9 juin 2022, 18:27

KREATOR

"Hate Über Alles"

Album : Hate Über Alles

Les thrashers allemands KREATOR sont de retour avec leur 15e et nouvel album, intitulé « Hate Über Alles » chez Nuclear Blast Records. Le successeur de « Gods Of Violence » (2017), a été produit par Arthur Rizk au Hansa Studio à Berlin et l’artwork de la pochette rappelant le désordre haineux mondial a été réalisé par l’artiste en vogue, Eliran Kantor.

Après une introduction western spaghetti à la Ennio Morricone et au titre interrogeant l’auditeur ("Sergio Corbucci Is Dead"), KREATOR défonce tout avec la chanson-titre. Un retour aux affaires ! Très fort, très agressif, la haine et la violence à l’état pur. « Un reflet parfait du déséquilibre du monde actuel où tout n’est pas si harmonieux » comme le souligne Mille Petrozza. Le second single dévoilé par les Allemands est "Strongest Of The Strong", plus mélodique, plus heavy metal avec un énorme refrain. La section rythmique avec du nouveau sang à la basse, Frédéric Leclercq, et le légendaire Ventor, est impressionnante (comme sur tout l’album, d’ailleurs !). Les guitares doublées sont phénoménales. Tout est parfaitement taillé pour la scène avec ce titre. "Midnight Sun", troisième extrait dévoilé par KREATOR, montre une autre facette du groupe. Une rythmique, tous instruments compris, rouleau compresseur, pachydermique et militaire avec des riffs acérés où Petrozza crie sa haine. Le côté original de cette chanson est la combinaison de heavy, de thrash et de groove metal. Le côté mélodramatique apporté par la voix féminine montre un aspect évolutif de ce que KREATOR a créé. Petrozza a tout de suite entendu cette voix d’oracle sur le pré-refrain et le refrain lorsqu’il composait. Sofia Portanet, une artiste berlinoise émergente et amie du frontman, donne à cette chanson une ambiance vraiment sombre et éthérée. "Killer Of Jesus" est dans le plus pur style des Allemands avec cette violence des premiers albums. Personne n’est épargné. Les shreds de Sami Yli-Sirnio sont redoutables. L’intro tribal de "Crush The Tyrants" et ce côté heavy metal à la MANOWAR du titre est prenant. Petrozza est poignant sur le côté répétitif du refrain. Les lignes musicales sont particulièrement mélodiques sur ce morceau avec des arrangements incroyables. Final tribal. "Become Immortal" ressemble à du IRON MAIDEN époque « Killers » bien speed. Le titre raconte d’ailleurs des expériences à la première personne du sujet dans les années 1980. Pont mélodique au milieu du titre avec des chœurs symphoniques qui annonce un solo de guitare bien heavy et eighties. Petrozza nous rappelle : « souviens-toi d’où tu viens » ! "Conquer And Destroy" est dans le même style heavy old-school dans son intro avec ses guitares. Puis... C’est tout l’ADN de KREATOR qui surgit. Tout ce que sait faire Petrozza et sa team ! Un pur décapage cérébral. Des chœurs mélodiques très new wave dans cette ambiance metal s’incrustent à plus de 3 minutes. Quelque chose se passe. "Demonic Future" poursuit les hostilités. Aucune pitié pour les thrashers. "Pride Comes Before The Fall" commence très soft avec une influence des anciens JUDAS PRIEST qui planera sur tout le morceau. Le riff central déboule et la section rythmique donne l’impression d’envoyer des uppercuts. Petrozza est brillant dans son interprétation et dans son écriture. "Dying Planet" a été co-écrit avec notre Leclercq national. Très progressive-thrash dans son approche. Le titre est mid-tempo, lourd, avec des accents death metal mélodique voire black metal.

Avec « Hate Über Alles » KREATOR, vous l’aurez compris, dévoile tout son talent artistique évolutif en synthétisant le meilleur de ses derniers albums et en utilisant la violence des premiers. Différentes facettes musicales, dont la matrice principale est thrash metal et heavy metal old-school, sont délivrées par un groupe mature. Petrozza est une légende et un auteur-compositeur exceptionnel.  Un très grand album à écouter au casque pour en intégrer, sur le plan cognitif, toutes ses subtilités artistiques.

Blogger : Laurent Karila
Au sujet de l'auteur
Laurent Karila
Psychiatre spécialisé dans les addictions, ayant lui-même une addiction positive au metal depuis 1984. Auteur d'ouvrages spécialisés en médecine des addictions et d'ouvrages grand public ("On ne pense qu'à ça", "Une histoire de poudre", "ACCRO!" aux éditions Flammarion). Auteur des textes des albums de SATAN JOKERS ("AddictionS", "Psychiatric" et "Sex Opera") et d'autres groupes... Organisateur de Metal Diner chez son ami Olivier Andreani ("Le Cosi", Paris 5). Une nouvelle passion liée à l'écriture : chroniquer des albums avec une touche psycho-metalrock - Enjoy it, Children of Metal. Interviewer des artistes est aussi un plaisir (le face à face est mon activité quotidienne).
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