A l’instar du célèbre Lapin blanc d’Alice au pays des Merveilles, dont je ne peux m’empêcher de reprendre le crédo du bout des lèvres à la vue du stock de mp3 tout frais qui n'attendent que ma bénédiction, j’ai toujours la désagréable impression de courir après le temps. Chaque mois, un paquet de bons disques émergent de l'underground aux quatre coins du globe et entre les Bandcamp, Youtube et autres Soundcloud, il n'est pas toujours évident d'être au bon endroit au bon moment pour découvrir la pépite qui fera frémir les metalleux-orpailleurs de tout bord ! La bonne nouvelle dans l’histoire, c’est que je peux parfois bénéficier d’une session de rattrapage comme cela est le cas avec ce premier essai des Canadiens ENDLESS CHAOS, auto-bien-produit de main de maître ! Car les bougres savent y faire quand il s'agit de lâcher un death metal brutal, certes, mais qui ne rechigne pas à lorgner sur ses copains thrash maniaque et heavy burné quand l'occasion se présente, le tout ciselé avec une technicité et un raffinement tout bonnement époustouflants.
La preuve en moins de quatre minutes montre en main avec ce monumental titre d'ouverture, "From Beyond", qui rentre dans le vif du sujet avec la délicatesse d'un CRS coursant le zadiste égaré : du brutal de chez brutal qui va filer sont lot de sueurs froides aux amateurs de riffs carnassiers et de solos de la mort. Tendez la truffe et reniflez ce metal juteux, truculent, qui fait des ravages sur "Viper" ou "Jackal", synthèses puissantes et judicieuses d'un thrash méga-furax gorgé de leads qui croisent le fer avec un death moderne et couillu en diable. Pas de doute sur la qualité : ça latte dur et dans tous les coins avec une prédisposition pour le panzer-riffing et le matraquage de manches, ici érigé comme la véritable marque de fabrique d'une section rythmique remontée comme un coucou. Les huit morceaux passent crème, rien à redire : ça joue, fort, vite et bien de la première à la dernière note, notre quintet de Winnipeg surclasse la concurrence en trente minutes chrono... on est bien hein Tintin ?
Ajoutez à cette petite merveille une production musclée, nerveuse et percutante, qui donne de plus toute sa place à la basse, et un artwork somptueux que n'aurait pas renié ce bon vieux Dan Seagrave et vous tenez entre vos mimines fébriles l'album de thrash/death ultime à ne manquer sous aucun prétexte en ce début d'année 2018. N’attendez pas une nanoseconde de plus et rendez vous immédiatement sur le Bandcamp d'ENDLESS CHAOS pour découvrir cette petite merveille de technicité, bourrée de feeling, illustrant à merveille un travail méticuleux et passionné.