On a à peine eu le temps de s’envoyer dans les oreilles son copieux live « One Moment In Time », sorti en début d’année, que Robin Trower remet déjà le couvert. Le guitariste britannique revient dans les bacs avec « Shine », qui doit être son 28e album solo, en ne prenant pas en compte ses associations avec le défunt Jack Bruce.
Entouré de la même fine équipe qui l’accompagne, sauf rares exceptions depuis le début du siècle, à savoir Richard Watts à la basse et au chant, et Chris Taggart à la batterie, signant comme depuis une dizaine d’années la pochette via une peinture géométrique réalisée par ses soins, Trower poursuit dans sa lignée, un rock blues très électrique au son de guitare immédiatement reconnaissable.
Pas de grand bouleversement donc à atteindre de ce « Shine », qui ressemble furieusement à « Come And Find Me » (2025), « Joyful Sky » (2023), « No More Worlds To Conquer » (2022), voire « Go My Way » (2000), premier disque dans lequel apparaissent Watts et Taggart.
Pas de révolution, mais un plaisir certain et toujours renouvelé à écouter cette musique désormais intemporelle, qui se pare ici, sur « Live Your Time » ou « The Race », de quelques tonalités funky rappelant beaucoup la période « In City Dreams » (1977)/ »Caravan To Midnight » (1978) de l’artiste. Ceci d’autant que Richard Watts a fait des efforts en studio, et chante bien mieux que sur le live « One Moment In Time », rappelant par moments le grand James Dewar, son prédécesseur à la basse et au micro au début de la carrière de Trower.
Ce dernier a aussi invité une étoile montante du rock blues féminin, sa compatriote Jess Hayes, impeccable sur la chanson « Truth ». « Shine », composé en majorité de titres évoluant entre 3 et 4 minutes, se conclut néanmoins sur une pièce plus ambitieuse, « It’s Not Time », 6 minutes 27 de blues lent d’anthologie, que le trio joue d’ailleurs sur scène ces derniers temps. Car à 81 ans, Robin Trower est de nouveau reparti sillonner les Etats-Unis, avant une éventuelle visite en Europe. Quelle santé !