Le précédent album de NICKELBACK, « Get Rollin’ », sorti en 2022, n’a pas répondu aux attentes élevées du groupe canadien. Il a à peine atteint la 30e position du Billboard américain, soit le classement le plus faible depuis « The State », en 1998, alors que tous les disques publiés depuis avaient figuré dans le top 10 US.
Pas de quoi faire paniquer Chad Kroeger et ses copains, on peut voir venir quand on a vendu une cinquantaine de millions de disques dans sa carrière. Mais NICKELBACK s’est donné le temps de réfléchir et de préparer la contre-attaque. D’abord avec un enregistrement en public, « Live In Nashville » (2024), puis ce « Everything Under The Sun ».
La stratégie de la formation de l’Alberta ? Utiliser son point fort, la composition de mélodies aptes à passer à radio et qu’on retient rapidement, en les déclinant sous toutes les formes, de la pop au metal le plus burné.
Le morceau qui ouvre l’album, « Rattle The Cage » (avec Johnny 5, de MÖTLEY CRÜE, invité à la guitare), constitue ainsi sans doute l’un des titres les plus musclés jamais proposés par le groupe, et a toutes les chances d’ouvrir les prochains concerts. Son riff puissant arrache la garniture des enceintes et promet un joli headbanging.
« Bones For The Crows », la piste numéro 2, qui sert déjà depuis quelques temps d’illustration sonore au jeu vidéo « Dungeon Hunter 6 », relève, elle, du post-grunge, avec ses guitares toujours bien tranchantes.
Le propos devient ensuite plus pop, à l’image de « I Already Know » et ses chœurs perdus dans le lointain, de la ballade « If I Don’t Go » et ses paroles très noires, ou le plus glam « Simple Song ». Jusque là, rien de rédhibitoire, et « Technicolor Steamboat » apporte même une touche psyché bienvenue.
La limite nous semble quand même atteinte sur le dernier titre, « Last Night Was Fun », qui emprunte les codes de la pop moderne, particulièrement dans son intro, et dont on se serait volontiers passé, l’intro comme le reste.
Par contre, bravo pour les jolies power ballads « Make Me Love You » et « Leave Me Behind ». Ou pour ce qui ressemble à une jam sympathique, « Lift Somebody Up », où figurent rien moins que Sammy Hagar, Joe Bonamassa, Tommy Lee (MÖTLEY CRÜE), Charlie Benante (ANTHRAX), et deux membres de SHINEDOWN !
Bref, NICKELBACK parvient à livrer un album varié, mais pas dispersé, uni par la voix de Kroeger, des guitares toujours saturées, et un sens imparable du refrain. Pas le plus aventureux ni le plus « evil » de sa carrière, mais de quoi rassurer son public aussi bien que les comptables de sa maison de disques.