28 février 2016, 17:36

HAMMER FIGHT

"Profound And Profane"

Album : Profound and Profane

Il y a des fois comme ça où on a envie d'éclater son prochain comme un fruit trop mûr. Tiens, la voisine, par exemple, avec ses chats qui pissent partout. Comme une envie d'en choper un et de lui faire avaler de force. Vivant, bien sûr. Ou bien le facteur, histoire de lui faire passer son insupportable obséquiosité. Un petit low-kick des familles, et je te le finis par terre, à coups de directs dans la face. Sitôt qu'il sonne à ma porte. Et puis, cette petite pouffe, avec son rire de crécelle… Bon, j'arrête là. Faut dire aussi que je viens d'écouter « Profound And Profane » de HAMMER FIGHT. Vous ne connaissez pas ? Moi non plus. Jusqu'à ce matin, du moins. Et là, une irrépressible envie de bousiller les murs de ma baraque ! L'instinct du tueur, certainement. Il faut dire que HAMMER FIGHT, ça n'invite pas à la rêverie. Ah non, Madame ! Tenez, rien que le premier morceau. “Picking Up Change”. Une descente de toms implacable, des guitares bien grasses et un chanteur façon LG Petrov qui vient immédiatement vous gueuler à la face qu'il n'est pas là pour faire mumuse ! Capito ?

HAMMER FIGHT, c'est ça. Du death'n'roll qui sent bon la bière et la sueur. Le genre de truc que l'on n'avait plus entendu depuis « DCLXVI: To Ride Shoot Straight And Speak The Truth » d'ENTOMBED ! Dès lors, vous aurez compris que ce quatuor d'Atlantic City (New Jersey) n'est pas là pour révolutionner le metal. Il n'empêche que le groupe propose une musique rafraîchissante. Oui, vous avez bien lu. Rafraîchissante, et pas seulement parce que je trouve là une référence – facile, je l'avoue – au breuvage houblonné qui doit couler par hectolitres lors de ses répétitions ! Et si, à plusieurs reprises, on peut penser aux nombreux rejetons illégitimes de MOTÖRHEAD occupant leur créneau (VENOM, ENTOMBED, SODOM, voire IMPALED NAZARENE), la technique des musiciens, ainsi que les nombreuses trouvailles émaillant les morceaux de ce « Profound And Profane », sont là pour prouver que HAMMER FIGHT possède une vraie personnalité. Ainsi, les joutes guitaristiques de Todd Stern et Dan Higgins apportent une touche mélodique inattendue qui n'est pas sans rappeler THIN LIZZY... dans un genre autrement plus brutal, cela va sans dire !

Un parallèle que l'on pourrait également établir au vu de la diversité de la musique du combo US. Tour à tour groovy (“Picking Up Change”), hardcore (“Target Acquired”) ou carrément blues (la première partie du fabuleux “Low & Broken”), « Profound And Profane » recèle de véritables pépites au premier rang desquelles on citera “Into The Dark”, mid-tempo oppressant qui soulage l'auditeur par un beau break acoustique avant de mieux l'assommer par une rythmique aplatissante (au cas où certains n'auraient pas compris le pourquoi d'un tel patronyme !), “Good Times In Dark Ages”, sur laquelle le bassiste/chanteur Drew Murphy nous gratifie d'un solo digne du regretté Lemmy (“Lost In The Ozone” de la Tête de moteur n'est pas loin !) ou “Cell Mates”, dont l'intro et le final, aux mélodies imparables, ne sont pas sans évoquer METALLICA. Un côté METALLICA que l'on retrouve également dans la très belle instrumentale “The Crate”. Autre constante chez HAMMER FIGHT : les chœurs très virils, façon chants de supporters, qui renforcent l'aspect immédiat de titres dépassant rarement les 3 minutes au compteur ! Ecoutez le bien nommé “Gods Of Rock’n'Roll”, premier single en écoute sur HF, pour comprendre de quoi je parle.

Bref, voilà une belle surprise, brutale et accrocheuse, qui ravira ceux qui, comme moi, cherchaient un prétexte pour sortir le marteau de la trousse de bricolage. Un petit exutoire qui doit sortir le 25 mars prochain chez Napalm Records. Après tout, l'Homme ne naît pas forcément charogne, à condition de s'y prendre tôt… ou de lui faire écouter HAMMER FIGHT !...

Blogger : KillMunster
Au sujet de l'auteur
KillMunster
KillMunster est né avec le metal dans le sang. La légende raconte que quand Deep Purple s'est mis à rechercher un remplaçant à Ian Gillan, le groupe, impressionné par son premier cri, faillit l'embaucher. Avant finalement de se reporter sur David Coverdale, un poil plus expérimenté. Par la suite, il peaufina son éducation grâce à ses Brothers of Metal et, entre deux visionnages d'épisodes de la série "Goldorak", un héros très "métal" lui aussi, il s’époumona sur Motörhead, Lynyrd Skynyrd, Black Sabbath et de nombreux autres ténors des magiques années 70. Pour lui, les années 80 passèrent à la vitesse de l'éclair, et plus précisément de celui ornant la pochette d'un célèbre album de Metallica (une pierre angulaire du rock dur à ses yeux) avant d'arriver dans les années 90 et d'offrir ses esgourdes à de drôles de chevelus arrivant tout droit de Seattle. Nous voilà maintenant en 2016 (oui, le temps passe vite !), KillMunster, désormais heureux membre de Hard Force, livre ses impressions sur le plus grand portail metal de l'Hexagone. Aboutissement logique d'une passion longuement cultivée...
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2 commentaires

User
Crapulax
le 28 févr. 2016 à 21:50
C'est vrai que ça donne envie de se transformer en HULK juste parce qu'on n'arrive pas à faire ses lacets !!!
User
UncleFester
le 29 févr. 2016 à 09:31
ah la douceur et la joie de vivre du Metal, nous sommes de vraies fleurs bleues !
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