Oui, je dois le reconnaître, j’ai un faible pour Martin Van Drunen. Et plus particulièrement pour son organe vocal capable d’asséner des envolées purulentes d’une laideur qui régale les connaisseurs les plus exigeants depuis plus de trois décennies. Son timbre, profond et écorché tout en restant intelligible, reste à ce titre unique et inégalable. Un délicieux Werthers vocal qui a débroussaillé les cages à miel sur un paquet d’albums de compét', que ce soit pour ASPHYX, COMECON et PESTILENCE ou, plus récemment, chez HAIL OF BULLETS et GRAND SUPREME BLOOD COURT. Inutile de vous dire que j’apprécie donc à sa juste valeur la prestation de Chris Monroy, accessoirement growler chez nos affreux du jour, qui s’adonne avec un certain mimétisme au raclage de gosier comme le pratique Martin. Mais ce n’est pas tout, le travail phénoménal abattu par Adrian Obregon aux guitares renvoie directement à ces ambiances magiques que les DEATH, PESTILENCE ou GORGUTS troussaient avec grâce sur leurs premiers méfaits. SKELETAL REMAINS affiche donc la couleur sans s’en cacher dans sa quête de remise au goût du jour d’un death metal typique de la fin 80 / début 90. Ne cherchez pas la moindre originalité sur cet album, il n’y en a pas et c’est complètement assumé !
Entre la pochette de toute beauté, réalisée avec soin par un Dan Seagrave toujours aussi inspiré, plus de trente ans après ses premières esquisses sur le mythique « Altars of Madness » de MORBID ANGEL et la production crystalline signée Dan Swano, vous savez où vous mettez les pieds ! Oui et en plein dedans : old school jusqu’au bout des orteils, le death metal des Californiens transpire l’hommage et l’héritage. Celui d’une scène qu’il n’a pas connu mais dont il ressuscite les vieux démons avec une approche massive, oscillant entre juteux mid-tempo et embardées thrash savoureuses, qui le rapprocherait dans l'exécution de la vieille garde Néerlandaise, PESTILENCE, ASPHYX et GOREFEST en tête de la shopping list. « Devouring Mortality » est à ce titre parfaitement homogène et le rythme tourne à plein régime jusqu’au final dodu "Internal Detestation", bourré de mélodies à l’ancienne et que l’on sent prêtes à exploser sur quelques derniers riffs ébouriffants. Boum !
Encore une fois, SKELETAL REMAINS n’a pas pour ambition de réinventer la roue avec cet album très classique dans le fond mais l’énergie qu’il déploie tout au long de ces onze morceaux le rend séduisant. Pas de faute de goût à signaler ici, notamment sur cette production musclée qui sert à merveilles les intentions d’une section rythmique aux abois, voilà une copie propre et sans bavures qui va en donner pour leurs deniers aux amateurs de death metal à l’ancienne, puissant et technique. J'en suis.