1 février 2017, 22:21

BLACK STAR RIDERS

Interview Damon Johnson

C'est dans un très bel hôtel parisien que nous avons rencontré Damon Johnson, guitariste, compositeur et cofondateur de BLACK STAR RIDERS, l’extension analytique artistique de THIN LIZZY, pour la promo du troisième album du groupe intitulé « Heavy Fire ». 


Quelle est la signification du titre de votre nouveau disque ? 
C'était une idée de Ricky Warwick, guitariste/chanteur du groupe. Nous avons su très tôt que « Heavy Fire » serait le titre de cet album. Les deux mots associés sont très forts, comme la chanson. « Heavy Fire » (NDJ : tirs nourris ou le feu de la critique), c'est la vision conceptualisée du monde où nous vivons. Plein de choses arrivent : des bonnes et des mauvaises. 

Ce titre sonne très rock ’n' roll dans ses mots, non ?
Oui, c'est vrai. C'est une forme de trilogie : « All Hell Breaks Loose », « Killer Instinct » et maintenant « Heavy Fire ».

Vous avez fait une campagne Pledge pour initier cet album. Peux-tu nous donner ton point de vue sur ce principe auquel recourent de plus en plus les artistes ? 
Je dois me référer à Ricky pour ça. Il a fait deux albums solo via Pledge. Cela touche différemment les fans et ils adorent ça, toutes ces choses proposées directement par les artistes. Ce sont des bonus que tu ne peux pas trouver sur Internet ou sur les stands de merchandising. Les fans peuvent désirer ces choses, alors avec Pledge, nous les mettons à leur portée. Les fans sont présents et nous soutiennent, nous leur devons bien ça.

Qui s'est chargé de la pochette de l'album ?
C'est un gars nommé Paul Tipi. Il s'était occupé des deux précédents albums aussi. Il s'agissait plus de dessins auparavant, mais sur « Heavy Fire », cela part d'une photo d'une personne qui soulève des haltères, concept auquel Paul a réfléchi.
 

Comment est né « Heavy Fire »?
Pour la troisième fois consécutive, Ricky et moi avons composé la majorité des titres. Mr. Gorham a apporté deux ou trois bons riffs, comme à son habitude. Jimmy DeGrasso (batterie) et Robbie Crane (basse) se sont également impliqués. Ce dernier a apporté deux super idées qui ont été retenues. C'est une première pour lui et il est crédité pour cela. Le gros du truc, c'est Ricky et moi. J'ai envie de te parler de Ricky. Il est incroyable, talentueux, créatif et prolifique. Nous sommes un duo complémentaire. Il trouve certains mots, une progression d'accords, un riff. J'écoute, je me l'approprie, je complète. Tout va vite. Nous travaillons par email, ensemble. Cette fois-ci, il est venu chez moi trois ou quatre jours à Nashville dans le Tennessee. Nous sommes aussi allés en Californie chez notre manager, il allait bosser, nous laissait sa maison. C'était cool, ambiance café et guitares acoustiques. 

Scott Gorham passe à ce moment-là nous saluer.

Quelles sont, pour toi, les différences entre « Heavy Fire » et le précédent album ?
Ma première réflexion, c'est que notre nouvel album est beaucoup plus un bloc solide en termes de travail de compositions, du début à la fin. Je suis fier des deux précédents disques, bien sûr, mais celui-ci est définitivement plus fort.

Un titre, un mot ?
Allons-y !

"Dancing With The Wrong Girl".
Un mot, c'est dur ! (Rires) (Il réfléchit) : Harmonie, il y en a plein avec les guitares.

"Who Rides TheTiger".
Puissance.

"Cold War Love".
Différent.

"True Blue Kid".
Riff. (rires)

C'est le tien ?
Non, celui de Scott et je l'adore ! Cela me rappelle …

...THIN LIZZY ?
Non, plutôt Pat Travers, tu sais ce fameux album live avec Tommy Aldrige à la batterie. C'est l'un de mes préférés.

"Ticket To Rise".
Les filles qui font les chœurs ! Elles ont fait un super boulot. 

Ça sonne très classic rock...
Complètement, c'est un de mes riffs. Scott l'a adoré, Ricky a mis sa patte sur les textes.

"Letting Go Of Me".
Un mot ? Ricky. Il a écrit cette chanson du début à la fin. Il y a une histoire derrière ce titre. Notre producteur insistait pour que l'on enregistre une nouvelle chanson. Ricky disait : « Non, c'est bon. On a 20 chansons » et Nick rétorquait : « Non, il en faut une autre ! ». Ricky a fini par venir avec un nouveau titre après une soirée et nous avons finalisé l'album.
 

« On se lève tôt le matin, on bosse à fond, on ne compte pas les heures de boulot. » – Damon Johnson



"When The Night Comes In" a été la première lyric-video. Explique-nous ce choix.
Nous aimons le tempo, la simplicité de la chanson, ses trois accords. Pour moi, il y a du Joe Strummer de THE CLASH dans l'interprétation énergique de Ricky. Il y a de la matière pour que les fans chantent ce titre. Nous savions dès le début qu'elle devrait fonctionner.

On le retrouvera à vos prochains concerts ?
Absolument ! J'ai même envie de te dire qu'elle sera dans toutes nos set-lists (rires).

Quelle est ta relation avec Ricky Warwick ?
Il est comme un frère pour moi. Nous avons plein de points communs. Il peut me faire flipper aussi ! Nous avons tous les deux grandi dans une ferme, nous sommes issus de classe moyenne. Nous sommes nés en juillet, Cancer comme signe astrologique. Notre éthique professionnelle est la même. On se lève tôt le matin, on bosse à fond, on ne compte pas les heures de boulot.

Vous êtes comme des jumeaux ?
Oui, exactement ! Tu sais, j'ai eu la chance de jouer avec un certain nombre de musiciens prestigieux mais Ricky m'inspire. Je me sens plus musicien et artiste, avec lui, qu'il y a plusieurs années. 

Une question classique ? Ton meilleur souvenir de THIN LIZZY.
J'en ai deux en fait : les avoir vus live quand j'avais 15 ans en Alabama où je vivais. Je les connaissais peu, j'écoutais "The Boys Are Back In Town" qui passait à la radio. Le concert m'a fasciné. Phil (Lynott, le chanteur/bassiste) et les autres faisaient le show. Il y a eu aussi le jour où Scott m'a appelé au téléphone pour me demander de venir jouer de la guitare avec lui. Je n'y ai pas cru !

Et un autre, plus personnel ?
(Il réfléchit)
C'est quand j'ai rencontré ma femme. J'étais dans mon groupe, BROTHER CANE. Nous étions à Detroit et nous sommes allés voir un match de hockey. C'était un soir off. Un des meilleurs joueurs de Detroit était fan du groupe. Il nous a filé des tickets pour voir le match. Nous sommes allé boire des verres et il m'a présenté son amie, Linda. Et voilà ! Aujourd'hui, c'est notre quatorzième anniversaire de mariage. Voilà mon meilleur souvenir de carrière, mon ami ! 

Quelle est la dernière chanson que tu as écoutée ? 
C'est une chanson que j'ai écrite pour un nouvel ami. Elle s'appelle "Hurricane". C'est pour Caleb Johnson, aucun lien de parenté avec moi ! Il a gagné le gros show TV "American Idol", il y a deux ans. Nous avons des amis en commun, nous écrivons des chansons rock.

Et la meilleure, à ton sens, que tu aies écrite depuis le début de ta carrière ?
(sans hésiter une seconde) “Testify Say Goodbye”, sur notre dernier album.

Que ressens-tu en l'écoutant ?
De la joie, une énergie positive. Le titre est soul avec des influences Motown et cette touche heavy à la THIN LIZZY et BLACK STAR RIDERS.
 

« BLACK STAR RIDERS possède une approche moderne. Il n'y a plus ces questions de connexion avec le passé. » –  Damon Johnson


C’est le moment du “Questionnaire sur la vie” maintenant. Whisky ou bière ?

Whisky.

Hamburger ou Fish'n'chips ?
Il y a cinq ans, j'aurais dit hamburger mais maintenant, c'est poisson (rires).

Tabac ou marijuana ?
Marijuana.

Football ou basket ball ?
Football.

TV ou cinéma ?
Cinéma.

Livres papier ou e-books (livres numériques) ?
Papier.

Fender ou Les Paul ?
(enjoué) Les Paul, baby ! 

Porno à la TV ou sur Internet ?
Cyberporn (rires) !

Thunder ou lightning ?
Thunder.

Los Angeles ou NewYork ?
Difficile ! Los Angeles.

Quels sont les projets après cette sortie d'album ?
Il y aura une tournée au Royaume-Uni en mars d'abord, puis nous serons en France et en Europe par la suite, c'est certain. En tout cas, nous devons revenir pour nos fans frenchies.

Que t'inspire la France lorsque tu y viens comme aujourd'hui ?
J'adore votre pays. J'y suis venu au milieu des années 1990 avec Alice Cooper. J'aime les Parisien(ne)s, votre nourriture, l'architecture. J'ai hâte de revenir jouer chez vous avec BLACK STAR RIDERS. 

D'autres projets artistiques ?
Oui, un projet solo. Je sors mon premier EP solo. Nick, qui s’est occupé de « Heavy Fire », l'a produit. C'est mon premier travail solo même si je l'ai déjà fait un peu avec BROTHER CANE. J'écris de nouveaux titres. L'EP sera disponible uniquement sur mon site Internet. J'espère que mes amis de Nuclear Blast, notre maison de disques, m'aideront pour mon album solo.

Comment décrirais-tu BLACK STAR RIDERS aujourd'hui ?
BLACK STAR RIDERS possède une approche moderne. Il n'y a plus toutes ces questions de connexions avec le passé. Nous sommes à fond et impatients à l'idée d'avancer artistiquement. Scott Gorham, par exemple, adore ce qu'il a accompli dans le passé, mais aime plus que tout désormais jouer ces nouvelles chansons. Il aime composer, jouer de nouveaux riffs. Nous sommes heureux de l'évolution de BLACK STAR RIDERS.


Blogger : Laurent Karila
Au sujet de l'auteur
Laurent Karila
Psychiatre spécialisé dans les addictions, ayant lui-même une addiction positive au metal depuis 1984. Auteur d'ouvrages spécialisés en médecine des addictions et d'ouvrages grand public ("On ne pense qu'à ça", "Une histoire de poudre", "ACCRO!" aux éditions Flammarion). Auteur des textes des albums de SATAN JOKERS ("AddictionS", "Psychiatric" et "Sex Opera") et d'autres groupes... Organisateur de Metal Diner chez son ami Olivier Andreani ("Le Cosi", Paris 5). Une nouvelle passion liée à l'écriture : chroniquer des albums avec une touche psycho-metalrock - Enjoy it, Children of Metal. Interviewer des artistes est aussi un plaisir (le face à face est mon activité quotidienne).
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