Parmi la horde de soiffards qui tentent de ressusciter avec plus ou moins de réussite le saint esprit du death suédois du début des années 90, DIRTYPROTEST mérite un coup d’œil plus qu’appuyé. Pas que notre duo de mercenaires franco-irlandais soit plus vilain que ses petits camarades de promo mais parce qu’il réussit le pari d’accoucher d’une des meilleures galettes du genre…sans avoir accouché du moindre sursaut discographique auparavant. Pourtant formé en 2006 par le Remy Bricka irlandais Alan Hurley, sa plus que décennie de feuille blanche vient de se noircir brutalement avec ce « Hellstorm » pas piqué des vers, tête la première dans le caveau familial.
Pour sûr, la formule du death canal historique qu’il propose n’a pas changé d’un ongle endeuillé : un groove à décoller le bassin et une production coulante comme un bon vieux claquos. Un bestiau mal rasé, revanchard qui s’annonce sous les meilleurs auspices : où l'on se délecte de ce son moulé avec ferveur, de cet artwork qui suinte par tous les pores la guerre et le chaos ainsi que de cette envie d’en découdre palpable dès les premiers accords d'un "Empire Of Death" qui laisse entrevoir une furie malodorante et débridée ! Oui, on connaît déjà le scénario, à une ou deux répliques près, mais la recette régale toujours petits et grands avec gourmandise !
Et c’est parti comme ça pour trente-cinq minutes d’un bastonnage auditif dont personne ne sortira indemne : ça tronçonne avec amour, ça gicle dans chaque recoin, ça pue la mort et on redemande. Les quelques touches plus mélodiques, tirant sur un black musclé, font leur petit effet et ce n’est pas ce "Unholy Blitzkrieg" et "Moonlight Of The Long Knives" qui viendront me contredire. Tout comme ce "Hellstorm", maousse costo, qui aère le tout comme il se doit en fin de parcours. Certes, le duo ne fait pas dans la dentelle excepté sur quelques embardées citées plus haut, mais cela confère à son oeuvre une déflagration aux allures d’ondes de choc, un côté implacable proprement jouissif. En parlant de déflagration, je vous ai parlé de la production…monstrueuse ? Non. Alors voilà qui est fait alors.
Ceux et celles en quête de testostérone en barres savent désormais ce qui leur reste à faire. Et vite…