19 juin 2021, 18:13

HELLOWEEN

Interview Andi Deris


Après une tournée mondiale "Pumpkins United" pleine de succès, les 7 mercenaires du groupe HELLOWEEN ont décidé de poursuivre leur carrière ensemble en entrant en studio pour enregistrer un nouvel album éponyme et à la pochette synthétisant l’ensemble de leur carrière. Le résutat va en étonner plus d’un ! Malgré l’épidémie et le report des concerts, le groupe est prêt à envahir les salles et les festivals du monde entier. Nous avons passé un excellent moment avec le chanteur Andi Deris qui nous raconte tout depuis son salon à Tenerife...
 

Avant de commencer, peux-tu nous dire comment est la situation sanitaire à Tenerife ? 
Ecoute, tout est plutôt calme. Même si les gens sont masqués dans la rue, tu peux aller au restaurant en intérieur, en extérieur. Tout revient un peu à la normale. C’est plutôt agréable.

Pourquoi avez-vous choisi un titre éponyme pour ce nouvel album d’HELLOWEEN ?
C’était une idée de Markus Grosskopf, notre bassiste. Nous sommes maintenant 7 dans le groupe. Le Pumpkin United. Nous voulions présenter ce nouvel album avec juste le nom du groupe, pas avec un titre comme sur les anciens albums. C’est comme si c’était un nouveau départ et j’espère que nous allons le démontrer. (rires)

Comment le groupe a décidé d’écrire ce nouvel album ?
Une fois que la tournée mondiale s’est achevée et que tout le monde a réalisé que tout était OK. Nous nous sommes dit que nous n’allions pas que survivre ensemble 3 heures sur scène mais peut être jour après jour en studio, sans se bagarrer. C’est comme ça que tout a commencé ! Tout le monde était sur la même longueur d’ondes et s’est dit que c’était le bon moment pour écrire un nouvel album. Personnellement, je commençais à mettre de côté des idées musicales depuis le début de la tournée. Je cherche tout le temps des idées de riffs, de mélodies. Je joue un peu de guitare et je stocke des trucs. Quand arrive le moment de composer, je vais chercher les éléments dans mes archives. Il y a des choses qui ne sonnent pas très bien et d’autres plutôt bien. Et hop, j’écris et je soumets aux autres !

Tu enregistres comment tes idées ?
Avec un ordinateur qui me permet aussi d’échanger avec toi ! Où que j’aille, quoi que je fasse, je l’ai toujours avec moi en quelque sorte. J’ai une petite interface pour enregistrer une guitare. Pour les mélodies de chant, j’essaie de les retenir et je les enregistre dès que je peux avec le micro du Mac, tout simplement !

Comment était l’ambiance durant la tournée mondiale ? C’était une sorte de nouveau départ, non ?
Oui, tu peux le dire ainsi. Nous avons toujours été 5 dans le groupe. C’est un peu comme un mariage (rires). Passer à 7 a été comment dire ?... Rafraichissant ! Des nouvelles personnes, même si nous nous connaissions déjà, de nouveaux échanges, une nouvelle équipe. Tous les 5, nous nous connaissons sur le bout des doigts. Tu as Kai Hansen et Michael Kiske au sein de l'équipe et c’est vraiment intéressant, crois-moi. Nous avons appris à nous connaitre tous les 7 et à être une unité. Personnellement, je finissais par passer du temps uniquement avec Michael Kiske. Bien sûr, ceux qui voulaient se joindre à nous étaient les bienvenus. La majeure partie du temps, nous étions tous les deux, les rois du café (rires) !
 


Est-ce uniquement des nouvelles compositions sur cet album ?
Pratiquement tous les titres correspondent à du nouveau matériel. Je sais que Michael Weikath, notre guitariste, écrivait de nouvelles choses. Le refrain de "Down In the Dumps" par exemple, date d'il y a trois ans, je pense. "Skyfall" de Kai est une chanson originale. "Indestructible" de Markus a été écrite pour l’album. La majorité de mes chansons c'est du tout neuf sauf le refrain de"Mass Pollution". C’est une très vieille idée que je traine depuis un moment. Je n’ai jamais réussi à l’inclure à des couplets ou à l’aide d’un riff. Je ne peux pas t’expliquer pourquoi ce refrain était dans mon esprit sans pouvoir en faire quelque chose. Tout s’est débloqué lors de l’écriture de l’album. Je me suis dit : « Ok, on va en faire quelque chose... » et je me suis creusé la tête ! Heureusement, j’ai trouvé ce riff (il le chante en faisant du air-guitar). J’étais trop content d’avoir trouvé un truc. J’étais comme un gosse qui reçoit un cadeau (rires). Sasha a écrit de nouvelles choses aussi... 

Est-ce qu'il y a des titres bonus inédits prévus sur certaines éditions ?
Oui, il y en a deux ou trois. Un titre que j'ai écrit qui s'appelle "Save My Hide". Il y a une chanson de Markus aussi dont je ne me souviens plus le titre et une de Sasha aussi.



Selon toi, quelle chanson est la meilleure de la carrière d’HELLOWEEN ?
De celles que j’ai écrites ? C’est une question vicieuse ! Tu me demandes de choisir quel enfant je préfère (rires). Du nouvel album ou des anciens ?

Disons les deux alors...
Pour le nouvel album, probablement parce que j’ai beaucoup travaillé dessus : "Fear Of The Fallen". Pour toute la carrière du groupe... "Fear Of The Fallen" ? (rires). Il réfléchit... C’est trop dur... Je vais te dire "Perfect Gentleman", c’est la chanson la plus fun que j’ai pu produire et écrire. Nous avons vraiment passé un super moment à l’enregistrer. La vidéo était stupide. Nous étions mort de rire en permanence. Un super moment.
 


​Comment avez-vous fait le choix du premier single « Skyfall » ?
Kai était supposé écrire un titre long. Beaucoup de gens, comme tu peux l’imaginer, sont déçus qu’il n’y ait qu’un seul titre de Hansen. J’ai évoqué le fait que cette longue chanson équivalait à 3 chansons et que c’est beaucoup plus difficile d’écrire une très longue chanson qu’une de 3 ou 4 minutes. Kai a fait un travail remarquable et c’était la chanson qu’il fallait pour ce nouvel album. Pourquoi, je te dis ça ? Parce que dans un monde parfait, ce serait le titre à la vibration "Keepers..." avec le « Hello, Michael Kiske est de retour ». C’est bien pour les nouveaux fans mais aussi pour les anciens car on a l’impression qu’elle est écrite pour eux. Ils pourront se dire, ça y est, ils sont de retour et ça sonne à l’ancienne avec du moderne ! Sincèrement, nous voulons le retour de l’ancienne génération. Ils ont joué un rôle important pour le groupe. Nous faisons actuellement de gros concerts et si les anciens fans sont de retour, nous pourrons faire de bien plus gros concerts encore. Ce serait un truc incroyable. Avec le retour de Michael Kiske, les fans n’ont plus besoin que de ma voix uniquement, ils la connaissent depuis plus de 20 ans. Ils se diront : « Ok, Andi, on connait ta voix ». Avoir Michael en plus, ça optimise les choses.

Michael Kiske, avec qui tu as étroitement travaillé, n’a rien composé pour cet album. Sais-tu pourquoi ?
Cette fois-ci, non ! Mais il a promis que la prochaine fois, il rassemblerait toutes les idées qu’il a accumulées. C’est un super auteur, qui écrit avec une guitare. Il pensait que ce qu’il avait en stock ne nous intéresserait pas. Je lui ai dit le contraire. Il a ces idées de rythmes, de double grosse caisse à la batterie ou d'autres choses encore... Il m’a dit qu’il serait opérationnel la prochaine fois. Sinon, j’ai plein d’idées (rires). Nous verrons bien !

Comment  vous-êtes-vous réparti les lignes de chant sur cet album ?
Tout s’est fait très naturellement. Nous nous sommes partagé le travail. Habituellement, je fais attention aux mots, à la reprise d’air pour chanter. J’ai en tête comment cela va se dérouler. Là, Michael chantait avec moi. Plus besoin d’envisager certaines choses. Et vice/versa. Nous avons fait aussi attention en fonction de nos techniques vocales respectives. Nous voulions pouvoir reproduire ce que nous chanterions sur scène. Franchement, à deux chanteurs, c’est plus simple en studio et en live. L’un écoute l’autre et le complète si besoin. Le processus est simple.

Tu as certaines influences qui viennent de KISS dans cet album. On retrouve aussi du JUDAS PRIEST et du QUEEN par moment...
Je suis entièrement d’accord avec toi (rires). Toutes ces idoles ! Pour ma part, c’est KISS et un peu de JUDAS PRIEST. QUEEN, j’apprécie mais cela vient plutôt de Michael ou Sasha. C’est vrai, ces artistes sont nos influences et représentent là d’où on vient...
 


Qu’as-tu fait durant la pandémie et les confinements ?
L’épidémie nous a touchés lorsque nous étions en train de terminer l’album. En mai, il me semble. Il y a eu un confinement après ça. Nous étions déjà confinés en étant en studio ici. Après, Michael est retourné en Allemagne. Tout était devenu irréel pour nous lorsque nous sortions du studio. Tu voulais aller au restaurant, au bar, mais tout était fermé. Nous ne savions pas trop ce qui se passait. C’était irréel. Nous étions dans notre propre monde, enfermés en studio. Cependant, nous avons dû nous adapter. Charlie Bauerfeind, notre producteur et moi-même devions aller à New York pour le mixage. Les Etats-Unis avaient fermé les frontières. Nous avons dû trouver une solution et heureusement, tout a fonctionné avec les gars dans le studio à New York et nous ici à Tenerife grâce à une connexion internet ultra-rapide. La technique est folle maintenant. C’est comme si tu étais le producteur et tu voyais l’ensemble des pistes, que tu pouvais contrôler à distance les choses à New York et que nous pouvions faire de la même manière ici là tout de suite (notre entretien est en visio). On s’envoyait les informations à une vitesse hallucinante. C’était incroyable cette gestion des données à distance.

C’est quoi l'avenir pour HELLOWEEN ?
Dans un monde parfait, comme un peu maintenant sans les confinements (rires), 2 ou 3 tournées mondiales, je pense. Tous les 7. Sortir aussi de nouvelles choses occasionnellement. Nous sommes une vraie équipe sans différends. Je dirais que nous sommes un super nouveau groupe !

Un nouveau groupe ?
Oui, complètement. Ce serait idéal que cela reste ainsi ! Surtout que tout le monde est suffisamment mûr pour réaliser ce qu’il a. Nous ne sommes plus comme avant, dans les conflits d’égo. C’est du passé. Tout le monde sait que chacun est un élément de l’entité. Ce n’est ni toi seul, ni moi seul. Et ça, je l’apprécie grandement et sincèrement !
 


Tu as une ou deux anecdotes amusante de ta carrière à nous raconter ?
Oui... J’étais sur scène, à fond, avec la "rock-star attitude" en disant au public « Give me a yeah ! » (il agite son poing en l’air, comme sur scène). D’un coup, le micro glisse de ma main. Impossible de le retrouver. Je l‘aperçois 3 mètres en dessous de la scène, impossible de faire quoi que ce soit... Ca dure quelques secondes et je me demande ce que je vais faire ? Je continue à lever le poing en l’air sans micro. C’était vraiment embarrassant, tu peux me croire ! J’aurai voulu disparaitre à ce moment-là ! (rires). Je ne sais toujours pas comment ce micro a disparu.... Une autre anecdote embarrassante c'était au Wacken Open Air en 2017 je crois... On commençait avec le titre "Are You Metal ?". Au moment même où la batterie démarre, tout saute au niveau électrique. Puis tout revient... intro à nouveau, batterie et boum ! Tout saute. Ca l’a fait trois fois. C’était l’horreur. Tout ce monde qui était là, en plus. Heureusement, le concert a été cool, mais nous étions tendus au début, car nous ne pouvions rien faire ! Trois fois ! (rires). La quatrième était la bonne.

Tu es un grand fan de KISS. Je t’ai préparé un petit questionnaire. OK ?
Avec plaisir...

Un mot pour définir Gene Simmons...
Langue 

Paul Stanley 
Etoile

Ace Frehley 
Triste

Peter Criss 
Triste aussi

Ta chanson préférée ?
"I Stole Your Love"

Vous avez fait une reprise du titre d’ailleurs, il y a quelques temps ?
Oui, c’est ma préférée. Je l’adore. Elle est toujours dans ma playlist ! J’aime aussi "Detroit Rock City", "Love Gun" mais "I Stole Your Love" est définitivement la meilleure.

Ton album préféré ?
Certains diront que ce n’est pas vraiment un album, mais pour moi c’est « Double Platinum ». Il combine tout ce qu’il y a de meilleur en KISS. Il y a « Destroyer » aussi. Tu ne vas pas le croire, mais j’aime beaucoup « The Elder ». KISS est associé à mes 15-16 ans et toute cette période de ma vie, toutes ces émotions, toutes ces découvertes. C’était « Destroyer » qui était un peu cette bande-son de vie. Il y avait du JUDAS PRIEST aussi.

Ta pochette préférée ?
« Hotter Than Hell ». J’aime ces trucs anciens. A l’époque, je me disais : c'est quoi ces trucs japonais, chinois ? C’est cool. J’aime l’univers de KISS.

Quelle autre chanson de KISS aimerais-tu reprendre avec HELLOWEEN ?
"Love Gun" avec un son moderne

J’aime bien terminer avec cette question... Quelle est ton addiction positive ? 
Ecrire des chansons (rires). Non, attends, il y a aussi ça (il me montre un cigare). Non, ce n’est pas vaiment positif (rires), du moins pour ceux qui m’entourent. (rires)
 

Blogger : Laurent Karila
Au sujet de l'auteur
Laurent Karila
Psychiatre spécialisé dans les addictions, ayant lui-même une addiction positive au metal depuis 1984. Auteur d'ouvrages spécialisés en médecine des addictions et d'ouvrages grand public ("On ne pense qu'à ça", "Une histoire de poudre", "ACCRO!" aux éditions Flammarion). Auteur des textes des albums de SATAN JOKERS ("AddictionS", "Psychiatric" et "Sex Opera") et d'autres groupes... Organisateur de Metal Diner chez son ami Olivier Andreani ("Le Cosi", Paris 5). Une nouvelle passion liée à l'écriture : chroniquer des albums avec une touche psycho-metalrock - Enjoy it, Children of Metal. Interviewer des artistes est aussi un plaisir (le face à face est mon activité quotidienne).
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