3 octobre 2026, 09:00

OVOO

"Obsidian"

Album : Obsidian

Selon vous, à quoi ressemble l’Inconnu ? Celui dont on ne sait rien et qu’on rencontre au détour d’une montagne, dans un paysage désertique et inhospitalier. OVOO a tâché d’y répondre avec son premier album « Obsidian » sorti ce vendredi 2 octobre et qu’on situe volontiers à la croisée de l’ambient, du noise rock, de l’indus et du post-rock. Oui : tout ça à la fois.

Au loin, quelque part dans les Alpes-de-Haute-Provence (plus précisément à Thoard), se trouvent Sid Negativv (batterie, sample pads) et Astrocyte JFI (instrumentarium). Derrière ces pseudonymes intrigants au possible, on trouve deux musiciens avides d’expérimentations sonores. En témoigne l’instrumentarium d’Astrocyte JFI qui regroupe plusieurs instruments dont le clavier Osmose (développé par le fabricant français Expressive E.), la PlaK composée de plusieurs éléments métalliques dont on joue à l’archet ou en percussions, le Water Phone et bien d’autres. De quoi lier les expérimentations mélodiques ainsi permises aux explorations rythmiques de la batterie.

Vous l’avez compris : l’album est basé sur l’expérimentation sonore. Aucun élément figuratif ne doit détacher l’attention des pièces sonores que contient « Obsidian » dont le seul élément faisant référence au réel est son titre. Mais alors, si le disque ne se réfère à rien de connu, à quoi s’attendre quand on lance l’écoute ? L’artwork nous donne quelques indices avec cette montagne dont la découpe horizontale nette n’est pas sans rappeler le sentiment d’inquiétude mêlée de fascination ressenti face à la dalle noire dans 2001: L’Odyssée de l’Espace. Tendez l’oreille : la découverte est à portée d’ouïe.

Composé de sept titres (huit pour la version vinyle), « Obsidian » se décline en autant d’ambiances. Loin d’être aussi monolithique que son nom le suggère, l’album explore les textures, les mélodies et les structures rythmiques en composant et décomposant l’ensemble. Si tout cela vous semble abstrait, c’est normal. Ce ne sont pas les premières notes vibrantes de "I" qui vous feront changer d’avis, ni les quarts de tons où s’aventure la mélodie sur fond de rythmes imprévisibles. La douceur étouffée de l’ambient n’est jamais à chercher très loin et se manifeste dès "II" quand l’ensemble de la composition s’apaise avant d’opérer une montée en tension toute post-rock. Celle-ci se forge un nouveau chemin au gré du calme de de "III" et "IV" portés par les cordes frottées de l’instrumentarium et l’alternance entre cymbales et grosse caisse de la batterie. Toutefois, "V" opère un virage à 90° et nous fait décoller vers une dimension sonore dans laquelle les claviers sont plus présents. Les vibrations et les réverbérations prennent davantage de place jusqu’à flirter avec la froideur de l’indus sur "VI" et "VII" avant d’offrir un final en hypnose grésillante.

Chacun des titres regorge de motifs hypnotiques, de mélodies tantôt douces ou inquiétantes, de rythmes travaillés et d’instruments poussés dans leurs retranchements pour mieux dire que les limites de la musique n’ont pas encore été atteintes. « Obsidian » donne à entendre les explorations intrépides de deux musiciens talentueux dont on ne peut que souhaiter qu’ils continueront de partager leurs découvertes sonores au fil des années.

Blogger : Ivane Payen
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