29 octobre 2018, 12:43

BLACK BOMB A

• Interview Poun

Poun, l’un des chanteurs de BLACK BOMB A, est venu nous parler de leur dernier album, éponyme celui-ci, un rouleau compresseur musical qui s’inscrit parfaitement dans la scène musicale française actuelle, et des projets qui en découlent. Let the riot begin
 

BLACK BOMB A en 2018, c’est quoi ?
C’est fort, c’est dur, ce n’est pas phallique non plus (rires). C’est un line-up qui tient depuis le précédent album, « Comfortable Hate » (2015). C’est super. Tu sais, en 20-25 années d’existence, c’est toujours compliqué de garder la même formation. C’est plutôt cool. Il y a une bonne entente, une bonne cohésion entre nous. C’est dans cet esprit que nous avons fait cet album.

Vous êtes une famille ?
Pas au sens strict du terme. On différencie les choses mais c’est comme une seconde famille.

C’est quoi le processus de création d’une chanson de BLACK BOMB A ?
Il y a plusieurs façons de faire. On commence à savoir comment s'y prendre maintenant. Par exemple, Sam le guitariste amène en amont des riffs. Après, soit on fait des montages avec des logiciels spécifiques, on amène une partie du morceau en répétition, soit ça peut partir d’une jam aussi. Il y a eu des morceaux comme ça sur le dernier album. Un riff est parti et en 2 heures, le morceau était fait. Il y a d’autres chansons, à l’inverse, qui ont trainé quelques semaines.

C’est quoi l’histoire de ce nouvel album ?
Ça a commencé il y a deux ans. On avait composé des morceaux qui ne nous correspondaient pas du tout. On n’était pas tous dedans, on ne savait pas vraiment où l'on voulait aller. On savait que l’on voulait faire un nouvel album. On voulait faire quelque chose de différent. On a donc fait 4-5 morceaux et on les a tous mis à la poubelle.

Vous ne les avez pas du tout utilisés ?
Pas du tout. On a tourné la page. On a discuté ensemble et il y a un morceau qui a débloqué la situation. Je crois que c’était "Bulletproof" ou un autre, je ne sais plus. Quoi qu’il en soit, ça a débloqué les choses. On a repris confiance en nous. On a composé des morceaux rapidement, d’autre plus lentement. On voulait être cash. Les répétitions construisent les choses.

Vous êtes tous en région parisienne ?
Non, il n’y a que moi ! Sam est dans l’Aisne. Le reste du groupe est dans le nord de la France. On se donne rencard là-bas. Tout notre matos est là-bas aussi. On s’enferme pendant une semaine.

Justement, un célèbre Lillois dénommé Stéphane Buriez a participé à l’album ?
Complètement, il a enregistré les guitares et le chant. Francis Caste a enregistré la basse et la batterie et s’est chargé du mixage et du mastering. Les choses se sont un peu télescopées. On a commencé par la basse et la batterie la première semaine et on est partis faire le chant et les guitares. En fait, dès qu’un morceau était fini à Paris, on enregistrait les voix et les guitares dans le nord et ainsi de suite !

Pourquoi n’y a-t-il pas de titre à cet album ?
On en a cherché un. On n’en a pas trouvé. En fallait-il un au final ? On n’était pas sûrs. Ça aurait pu être « Riot ». Les morceaux parlent d’eux-mêmes. C’est du BLACK BOMB A.

"Riot" (émeute en anglais) c’est un mot clé chez vous ?
C’est le nom de la tournée. C’est notre mentalité en ce moment aussi !

Vous êtes révoltés ?
(Rires)
Oui, un peu. Même si quand tu prends de la bouteille, tu t’assagis des fois. C’est vrai que tu n’as plus 16 ans pour gueuler : « Anarchie ! ». C’est quand même hallucinant tout ce qui se passe autour de toi. T’essaies de dire des trucs plus réfléchis mais au bout du compte, cela donne quoi d’intellectualiser toutes ces choses-là ? Faut taper du poing sur la table et dire les choses comme elles le sont !
 

"Le système n’est pas forcément de notre côté, même si on a des avantages sociaux. Ce n’est pas pour autant qu’il faut baisser les bras !"



© Mathieu Ezan


"Wake Up" a été le premier titre dévoilé. Il est très court. Tu nous en parles ?
Ce morceau, comme je le disais, fait partie de ceux qui ont été composés en 2-3 heures. Il est cash, rentre-dedans. Il est sans concessions. On a suivi au niveau des paroles avec quelque chose d’intense et de revendicateur. La vidéo est dans le même esprit.

On se fait un échantillon “track by track” en 1 ou 2 mots ? Laisse libre tes associations de pensées !
(Il réfléchit)
. Putain, c’est dur. On ne me l’a jamais fait !

"Arrogance" ?
Du dégoût.

"Civil War" ?
Le futur.

"Bulletproof" ?
Intouchable.

"My Last Resort".
Pauvre Terre ! Ce morceau, on le joue en live

"Greed" ?
Joker, je ne trouve pas.

"Brainwashed" ?
Putain de médias.

Comment faites-vous pour l’écriture des textes à deux chanteurs ?
Sur cet album, chacun a écrit des parties. Sur le précédent, chacun écrivait une chanson. On a fait différemment cette fois-ci. Chacun pouvait poser ses textes, ses mots. Ça évite de faire chanter à l’autre des trucs qui ne lui collent pas forcément. C’est plus facile au niveau mémorisation des textes aussi. Même si, avec Arno, on se connaît depuis 20 ans, on est proches mais on peut avoir différentes façons de penser.

"Kill Yourself", c’est une chanson de prévention contre le suicide ?
Non, c’est plus un gros “Fuck” à certaines personnes !

Crois-tu, qu’en 2018, “Fight The System” (combattre le système en français, un des titres de l’album) est important ?
Oui, plus que jamais ! Le système n’est pas forcément de notre côté, même si on a des avantages sociaux. Ce n’est pas pour autant qu’il faut baisser les bras. Après, regarde, on essaie de plus en plus de nous priver de certains droits. Regarde aussi ce qui se passe autour de toi. Quand tu vois des gens haut placés politiquement qui s’en sortent toujours haut la main et toi, tu ne paies pas tes impôts, tu te fais défoncer. Je pense que beaucoup de monde sera d’accord avec moi. Je n’ai pas la science infuse. Tout le monde sait ce que je pense et ce que je dis.

La tournée a déjà commencé. Comment se passe-t-elle ?
Elle se passe super bien ! On a déjà fait pas mal de dates sold-out ! Ça s'annonce bien. On est rentrés au top 77 avec le nouvel album. C’est mieux que le précédent album, déjà. Ça reste des chiffres mais c’est important. On est à peu près à la moitié de la tournée. On se repose 3-4 jours, on enchaîne 3 jours là. Ca va être comme ça jusqu’au 15 décembre. Il y a de dates qui commencent à être bookées pour l’année prochaine. Ce sera en tête d’affiche, dans des festivals, peut être avec TAGADA JONES. On travaille sur des dates à l’étranger. Il y a sûrement des choses qui vont se faire.

"Sex, drugs and rock’n'roll", ça t’évoque quoi ?
Euh… Pas mal d’années de ma vie (rires). J’ai un peu vieilli maintenant. C’est plus calme. C’est plutôt rock'n'roll (rires). Des drogues, un petit peu !

Pas de sexe ?
Qu’avec ma femme !

Tu es marié ?
Non, mais c’est comme si !

Comment trouves-tu toute cette énergie pour les concerts après toutes ces années ?
C’est comme une thérapie la scène, un peu quand même. Il y a des choses en moi qui, si je ne les lâche pas sur scène, seraient sûrement reportées sur autre chose. C’est un truc qui bouillit en moi. Créer des morceaux, être sur scène, imaginer les gens dans la fosse, c’est une soupape. Je fais une projection sur le public quand je les vois avec une banane comme ça (il mime le sourire). L’énergie du pit me fait kiffer.

Si tu n’avais pas été musicien, tu aurais fait quoi ?
Je ne sais pas. Je faisais de la gymnastique quand j’étais petit et j'ai fait des championnats de France. La musique, c’est toute ma vie

C’est quoi ton addiction positive ?
La scène. Ça me soulage.

As-tu une anecdote de carrière à nous raconter ?
Il y a quelques années, on se rendait à un festival pour y jouer. Tu te fais le trajet, plusieurs heures de route. Le truc normal, quoi. Tu arrives, tu sors du camion, tu es crevé. Tu vas au catering manger deux-trois trucs. Là, tu as un mec qui vient nous parler : « Possible de prendre une photo ?». T’as la gueule dans le cul après ce trajet, on lui répond : « Ouais, bien sûr ». Là, Sam me dit : « Je crois que c’est le batteur de THE EXPLOITED ». Et là, c’est un truc de ouf. Tu te demandes s’il ne s’est pas trompé. On est fans de ce groupe. On a joué avec eux et on a lié une amitié.

Le test rapide décadence (l’usage de substances et d’alcool est dangereux pour la santé) : Es-tu OK ?
Oui.

Punk ou hardcore ?
Hardcore.

Cannabis ou tabac ?
Je peux dire aucun. J’ai arrêté de fumer.

Félicitations !
Je dirais cannabis quand même pour l’idéologie des choses. Je préférerai fumer du cannabis pur que du tabac. Mais j’ai arrêté.

METALLICA ou IRON MAIDEN ?
METALLICA.

MEGADETH ou AC/DC ?
Des fois AC/DC, des fois MEGADETH.

Facebook ou Twitter ?
Aucun des 2.

Besoin de rien ou envie de tout ?
Envie de tout (rires).

Impulsif ou compulsif ?
Impulsif.

Insomnie ou hypersomnie (excès de sommeil) ?
Aucun des deux.

Jeux vidéo sur PS ou sur PC ?
Je ne suis pas "jeux vidéo".


Photos © SYL / Hard Force

Blogger : Laurent Karila
Au sujet de l'auteur
Laurent Karila
Psychiatre spécialisé dans les addictions, ayant lui-même une addiction positive au metal depuis 1984. Auteur d'ouvrages spécialisés en médecine des addictions et d'ouvrages grand public ("On ne pense qu'à ça", "Une histoire de poudre", "ACCRO!" aux éditions Flammarion). Auteur des textes des albums de SATAN JOKERS ("AddictionS", "Psychiatric" et "Sex Opera") et d'autres groupes... Organisateur de Metal Diner chez son ami Olivier Andreani ("Le Cosi", Paris 5). Une nouvelle passion liée à l'écriture : chroniquer des albums avec une touche psycho-metalrock - Enjoy it, Children of Metal. Interviewer des artistes est aussi un plaisir (le face à face est mon activité quotidienne).
Ses autres publications

1 commentaire

User : Exxaa
Exxaa
le 05 nov. 2018 à 18:51
Sympa l'interview ;)
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