16 mars 2016, 13:59

SEEKERS OF THE TRUTH

All the truth and....Nothing but the truth - Interview

Blogger 2857
par alexisnico@hotmail.com


En marge de la sortie toute récente de leur dernier album en date paru chez Useless Pride Records, « Oldskull Revenge », nous avons échangé quelques mots avec le groupe lyonnais SEEKERS OF THE TRUTH qui attend de pied ferme les prochaines dates de concerts afin de défendre comme il se doit cet opus plein de fraicheur et de vitalité, bien éloigné de ce que le titre du disque sous forme de boutade peut laisser penser. Rencontre avec Xavier, chanteur aussi sympathique que bienveillant d'un groupe de hardcore hexagonal qui est très loin d'avoir dit son dernier mot.


Comment allez-vous depuis tout ce temps ? On est content de vous voir revenir sur le devant de la scène avec ce nouveau disque « Oldskull Revenge ».
On ne va pas mal, merci ! On est content nous aussi de revenir avec un nouvel opus. Les dates commencent à tomber, ça fait plaisir. On est très satisfait du nouvel album « Oldskull Revenge » sur lequel les compositions sont puissantes, direct in your face , sans fioritures inutiles donc, et on y a fait des duos assez plaisants. (sourire)

Vous étiez, dans votre 1ère vie avant le petit break que vous vous êtes accordé, une formation ne comprenant qu’une guitare. Lors de votre retour aux affaires en 2007 et la sortie du EP « Tinman », vous êtes passés à cinq en recrutant 2 guitaristes. Etait-ce par nécessité ou bien aviez-vous envie d’explorer et de vous ouvrir d’autres perspectives qui s’avéraient peut-être plus délicates avec un seul six-cordiste ?
Effectivement, on avait une approche un peu différente avant cela avec Cyril, notre ancien guitariste. Quand on a remonté SEEKERS OF THE TRUTH, Sylvain (batterie) avait envie de deux guitares pour donner plus de volume à l'ensemble et pour explorer aussi un jeu de guitare différent, nos deux gratteux ne jouant pas pareil dans leur coup de poignet et dans leur son. J’ajoute que les deux guitares permettent d'enrichir les riffs et les relances, et du coup les compos gagnent en dynamique.

Je parlais à l’instant de votre 1ère vie car un break de plusieurs années s’est imposé. Pouvez-vous brièvement revenir sur ce qui a poussé à  cette pause ? De plus, a-t-elle été bénéfique pour l’élaboration de nouveau titre lors de votre reformation ? Vous a-t-elle apporté de nouvelles idées, de nouveaux sons, de nouvelles envies qui peut-être vous freinaient par le passé ou  une nouvelle façon de travailler ?
On s'est arrêté fin janvier 1998 car j'allais bouger de Paris. De plus, j'allais être papa et on a donc décidé de mettre fin à l'histoire, les autres aussi ayant par ailleurs différents projets. Il faut également se remettre dans le contexte de l'époque : il n'y avait pas cette explosion d'Internet, des emails permettant  des envois et partages de fichiers en mp3,… Aussi, répéter à distance était vraiment difficile et nécessitait de gros moyens financiers que nous n’avions pas. A l’heure d’aujourd’hui, c’est bien-sûr totalement différent. Preuve en est que j'habite en-dessous de Carcassonne, Sylvain vers Annecy et les autres sont sur Lyon. Avec la magie d'internet, tout devient possible, ce qui n’était pas le cas au moment du split de 1998. En 2005, lors d'un concert à Toulouse, un pote, fan de notre musique, m’a proposé de remonter l'affaire pour quelques concerts avec Cyril à la gratte, descendu vivre sur Toulouse entretemps, un copain à lui à la basse et lui-même à la batterie. On discute alors et on se met vite d'accord sur une direction à prendre. Il ne s'agissait pas de composer des nouveaux  titres. On souhaitait juste se faire plaisir en jouant les anciens morceaux. C’est alors que l'info a commencé à tourner sur Internet, ce qui a motivé Sylvain à m'appeler  pour me dire qu'il voulait en être. J'étais super content de retrouver la formation de base et du coup on a rediscuté de l’avenir et il a vite été question de faire des nouvelles compos. L’idée n’a pas motivé Cyril qui a préféré se retirer. Sylvain a donc assuré la guitare et la batterie alors que notre vieux copain  Dim de PRIMAL  AGE a pris la basse. On a bossé les morceaux avec Sylvain en quelques jours, début 2006 et on a enregistré sur Toulouse quelques mois après ce qui deviendra le EP « Tinman ». Je précise qu’on n'avait jamais répété ensemble quand on a enregistré. Tout s’est passé au feeling. tout bien considéré, cette pause nous a permis de prendre du recul sur le parcours du groupe avant le split et nous a permis de mûrir et de grandir. Elle nous a par ailleurs donné  quelques leçons de vie qui nous ont renforcé. C'est sûr qu'au niveau créativité, le fait d’avoir deux grattes permet d’avoir plus de liberté, ce qui a forcément joué sur nos compos. En outre, une gratte en plus signifie un membre supplémentaire, à fortiori un avis et une créativité accrue.
 

"Notre musique est aussi et surtout l'expression de ce qu'on aime, de ce qu'on entend donc forcément" - Xavier (SEEKERS OF THE TRUTH)



Venons-en à ce nouvel album, « Oldskull Revenge », tout frais sorti chez Useless Pride Records, label toulousain très actif de la scène hexagonale. Comment en êtes-vous arrivés  à collaborer avec ce label ? Dans quelles circonstances cela s’est-il passé ?
Simplement, comme dans tout démarchage, par l'envoi d'un lien vers notre nouvelle mouture. On avait planché au préalable sur la couv’, le layout, les couleurs,…Donc quand on a reçu la réponse positive de Useless Pride Records, tout s'est rapidement mis en place. Olivier et sa bande du label ont fait un super boulot pour sortir le cd et les t-shirts dans des délais méga-courts, ce qui n’était pas si simple. Originellement, on voulait sortir une version cd et une version vinyle différente comprenant  un morceau inédit. C'est d'ailleurs revenu à l'ordre du jour récemment et donc en pourparlers avec UPR.

Outre un jeu de mot dont votre aimable serviteur est extrêmement friand, vous sentez-vous si vieux que çà ? Car à l’écoute du disque, vous n’avez rien à envier aux jeunes formations, bien au contraire…
Vieux, je ne dirais pas cela ; ancien certainement. Mais nous avons toujours la pêche et l'envie d'en découdre sur scène. Je dirais qu'avec l'expérience et la maturité, j'ai un regard différent sur la scène et le monde en général.

Vous balayez une nouvelle fois un large éventail des styles qui constituent le hardcore avec des titres très rapides, d’autres plus mid-tempo sans oublier les breaks destructeurs et autres mosh-parts propres au style. Néanmoins, on perçoit de-ci de-là quelques touches métalliques au travers d’harmoniques bien senties et d’une approche plus développée concernant les guitares, le tout en gardant votre intégrité et votre patte d’un titre à l’autre. Question  simple : comment faites-vous ?
Je pense que la rapide lassitude de Sylvain à jouer ses propres compos y est pour beaucoup ! (sourire)  Je plaisante à moitié car j'ai souvent dit que lorsqu'il compose, on devrait enregistrer tout de suite et sortir le morceau sur support, comme ça plus possible d'y retoucher et de revenir dessus !! (sourire)  Notre musique est aussi et surtout l'expression de ce qu'on aime, de ce qu'on entend donc forcément il y a des choses diverses et variées. Pour cet album, Sylvain n'a pas été le seul à composer,  Franco le bassiste et Clem le gratteux ont également apporté tout un tas d’idées de compositions et de riffs. Donc il y a une patte différente tout en respectant  l'identité qui est propre au groupe.
 

Sont-ce mes oreilles ou bien tu sembles particulièrement déchainé sur ce nouvel effort ?
Disons, pour faire simple, qu’il y a moins de morceaux sur ce nouveau disque que sur le précédent, j’ai eu d’avantage de temps afin de me consacrer à leur interprétation. Par ailleurs, j'ai aussi essayé, et j’insiste bien sur ce verbe,  d'écrire différemment en faisant plus court, plus concis. Sylvain m'a également apporté un paquet d'idées sur les lignes de chant. Je pense que cela s’en ressent à l’écoute du disque

Vos lyrics ont toujours été empreints d’un vrai fond positif à mille lieues des égo-trip ou des « represent » inhérents souvent au style. L’introspection, la réflexion ou la recherche du bien-être personnel y sont très présents. Qu’en est-il de ces sujets sur « Oldskull Revenge » ?
C'est toujours dans la même veine. Je suis un vieux de la vieille ! J'ai aimé l'attitude punk, qui consiste à dénoncer ce qui ne va pas bien, de même que  celle du hardcore qui est de proposer autre chose à travers notamment un changement d'attitude personnelle face à la société. Cela ne  fait pas de bruit mais je pense qu'un changement de conscience et de regard sur le monde qui nous entoure aide à faire changer autour de soi. Je crois fermement en la prise de responsabilité de chacun par opposition au côté victime du monde actuel, en le respect d'autrui et en des valeurs comme l'intégrité. D'où le morceau « Integrity » sur  l'album d'ailleurs.

Comment s’est passé la collaboration avec Mick Kassapian et Nicolas Declève, sachant que c’est vous-même qui avez produit votre nouveau-né ?
C'était top ! Ce sont deux personnes d'accès facile et chacun a fait son boulot comme il se doit. Ils ont donné le meilleur d'eux-mêmes pour un résultat très satisfaisant. Mick a enregistré là où on répète habituellement à Lyon et Nico était super content de travailler avec nous, étant fan du groupe, donc il a joint l'utile à l'agréable (sourire)

Vous évoluez dans un style typé old school à l’image de groupes tels YOUTH OF TODAY , GORILLA BISCUITS, SICK OF IT ALL ou STRIFE, donc assez loin du hardcore au son ultra métallisé qui se pratique beaucoup de nos jours. Vous sentez-vous en quelconque décalage par rapport à cette mode, vous qui  les avez traversées et qui êtes toujours là quand d’autres ont purement et simplement disparus des écrans radars ? Votre regard sur la scène actuelle ?
Je ne dirais pas qu'on est en décalage par rapport aux sonorités metal car on évolue dans ce qu'on aime et nos goûts vont aussi vers des groupes différents de ce qu'on joue. Il y a de la place pour tout le monde et on retrouve des gens présents dans les différentes scènes. On en a une preuve flagrante avec Olivier d'Useless Pride Records, qui joue dans ALEA JACTA EST et qui pourtant nous a signés (sourire satisfait).
 

"Des rêves on en a tous... Sortir le vinyl du dernier album en est un, par exemple" - Xavier (SEEKERS OF THE TRUTH)



Après 25 ans à jouer et à tourner avec les plus grands noms du genre, pensez-vous que l’état d’esprit qui vous animait à vos débuts est toujours similaire aujourd’hui ou bien a-t-il évolué ? En bien ou en mal d’ailleurs….
La pêche et la niaque sont toujours là mais l'état d'esprit a forcément évolué car on a pris de la bouteille. Nous avons fait des choix qui nous mettent  face à des obligations que n'ont pas encore les plus jeunes comme la vie de famille, les enfants, le boulot. Mais on se sent toujours jeune dans notre coeur.

Avez-vous une anecdote savoureuse ou mignonne au sujet d’un show ou d’un événement particulier, drôle ou non, qui vous tient véritablement à cœur ?
On a ouvert pour les SPUDMONSTERS en juin 2012. Pendant notre set, une bouteille d'eau est tombée et s'est renversé aux pieds de notre bassiste, rendant le sol glissant. Quelques secondes plus tard, en plein milieu de notre concert donc, un mec a bondit sur la scène, armé d'un balai-serpillère, et s’est mis à nettoyer le sol nickel chrome. Le mec n’était autre que Don Foose, chanteur des SPUDMONSTERS. (sourire)

Quel groupe, hardcore ou non,  t’a littéralement scotché récemment sur disque ou sur scène ?
Le groupe GHOST à Toulouse en novembre dernier m’a bluffé. Je me suis même tâté pour aller le revoir dans la foulée à Clermont-Ferrand. Et je dirais aussi YOUTH OF TODAY  en mai 2011, toujours à Toulouse.

Avez-vous encore des rêves que vous souhaiteriez voir accomplis ?
Bien sûr, des rêves on en a tous. On en a eu et c'est pour ça qu'on est encore là car on en a réalisé une bonne partie au niveau du groupe et on compte bien continuer sur cette lancée… Sortir le vinyl du dernier album en est un, par exemple.

Outre ces rêves que nous espérons voir devenir réalité, que peut-on vous souhaiter pour la suite ?
Plein de concerts et de réussite pour l’avenir.

 

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