seulement trente-quatre minutes. Du développement accru d’une conscience politique qui refuse d’ignorer le racisme et le rejet subi par les trois membres du groupe à différents moments de leurs vies. Inspiré par la saga Blackwater, l’album tire son nom de la révolte d’une communauté contre ses oppresseurs. Ou comment imaginer un renversement du système avant que le fascisme ne règne.
Album marqué par la lutte et la résistance, « Resurgence » témoigne d’une évolution politique globale qui résonne dans la musique de YAROTZ : l’angoisse du monde dans lequel nous vivons et la peur du contexte politique qui nous entoure, qui se traduisent par un besoin d’exorciser la colère et de créer une musique constituée de gifles agressives entrecoupées d’espaces de réflexion.