
Le nouvel album de CLEGANE est sorti ce vendredi 2 octobre, à l’image de la noirceur urbaine dans laquelle le groupe évolue. Basé à Paris, le trio formé de Laurent (chant, basse), Guillaume (guitare, chœurs) et Olivier Guedj (batterie) livre, avec « Ocean Of Black Thoughts », un album de doom/grunge qui ravira autant les fans de NIRVANA que de CANDLEMASS. Nous avons discuté avec Guillaume au sujet de cet album, de l’univers du groupe et de sa prochaine tournée au Canada.
L’illustration pour la pochette a été faite par Tib Gordon. Elle représente la silhouette d’une personne qui fume et qui se trouve dans un environnement obscur. Que dit-elle du propos de l’album ?
Guillaume : Elle le reflète mieux qu’on ne peut l’imaginer. Elle a été faite d’après une photo de Laurent prise lors du Macumba festival. À force de chercher une idée de visuel, Tib a pris une direction complètement différente après plusieurs semaines d’expérimentations. Il nous a envoyé une aquarelle faite à partir de la photo qui reflète vraiment ce qui se passe dans l’album : elle montre cette noirceur qui transpire tellement qu’on la voit de l’extérieur. Le but était que Laurent ne soit pas facilement identifiable, sinon, il n’y a pas de mystère. Au départ, j’avais une idée en tête : faire un triptyque autour des visuels des albums précédents : on a eu un silex (« Funeral at Sea » sorti en 2018, ndlr) et un flocon (« White of the Eye » sorti en 2022, ndlr) alors je voulais quelque chose qui soit dans cette veine élémentaire, organique, plutôt autour de l’eau en référence à l’océan, mais on n’arrivait pas à trouver un visuel qui nous plaise. On avait pensé représenter un noyé qui se trouve, maintenant, au dos de la pochette. Il devait être représenté perdu au milieu de l’eau, en train de chuter mais, visuellement, rien ne fonctionnait. Ça faisait longtemps qu’on n’avait pas galéré comme ça. On a fait faire beaucoup de choses à Tib qui travaille à la main : il dessine tout et, pour chaque changement, il doit tout recommencer. C’est gratifiant parce que c’est 100 % manuel mais c’est très compliqué.
Les titres de l’album sont très sombres, aussi bien dans la musique que dans les paroles, sauf pour "Luminose" dont les paroles montrent que, même quand on sombre, on peut compter sur quelqu’un qui nous aide à garder de la force. Peux-tu me parler de cette musique ? Est-ce qu’elle représente l’espoir qu’on a dans les générations futures pour changer le monde ?
Laurent pourrait mieux répondre que moi mais je crois qu’il m’a dit que c’était la musique qui amenait une touche d’espoir et de lumière. Si on fait un album uniquement sombre, sans point de lumière pour mettre l’obscurité en relief, il n’y a que du noir. Ça reflète aussi les nuances qui sont en nous : il y a une part de lumière, aussi petite soit-elle (rires). Cette chanson représente un côté plus positif de l’album.
Laurent écrit toutes les paroles ?
Il a écrit toutes les paroles jusqu’à maintenant. On est en train de travailler sur de nouvelles compositions pour profiter de notre élan créatif actuel. Cette fois, j’ai écrit des paroles. Peut-être qu’à l’avenir, on se partagera davantage cette partie mais, à ce jour, il n’y a que Laurent qui s’exprime. Comme c’est lui qui chante, c’est normal : il faut qu’il chante ce qu’il veut exprimer. On n’écrit pas encore les paroles à trois mais qui sait ? On ne s’est jamais rien interdit. Certaines choses se font naturellement mais si demain, on est finalement trois à écrire les paroles, ça ne gênera l’ego de personne.
Les clips sont intéressants, notamment pour les techniques employées et les ambiances qu’on y trouve. Est-ce une façon de montrer différentes facettes de vos personnalités ?
Tout à fait. On a envie de savoir si le public les aime. C’est ça qui est intéressant : on fait quelque chose avec notre ressenti, sans forcément pousser une réflexion profonde, à partir de ce qu’on a imaginé. En l’occurrence, dans le premier clip (celui du single "Sun Decay", ndlr), on savait qu’on allait partir sur une base urbaine avec quelqu’un qui déambule et, ensuite, ce qui s’est construit autour et la façon dont il a été filmé, c’est ce que la chanson inspirait aux personnes qui l’ont écouté. Le rendu final va au-delà de tout ce qu’on a pu imaginer puisque c’est le regard de toutes ces personnes qui donne ce résultat. C’est pour ça que j’aime bien demander aux gens ce qu’ils ont ressenti : c’est peut-être quelque chose de différent. Quand on a vu ce clip pour la première fois, on l’a trouvé assez puissant et il traduit vraiment bien ce que la chanson exprime.
Pour "Mutt", on a voulu changer pour éviter la redondance et pour ne pas faire moins bien que le premier clip. On n’avait pas envie de rater le message qu’on voulait faire passer. Il se trouve que j’ai un voisin qui fait de l’animation par passion. Un jour, il m’a envoyé un clip d’environ une minute pour m’inviter à son anniversaire et j’ai trouvé ça génial. Je lui ai demandé s’il accepterait de faire un clip pour CLEGANE parce qu’il a un style qui n’est pas attendu de notre part. Il a été très enthousiaste, il a galéré aussi parce qu’il a tout fait à la main. Il y a passé du temps et il a rendu quelque chose de complètement inattendu et qui correspond plutôt bien aux paroles : c’est nerveux, vindicatif, trash et c’est exactement ce qu’on voulait. Quand je l’ai vu, j’ai été scotché. Les personnes qui l’ont vu ne s’y attendaient pas non plus. Après l’avoir regardé, on se dit qu’on a passé un bon moment. Même si la chanson ne plaît pas à tout le monde, il se passe quelque chose et on est diverti. Il ne ressemble pas non plus à d’autres clips qu’on aurait pu faire.
Justement, il change un peu du style habituel de CLEGANE : il dure moins de quatre minutes, il est plus rapide et agressif...
C’est le plus court, le plus rapide et il a été traité différemment à la production : quand on est passé au master, on avait le choix entre différents types et on a gardé un type pour l’ensemble de l’album sauf celui-ci. On voulait garder celui qui faisait ressortir l’agressivité.
Vous l’avez déjà joué en concert ?
On le joue régulièrement dans sa version initiale, pour le tester, depuis deux ans. C’est aussi notre défaut : les titres de l’album, à deux exceptions près, existent déjà depuis environ deux ans. Par exemple, on joue "Abandoned Temple Fate" depuis deux ans et demi. On finit par en avoir marre de se dire qu’on les a déjà joués avant de les enregistrer. C’est pour ça que tout à l’heure, je disais qu’on travaille sur de nouvelles compositions et qu’on passe déjà à autre chose. "Mutt" était le deuxième ou troisième titre qu’on a composé et il marche plutôt bien en live. On le joue régulièrement parce qu’il réveille les gens (rires).
On entend pas mal de nouveautés sur cet album : une variété dans la palette vocale, du chant clair au scream, mais aussi musicalement puisqu’on a un titre au début calme ("Room Full Of Strangers"), une variété de durée dans les chansons, etc., le tout en gardant une identité très reconnaissable. Est-ce que ça correspond à une volonté de changement et de renouvellement dans votre identité musicale ?
Je ne sais pas si c’est une nouveauté intentionnelle. Quand on compose, on écrit en fonction de ce qui se passe en nous. Si ça ne va vraiment pas, on va avoir une musique très plombée et si on est en colère, ça va être dans l’ambiance de "Mutt" mais on se pose très peu la question de savoir si un titre est cohérent avec le genre musical auquel on se rattache. On s’en fout. On se demande juste si c’est cool. Quand on fait quelque chose qui sort de nos codes habituels, on échange nos impressions et on se demande si on le garde. Tout le travail de voix de Laurent évolue beaucoup au moment de l’enregistrement parce qu’on peut prendre le temps de se poser, laisser un type de voix, faire deux voix en même temps, crier depuis le fond de la pièce, etc. On obtient des textures différentes et on en profite parce que c’est là qu’il faut se faire plaisir. En répétition, on a parfois du mal à se projeter sur le résultat final. Toute la partie des prises et du mix s’est faite chez Olivier Millot, le guitariste de POINT MORT. Il s’était déjà occupé de notre tout premier EP en 2017. Il adore ce travail sur les voix et leurs textures, il a toujours des idées d’alchimiste. La voix de Laurent est assez proéminente. C’est la vraie signature de CLEGANE et, s’il y a un élément sur lequel il faut travailler de façon riche, c’est bien sa voix. Aujourd’hui, il a appris à la maîtriser et à se reposer pour bien la gérer. Quand il était jeune, il s’en foutait, il savait qu’il allait récupérer. Maintenant, il est comme on le voit sur la pochette : avec une cigarette à la main. Mais ça n’est pas un être ordinaire : il a son histoire, son passé, ses démons et c’est aussi ce qui fait CLEGANE. C’est souvent à ça qu’on pense quand on cherche ce qui nous rend unique. Beaucoup d’autres groupes ont un aspect joyeux qu’on n’a pas forcément. Chez nous, et surtout chez Laurent, il y a beaucoup d’anxiété, d’addictions et de dépression. Je comprends que certaines personnes trouvent difficile de se confronter à notre musique et à nos paroles, surtout dans un univers qui est déjà suffisamment anxiogène à lui seul, quand on peut choisir de s’échapper dans des musiques plus positives. C’est aussi pour ça que notre musique est importante : elle peut refléter quelque chose qu’on a du mal à exprimer et soulager la personne qui l’écoute.
Les morceaux que vous jouez depuis deux ans ont-ils évolué pendant cette période ?
Oui. L’évolution se fait au fur et à mesure, quand on se revoit et qu’on se dit que la modification faite en concert était chouette. On est toujours en recherche de changements à apporter. On a parfois fait évoluer des titres après les avoir enregistrés parce qu’on a trouvé une nouvelle façon de les jouer. Pour nous, c’est aussi ça, la musique : ça évolue en permanence et il n’y a pas de honte à faire évoluer une composition alors qu’elle a déjà été figée sur un CD. C’est cool aussi pour les personnes qui viennent nous voir en concert et qui remarquent les différences : elles entendent une version spéciale qui n’existe qu’en live.

Quel est le morceau de l’album qui a le plus évolué entre ses débuts et aujourd’hui ?
Je pense que c’est "Ocean of Black Thoughts" parce qu’il nous a donné pas mal de fil à retordre. Sur un album, il y a toujours un titre plus compliqué que les autres et là, c’était celui-ci. Tout nous plaisait sans bien aller ensemble. On se rendait compte qu’on n’allait pas dans la bonne direction mais on voulait quand même garder ce titre. On a trituré les riffs, on a essayé encore et encore, jusqu’à trouver la formule qui nous a fait dire : « C’est bien. ». Et je suis sûr qu’il va encore évoluer. Pour que l’album porte son nom, c’est qu’on en est contents.
Est-ce que le fait de donner son nom à l’album est aussi une façon de célébrer la fin de cette recherche ?
Je poserai la question aux garçons pour voir ce qu’ils en pensent. Pour l’album précédent, on a beaucoup galéré aussi sur le titre éponyme : Laurent n’arrivait pas à trouver un chant qui collait à la musique. On la trouvait cool mais il ne savait pas quoi faire alors on a intégré une autre voix dessus : on a demandé à Sam, la chanteuse de POINT MORT, et elle a accepté. La solution était là. C’est marrant puisque l’album porte le nom de ce titre donc, si ça se trouve, c’est le moyen qu’on a d’exorciser ce processus (rires).
Vous présentez votre style comme du doom grunge, ce qui est assez unique et qui représente très bien votre musique. Que penses-tu des étiquettes en général aujourd’hui ? Est-ce qu’elles restent utiles ou est-ce qu’elles limitent la création ?
Les étiquettes, c’est rassurant. On a passé des années à trouver des étiquettes pour repérer les musiques et les genres. Aujourd’hui, il y en a tellement qu’on s’y perd et qu’on finit par en rejeter le principe parce qu’une étiquette donnée ne va correspondre qu’à un seul groupe. Quand on pousse le concept trop loin, ça ne sert plus à rien. Mais je suis d’accord avec l’idée de garder des étiquettes génériques qui permettent de repérer les gens à l’intérieur d’un style. Quand on parle de grunge, c’est plutôt ouvert parce qu’on peut juxtaposer un style avec un autre. Mais quand ça désigne l’expérimentation très poussée, avant-garde, post, etc., on perd les gens. Une étiquette trop globale ne nous servirait pas parce que le public se dirait que notre musique n’est pas du doom, ça ne ressemble pas à CATHEDRAL mais si on dit que c’est du doom et du grunge, le public peut s’interroger sur le résultat final : « Qu’est-ce que ça donne si on mélange NIRVANA avec CANDLEMASS ? ». Le public va écouter et voir s’il est d’accord ou pas, ça l’aide déjà à se repérer. Donc les étiquettes restent un peu utiles.
Quels sont vos meilleurs et vos pires souvenirs avec CLEGANE ?
Guillaume : On va parler de ce qu’on a vécu depuis qu’Olivier est arrivé à la batterie en 2020. Je ne saurais pas dire lesquels ont marqué Olivier et Laurent parce que, quand on en parle, on a souvent des souvenirs différents, les ressentis ne sont pas les mêmes. Je pense qu’on peut dire que la dernière tournée qu’on a faite est l’une de celles qui nous ont le plus marqués. On a joué dans des endroits où on n’était encore jamais allés, on a rencontré des gens formidables, on a passé des soirées incroyables alors que, finalement, on n’en attendait rien. Parfois, on attend beaucoup de choses sans qu’il se passe rien et parfois, on est juste content de jouer quelque part et il se passe des choses extraordinaires. On a joué à côté de Nantes, chez quelqu’un qui fait ça pour dépanner les groupes qui sont en tournée (chez Moumoul, ndlr) et il a fait jouer du beau monde : WORMSAND, YAROSTAN, POINT MORT, etc. Tous les groupes qui sont venus chez lui ont passé un moment inoubliable. C’est aussi sur cette tournée qu’on a joué à Bordeaux et à Toulouse où on avait déjà été plusieurs fois mais pas dans les mêmes salles. Pour cette tournée, on a changé de lieux donc on a rencontré un autre public, d’autres groupes avec qui jouer, des orgas avec qui on a passé des moments mémorables. Le bar de Toulouse (Mécanique des Fluides, ndlr) était rempli à ras-bord. Les gens ne nous connaissaient pas mais dès qu’on a commencé à jouer, c’est parti en vrille. En plus, c’était la dernière date de la tournée donc on était fatigués et quand on a vu l’énergie du public, on a été submergés d’émotion et ça nous a marqués. Ça s’est passé en fin d’année dernière et c’était magique.
On n’avait pas eu de pire moment jusqu’à récemment. On a déjà eu des moments pas terribles quand une répétition se passe mal, des gens se battent au concert, l’orga ne veut pas nous payer, etc. Ça n’est pas très grave et ça fait partie de la vie en tournée. Le pire qu’on a vécu s’est déroulé au mois de mai : on a fait un concert chez l’habitant, dans un château, pour quelqu’un qui fêtait son anniversaire et voulait organiser un festival à cette occasion (Midlife Fest au château de Bruce, ndlr). On était six groupes : MAUDITS, POINT MORT, BARRABAS, CLEGANE, etc. Je pensais qu’on allait passer un bon moment mais on n’était pas dans un bon état d’esprit. Laurent n’était pas au mieux de sa forme, et c’est un euphémisme. Je pense que c’est le pire concert qu’on a fait. C’est la première fois que les gens partent pendant qu’on joue et on a senti qu’on avait raté quelque chose. Laurent était très conscient du fait que ça n’allait pas mais, comme c’est quelqu’un qui n’aime pas laisser tomber les gens et la musique, il a voulu y aller quand même. Ça n’a pas marché. Après ça, on s’est dit qu’on avait besoin de faire une mise au point. On a eu de la chance parce qu’on jouait à Paris avec SEUM trois semaines plus tard et, cette fois, ça s’est bien passé. On s’est repris en main. On s’est planté une fois et on sait qu’on ne le refera pas. Ça fait partie des démons contre lesquels Laurent se bat. On a mis quelques temps avant d’en parler ouvertement les uns avec les autres et encore plus avant d’agir. Mais, comme dans toute thérapie, il y a des rechutes qui font partie du combat. En ce moment, on est dans une bonne période et on avance avec résolution.

© Sampriti Pillay & Olivier Guedj
L’album sort sur le label que tu gères avec Sam Pillay, Almost Famous. Tu peux me raconter son histoire ? Depuis combien de temps il existe, quels groupes vous soutenez, etc. ?
Ça va faire quinze ans qu’Almost Famous existe. Au départ, Sam l’a créé pour aider les artistes à se produire parce que les salles de concert ne voulaient pas programmer des groupes s’ils n’étaient pas épaulés par une structure. À l’époque, j’avais juste un groupe de death, TANKRUST, qui existe toujours, et on s’est dit qu’Almost Famous nous permettrait de le produire. Par la suite, POINT MORT s’est créé et on s’est dit qu’on allait aussi utiliser la structure pour produire les albums du groupe, en tant que label cette fois. Pareil quand CLEGANE s’est créé, donc on a décidé de faire moins d’organisation de concerts, qui est très chronophage, mais de se servir d’Almost Famous plutôt en tant que label. C’est plus facile pour avoir des devis auprès des pros, faire des cessions de spectacle, etc. C’est une interface qui nous permet d’être vus davantage comme des professionnels que comme des amateurs. Le revers de la médaille, c’est qu’on fait tout à deux. Il y a des gens comme Tanguy (Le Floc’h-Souët, ingénieur du son lors des concerts Almost Famous, ndlr) qui nous aident beaucoup pour la logistique mais tout ce qui concerne la gestion, l’administration, la comptabilité, les dossiers de subvention, etc. c’est nous, et Sam fait 90 % du travail. La limite des activités d’Almost Famous est là. Pour certains groupes, la question se pose de savoir s’il ne serait pas mieux de trouver un autre label qui pourrait s’occuper de tous ces aspects à notre place. Parfois, c’est pesant et ça ressort dans la musique.
Vous préparez une tournée au Canada avec SEUM au mois de novembre. Comment cette tournée s’est-elle mise en place ? Pourquoi ce pays plutôt qu’un pays européen, plus proche, par exemple ?
Il aurait fallu qu’on noue des contacts avec des gens plus proches (rires). Tout part de SEUM : on les connaît depuis un moment, notamment parce que le chanteur faisait partie d’un groupe de doom parisien il y a dix ans (LORD HUMUNGUS, ndlr). Deux membres du groupe sont Français et ont émigré au Canada mais reviennent en France de temps en temps pour les tournées. On s’est connus par la scène, ils ont aussi fait un split avec FÁTIMA et on a fini par faire un concert ensemble l’année dernière. On a discuté avec le bassiste qui nous a dit : « Il faut que vous veniez au Canada. », ce à quoi j’ai répondu : « Avec plaisir ! ». Et ça a commencé comme ça. Je me disais que ça serait faisable dans quelques années mais, six mois après ce concert, il est revenu vers moi avec une proposition de tournée. On devait tourner ensemble en France mais ils ont choisi de venir sur la semaine entre le Hellfest et le Rock in Bourlon, c’est-à-dire la pire semaine pour nous. On savait qu’on serait très pris par le travail puisque j’étais au Hellfest avec Sam et toute la semaine d’après, j’étais pris. J’ai quand même organisé la tournée en France et j’ai été très content de pouvoir leur trouver six dates d’affilée sur une période aussi remplie. Ils ont été ravis : à Nantes, ils ont joué chez l’habitant dont je parlais tout à l’heure et pour eux aussi, ça a été magique. Ensuite, ils ont joué à Toulouse, au même endroit que nous et c’était incroyable. On a quand même fait la date parisienne avec eux et on a ensuite discuté de ce qu’on faisait pour le Canada. Piotr s’est penché dessus tout de suite et nous a trouvé six dates à Toronto, Montréal, etc. Il n’y a plus qu’à acheter les tickets d’avion ! Les visas ne sont pas chers, ils coûtent sept dollars canadiens. On ne va pas venir avec autre chose que nos guitares et nos basses, tout se fera sur place. On a de la chance parce qu’on va être reçus comme des rois. C’est un échange de bons procédés : ils ont très bien fait les choses pour la tournée au Canada et on a fait de notre mieux pour la tournée en France. Donc si on avait connu un groupe européen comme ça en novembre, ça aurait pu se faire. J’ai un ami norvégien qui est en train de voir pour nous organiser une tournée chez lui. J’ai hâte du Canada puisque ça sera la première fois que j’irai là-bas. Je suis impatient et assez nerveux à l’idée de jouer notre musique dans un pays qui n’est pas le nôtre. On l’a déjà fait chez des pays frontaliers comme la Belgique et la Suisse mais on n’a jamais traversé l’Atlantique. On m’a dit que c’était facile d’accès et que les gens étaient chaleureux. On n’y va pas avec le rêve d’exploser là-bas et qu’un label nous repère. On se dit qu’on va rencontrer des gens et passer des bons moments.
