ENTHEOS, quel est ce groupe ? Après enquête il s’agit d’un duo au chant avec des membres de tous horizons, certains de WHITECHAPEL même. « Empty On The Inside » est son quatrième album en 10 ans.
"Hell Is a Part Of Me" dégage de la puissance, une basse ronronnant comme un tigre avec une batterie forte en échos francs. Le chant est dual, façon metalcore, mais pas que, aux rugissements répond une voix cristalline, on peut penser parfois à LACUNA COIL. Toutefois les vagues de riffs qui se fracassent sur nos épaules évoquent plus un deathcore mélodique qui se serait associé à du JINJER. Déroutant tout en étant d'une saisissante beauté, ma grand-mère disait des choses qui la surprenaient « c’est moderne. » Alors je vais dire d'ENTHEOS que c’est résolument… moderne.
"Empty On The Inside" démarre sur un groove alternatif, nous sommes d’autant plus renversés par la charge qui suit. Breaks aériens suivis d’un déchaînement de violence, le mélange est savamment dosé. C’est comme si SLIPKNOT dansait avec SPIRITBOX. J’adore. "Hollow" nous offre un nouveau concept, celui du slow bourrin, avec des guitares mélancoliques suspendues au bout de lèvres rageuses. Bon, une fois lâchées les mêmes guitares se muent en un maelstrom mythique. "Call My Name" a une touche de metalcore pour puristes, avec une incroyable basse lise en avant, des guitares qui négocient de folles arabesques, et une harangue revancharde en diable. Une tuerie !
"Golden Crown" renoue avec la nuance, avec l’ambiguïté musicale et vocale, des riffs qui éclatent et un refrain obsédant. Une déstabilisation captivante qui rappelle "The Devil And I" des masqués de l’Iowa. Pulsations machinales sur "Undone", on se demande vers quoi ENTHEOS nous mène. Un dark metal, sobre et lancinant. Un douloureux diamant noir. "Tomblight" est crépusculaire, baigné d’un metal atmosphérique, dansant sur des riffs barbelés avec une voix bluesy, alors qu’autour la batterie s’écroule dans la lassitude.
"Pale Faith" ou le retour à une agressivité salvatrice ? En tout cas ENTHEOS lâche tout ce qu’il a. Des barrières sont brisées à grand coup d’un metal protéiforme. Et pourtant demeure une touche de grâce dans des instants suspendus. "Never Let Me Go" et sa guitare acoustique nous cueille pantelants, une parenthèse de douceur tout de velours, avant un "The Earth Will Move" définitif de progressivité. Comme un mixage des étapes précédentes. De la violence difficilement contenue et de la grâce aérienne. Captivant.
Voilà un groupe qui ne m’a pas laissé de marbre, avec ses aspérités de sculpture… moderne. Merci Mémé.