À première vue, le nom SANGHAM intrigue. Tiré du mot sanskrit qui désigne le point où plusieurs fleuves se rejoignent, le nom du groupe montre déjà sa volonté de faire converger les luttes ainsi que les influences. Venu tout droit de Marseille, le quartet formé de Cyril Lhuillier (guitare), Christelle Meunier (chant principal), Paul Gavoille (basse) et Antoine Balzé (batterie) sort aujourd’hui son deuxième album « The Radiant Crown ».
À travers « The Radiant Crown », transparaît l’engagement de SANGHAM pour une lutte contre les oppressions et les inégalités. Le groupe aborde la lutte éco-féministe contre le patriarcat ("Reclaim"), la souffrance ressentie par les animaux abattus pour notre alimentation ("Our Vain Pleasure") et l’utilisation abusive des ressources naturelles ("The Last Kings"), entre autres. Chaque chanson mêle des influences musicales qui traduisent la rage face à l’ordre établi et l’envie de construire de nouvelles relations, plus équilibrées, avec l’environnement et les autres formes de vie qui nous entourent. Car tout n’est pas sombre dans les chansons de SANGHAM : il suffit de se laisser porter par la mélodie finale du titre "Elevation" pour ressentir un espoir qui demeure intact.
Le style musical choisi ainsi que les textes marqués par une forte conscience écologique ne sont pas sans rappeler GOJIRA dont SANGHAM emprunte parfois les riffs et le scream, ou JINJER dont les mélodies sont régulièrement convoquées. Les riffs sont lourds, la colère se traduit par un chant saturé aux voix multiples, audible à l’écoute de la nouvelle version de "Reclaim" réalisée en collaboration avec dix femmes dont la contribution aux musiques extrêmes n’est plus à prouver mais les mélodies trouvent parfois un échappatoire dans une clarté harmonieuse qui allège, pendant quelques instants, les sujets lourds dont il est question. Les compositions se situent entre la rage du death metal, les mélodies du djent et les ornements du modern metal, le tout formant un ensemble qui incarne parfaitement l’idée de convergence portée par le nom de SANGHAM.
L’album peut se lire comme un recueil de nouvelles dans lequel chaque titre forme un avertissement contre une quête irraisonnable de l’humanité. À force de chercher à comprendre tout ce qui nous entoure, on finit par ressembler à un astronaute terrestre ("Terrestrial Astronaut") qui analyse tout sans être véritablement conscient de la beauté de ce qui l’entoure. Et tant qu’on n’accepte pas d’adopter une relation équilibrée avec la Terre, on ne peut pas s’élever jusqu’à cet idéal harmonieux ("Elevation").
« The Radiant Crown » témoigne à la fois de la montée des consciences écologiques et de l’envie de voir émerger de nouveaux styles, à la fois nourris des influences de groupes reconnus et marqués par une inventivité en bouillonnement. La musique de SANGHAM donne autant d’espoir qu’elle pousse à réfléchir au monde qui nous entoure et à celui que nous voulons.