« Kult of Nuke », deuxième album du clan Bayonnais de CAN OF WORMS, est à mon sens ce qui s'est fait de mieux en matière de thrash français en cette auguste année 2015. Inspiré, puissant et précis, je n'en attendais rien et l'effet de surprise n'en a été que décuplé... mes esgourdes encaissant dans la foulée un "assaut nucléaire" en bonne et due forme. Logique après tout au vu du titre et des thématiques apocalyptiques que le groupe abordait. Oui, ce cocktail irrésistible de fougue, de hargne mêlé à la technicité du quatuor, enfilant comme des perles solos de folie et mélodies vengeresses, m'a laissé sur le postérieur ! Boum ! Ajoutez au tableau un artwork superbe signé Giannis Nakos (THE CROWN et INHUMATE entre autres) et voilà un must que je recommande (toujours) sans la moindre hésitation aux fans de thrash à la mode teutonne, burné und über-mélodique ! Et aux autres aussi, tiens, le bon goût n'a pas de limites.
Vous imaginez donc qu'à l'annonce de l'arrivée du troisième album de nos terreurs sudistes, mon sang n'a fait qu'un tour ! « Nuclear Thrasher » allait me propulser au septième ciel, pour sûr. Mais à la vue de la pochette simpliste et sans chichi, pour rester poli, le doute m'a assailli, si, si. Et, à peine trente minutes plus tard, la première impression confirmait ce doute que j'n'ai pas vu en moi s'immiscer. Alors, oui, la production est ici a-to-mi-que ! Un vrai mur du son qui contraste avec la production plus artisanale, moins massive mais terriblement addictive de « Kult of Nuke ». Oui, le groupe a durci le propos : ça bastonne à tout va, c'est beaucoup plus carré et rentre-dedans, en fait tout cela fleure bon le death/thrash des familles. Mais les écoutes défilent et le constat tombe, sans appel, CAN OF WORMS a bien changé de crèmerie. Il a troqué ses mélodies bourrées de feeling contre de gros muscles saillants, ses solos hallucinants contre une section rythmique qui défouraille à tout va, son petit coeur vaillant contre un gros pack de créatine. Pas sûr qu'il y gagne au change.
J'ai du mal à cacher ma déception sur la nouvelle direction qu'a emprunté le groupe. CAN OF WORMS ravira pour sûr les amateurs de thrash/death bien méchant et rentre-dedans mais laissera sur le côté ceux et celles qui raffolaient de son exubérance contagieuse, cette irrésistible patate qui se retrouve aujourd'hui coincée au fond du presse-purée.