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PARKWAY DRIVE • "Reverence"

par Christophe Scottez
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May
10
2018

Septembre 2015. Une vague Australienne de metal, un rouleau de colère jouissive déferle sur le monde. PARKWAY DRIVE, après avoir été l’un des grands noms du metal tout core, devenait l’un des grands noms du metal tout court. Je vous renvoie à l’excellente chronique du chef joggeur Chris Droit qui soulignait avec justesse qu’il serait ardu pour son successeur de nous surprendre autant. Après « Ire » même le groupe avait peur d’écrire à nouveau, tant la barre fut placée haute (je vous conseille l’excellente interview de Talia So).

Printemps 2018, voilà que déboule « Reverence ». Houlà, étrange titre, cela sentirait-il le baroud d’honneur ? Le groupe compte disparaître des scènes ? Inquiet, je chope ma planche de surf, j’enfile ma plus belle chemise à fleurs (my wife approved !) et je file à Byron Bay (j’avoue, j’aurais pu écouter le CD dans mon salon, mais je ne vais pas rater une occasion d’aller surfer avec les kangourous, non ?).

Vous aimez les riffs secs, la rythmique tribale les voix rauques qui slament tout en gagnant en ampleur et des guitares aiguisées à vous en trancher les esgourdes ? Moi aussi. Nous sommes servis. C’est un accouchement d’une telle douleur que ça en devient beau. Une ode crépusculaire qui se pointe dans le premier titre, "Wishing Wells". Ca me file la chair de poule. PARKWAY DRIVE est bien dans la place, en grande forme. Winston McCall dépasse tout ce que j’ai pu entendre en termes d’expérience vocale extrême, c’est d’une brutalité aride. Le propos en dit long sur cet exorcisme par la violence (vous avez eu une journée pourrie ? Faites comme Winston, défoulez-vous avec votre plus bel organe) :

« And if I see his face in town, there’s room for two down underground
Nothing’s gonna stop me ‘til I’m done
Until I’m done
Because tonight I’m killing god 
»

Ca commence donc très bien. Du savage core. Comme il est impossible de poursuivre sans reprendre son souffle, c’est très judicieusement que suit "Prey", un hit un poil plus policé, qui prend le temps de placer les breaks usuels qu’affectionnent les sauvageons metalleux d’aujourd’hui. Les riffs de Luke "Pig" Kilpatrick (ravageurs) et les soli de Jeff Ling (de toute beauté) sont immédiatement mémorisés. Comme nous sommes dans les titres conçus pour l’exhibition live n’oublions pas "Absolute Power" où Winston, qui malgré son prénom, s’enfile un paquet de gauloises afin d’assurer à nouveau un phrasé d’outre-tombe. Niveau rythmique c’est implacable. Un fracassage de nuque assuré, à la façon de Corey l’ami des petits kinés !

« Libera nos Libera nos
Deliver us from the blackest of mass
Libera nos Libera nos
Deliver us justice for the lost »

Attention OVNI : "Cemetary Bloom" et "I Hope You Rot". Nouvelle direction musicale sur ces titres gothiques et neo power symphonique, qui se drapent de Te Deum et nous servent un (excellent) bouillon de violoncelles. PARKWAY DRIVE nous a habitués depuis « Ire » à user des meilleures influences de ces 40 dernières années. « Reverence » s’impose en référence. Les vieux haters pourront clamer avec dédain que c’est une succession de titres décousus. Nous dégustons pour preuve un "Shadow Boxing" aux allures progressives et atmosphériques, ponctuels de scream neo metal (du neo death melocore ?). Les haters plus jeunes crieront à la trahison quant à l’esprit metalcore. Les haters ? Nous les balancerons dans "The Void", nous les laisserons se faire du mauvais sang alors que nous nous délecterons de "In Blood", nous nous envolerons sur "Chronos" et ses riffs rampants de neo classicisme. Rien ne nous arrêtera à l’écoute de cette bombe qu’est « Reverence ». Rien hormis des douleurs dans la nuque.

Cette fois encore PARKWAY DRIVE ne se retrouve pas dans une impasse.

« I am forever
I am eternal
And nothing stands against me
You answer to me »

Vous êtes encore là à fixer les motifs de ma chemise ? Vous n’avez pas compris que nous sommes en présence d’un des grands groupes de metal du moment ? Allez, fonçons ensemble nous déchaîner dans les vagues humaines que créé l’ouragan PARKWAY DRIVE.

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