« Big John s'enfonçait au ralenti dans les grands marécages de la Louisiane sur son vieil hydroglisseur rongé par la rouille, la moiteur insupportable de l'été lui collant à la chemise et les moustiques lui dévorant le visage en une perpétuelle danse démentielle. Il aurait aimé se retrouver une bière à la main devant un ventilateur loin de toute cette fange, loin des alligators qui plongeaient dans les eaux boueuses sur son passage, loin des corps de sa femme et de son amant enlacés dans des cartons humides posés devant lui en un puzzle macabre... ».
Cette histoire sordide n'est pas un extrait du prochain roman de Stephen King : c'est moi qui joue avec les Playmobil de mon fils. Ben quoi ? Il n'y a pas 36 façons de se mettre dans l'ambiance sludge metal de la Nouvelle-Orléans ! C'est ça ou écouter en boucle le dernier SOURVEIN (notoirement composé par d'anciens membres de BUZZOV•EN, parmi les précurseurs du mouvement)… Je préfère encore jouer aux Playmo !!! Ah non merci, pas question de tendre l'oreille à leur quatrième album ou à l'un de leur 8 splits LP qui perpétuent le sombre héritage de BLACK SABBATH (le riff lourdingue du terrible "Avian Dawn" très inspiré par "N.I.B."). Car ce très liquide « Aquatic Occult » sent le redneck à plein nez, les générations de consanguinité dopées aux méthamphétamines et à l'alcool de contrebande (l'enivrant "Aquanaut").
Impossible de sortir indemne après pareille écoute avec ce son poisseux digne d'un film d'horreur de série B (la fabuleuse basse hypnotique de "Bermuda Sundown" ou l'intro de "Tempest Of Desire"), rien que d'entendre trois notes de l'acoustique "Cape Fearian", je claque du fessier. Et je me fous que le batteur de CORROSION OF CONFORMITY ou que Randy Blythe de LAMB OF GOD soient expressément venus jouer sur l'album ! Non désolé, pas de chronique du dernier SOURVEIN, ça ne va pas être possible. Trop dur !
Le plus triste dans tout ça quand on y pense, c'est que vous ne saurez jamais la fin de mon histoire de Playmobil...