1 avril 2022, 23:59

LE GROS 4

@ Strasbourg (Zénith Europe)


1er avril. Pas une blague, non une bonne nouvelle. C’est la reprise des concerts après deux ans d’annulations, restrictions et reports en pagaille. Loués soient les dieux du metal ! Telle la célébration d’une liberté retrouvée, 4 des plus grands groupes de la scène metal francophone se réunissent au Zénith Europe de Strasbourg pour une soirée. La tournée du GROS 4. Devant 3 000 personnes vont se succéder NO ONE IS INNOCENT, TAGADA JONES, ULTRA VOMIT et MASS HYSTERIA. Une affiche alléchante pour un public rassemblé dans une ambiance de bonne humeur étalée du merchandising jusqu’au toilettes. On chantonne, on rit, on plaisante. Et pourtant dehors, ça caille...

NO ONE IS INNOCENT ouvre le bal. Kemar et ses compagnons déboulent et vont bondir pendant une heure. Ils vont défendre pendant le set leur dernier album tout frais. "Forces Du Désordre", "Doberman" ou "Polit Blitzkrieg", le Zénith résonne d’un rock bien hard, sans concession. Le public est au rendez-vous, avec moshpit, cris et applaudissements généreux. Et il y a les classiques. "Nomenklatura", l’un de mes morceaux préférés, "Chile" l’engagé où le metal fusion se déverse sur nos épaules agitées, ou bien "Silenci" qui voit le chanteur lâcher sa rage contre la machine. Il y a le cri pour la liberté dans "Charlie". Moment fort est l’arrivée du mythique "La Peau" où les gars de TAGADA JONES viennent apporter leur "core" au "chœur" du groupe de leur jeunesse. L’expérience se réitérera lors du final explosif de "What The Fuck". Un premier round chargé en décibels, une réussite.


C’est autour des infatigables TAGADA JONES. Ce sont mes chouchous, avec les tubes punk-hardcore fédérateurs, et ils ne vont pas nous décevoir ce soir. Priorité aux extraits du dernier album. "A Feu et à Sang", "Nous Avons la Rage" ou encore "Le Dernier Baril" ouvrent ce bal des "Gens Ragés". Niko, toujours électrisé tel un Gavroche punk, balance avec ses potes son metal hardcore pour notre plus grand bonheur. C’est l’ovation, avec des moments de bravoure, les célèbres extraits de l’album précédent, "Vendredi 13" et "Je Suis Démocratie", hommages forts aux drames qui ont terrorisé l’Hexagone en 2015. Les « La la, la la la » chers au groupe et à nos cœurs résonnent dans un Zénith aussi chaud que le cul de Lucifer. Dans le set sont glissés les classiques "Cargo" et "Zéro de Conduite", c’est à chaque fois l’ovation. Le final ? Il était attendu avec impatience et déjà fredonné sur les morceaux précédents... TAGADA JONES envoie son hymne "Mort Aux Cons", et tous chantent à l’unisson, jusqu’à bien après le départ des musiciens. Grand concert, grand moment fait "De Rires & De Larmes" (de bonheur).


3e concert. Les populaires ULTRA VOMIT envoient un best of de leurs exactions musicales. E-scatologie toujours à l’honneur, "E-Tron" ou "Pipi vs Caca" pour un wall of... chiasse. Rien n’est sérieux, tout est permis, mais musicalement c’est toujours bien emballé, comme sur le mythique "Calojira". Ça joue et ça rit fort. Et nous ne manquons pas d’invités surprises, Niko de TAGADA JONES  vient pousser le refrain sur "Un Chien Géant". Pour "Jésus"... et bien le divin enfant vient en personne et en chaise roulante faire son show, nous sommes tous pliés en "croix" !  Il y a la minute Manard pour une reprise de Mylène Farmer très "désenchanteresse", c’est un festival de bonne humeur. Moment magique, un nouveau titre composé pour le frontman de MASS HYSTERIA, "Mouss 2 Mass", qui voit Mouss venir chanter avec Fetus, leur duo révélant toute la complicité qui s’est installée dans cette tournée du GROS 4. Kemar de NO ONE IS INNOCENT et Niko Jones l’avaient glissé plus tôt lors des entretiens pour METALXS, il y a réellement une fraternité et une volonté de partage qui ressort de l’événement. Et ce partage est également la communion avec nous, public. Le set s’achève sur les incontournables "Kammthaar" et "Evier Metal". C’était ULTRA VOMIT et c'était énormément fun.


Pour terminer la soirée place "aux Patrons", comme dit Christian Ballard notre estimé confrère en parlant de MASS HYSTERIA. "Reprendre mes Esprits" enflamme les planches avec les riffs lourds et rapides de Yann le "Term-riff-ator", appuyés par ceux de Frédéric. Raphaël le "Métronome" fracasse ce qui reste de la scène. Mouss déborde comme à son habitude d’énergie, "Positif à Bloc" reste le message de ce héraut des temps metal. Jamie s’impose avec sa basse et ses refrains "hard-cœur". Cela s’annonce furieux au-delà de toutes nos attentes après 2 ans de morosité. Les deux derniers albums sont les plus représentés, "Vae Soli !", "Notre Complot" ou "Nerf de Bœuf", les guitares fusionnent, flirtent avec le thrash le plus puissant, Yann est un (Kerry) "King" du riff. Mouss fou de joie encourage chacun à faire le fou à son tour, mais pas le con. Fidèle a ses habitudes, nous le croisons dans le pit, entre deux walls-of-death. Philosophie du bien-être extériorisé. Respect dans la "Furia". Hommage fort au refrain repris par les corps émus, "L’Enfer des Dieux" est joué pour tous les "Chiens de la Casse". Sur cette scène, la musique metal aura livré des "Arômes Complexes", facile à dire vous me direz, mais ce fut réellement le cas, c’était "Plus que du Metal", nous avons communié dans une "Furia" de plaisir électrique. Quel bonheur, 3 000 bienheureux exultent, les membres des autres groupes viennent partager sur scène cet instant de plaisir final.

00:00. C’est terminé. Les Cendrillon version 2022 que nous sommes regagnent en boitillant leur carrosse. LE GROS 4 ? Une excellente initiative et réussite. Le partage dans la musique était au rendez-vous. On remise les Doc Martens et nos T-shirts préférés. Demain, reprise d’une activité normale, oui, mais avec des souvenirs plein les yeux... et des oreilles bien retournées !


Photos © Christian Ballard - Portfolio complet.

Blogger : Christophe Scottez
Au sujet de l'auteur
Christophe Scottez
Chris est ethnologue à ses heures perdues, vétéran des pogo joyeux en maillots de core. Un explorateur curieux, grand amateur de riffs et de chants sauvages. Il a grandi dans les glorieuses années 80, bercé par les morceaux canoniques d’ACCEPT, SCORPIONS, MOTLEY CRUE et autres GUNS N ROSES. Traumatisé par le divorce entre Max Cavalera et son groupe, ainsi que par un album des Mets un peu «chargé» en n’importe quoi, Chris a tourné 10 ans le dos au hard rock. Puis, un jour, il a par hasard découvert qu’une multitude de nouveaux groupes avait envahi la scène … ces nouveaux sauvages offraient des sons intéressants, chargés en énergie. Désireux de partager l’émo-tion de ce style de metal sans la prétention à s’ériger en gardien d’un quelconque dogme, il aime à parler de styles de metal dit classiques, mais aussi de metalcore et de néo-metal. Des styles souvent décriés pour leurs looks de minets, alors que l’importance d’un album est d’abord le plaisir sonore que l’on peut en tirer, la différence est la richesse du goût. Mais surtout, peut-on se moquer de rebelles coquets alors que les pères fondateurs du metal enfilaient des leggins rose bonbon et pouponnaient leurs choucroutes peroxydées ?
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1 commentaire

User : Jean-Baptiste Quentin
Jean-Baptiste Quentin
le 11 avr. 2022 à 18:38
Bravo pour ce live report ! A Caen, nous avons vécu la même puissance !
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