3 juin 2024, 20:24

ROYAL REPUBLIC

"LoveCop"

Album : LoveCop

Il est temps de ressortir son plus beau (et plus kitch) jogging à paillettes, son débardeur en lycra scintillant, ses baskets étoilées à scratch et sa paire de lunettes de soleil rose fluo : ROYAL REPUBLIC est de retour ! Les quatre Suédois déjantés, passés maîtres dans l’art du heavy disco funk hard boogie rock'n'roll humoristique reviennent pour nous faire bouger le cul avec leur cinquième album, « LoveCop ». Si la recette reste inchangée depuis leur précédent méfait, « Club Majesty » (2019), elle s’avère néanmoins toujours aussi addictive.

Etrange mélange entre KOOL & THE GANG ("LoveCop"), HUEY LEWIS & THE NEWS ("Freakshow", "Wow! Wow! Wow!"), les BEE GEES ("Ain’t Got Time", "Sha-La-La-Lady"), la new-wave des années 80, quelque part entre BRONSKI BEAT, DEPECHE MODE et ALPHAVILLE ("Electra", "My House") et même METALLICA (la rythmique de "Love Somebody"), ROYAL REPUBLIC n’a pas son pareil pour réveiller la plus réticente des marmottes qui sommeille en vous. En effet, le son du groupe est un concentré de groove irrésistible, de rythmes dansants, de mélodies et de refrains contagieux, le tout servi par une production moderne et puissante. On peut trouver l’ensemble un peu répétitif, certes, mais les compositions ne dépassant guère les quatre minutes et une poignée de secondes, on n’a ni le temps de s’ennuyer et encore moins de frôler l’overdose. Le fun est l’argument principal et la mission est largement remplie. Mais derrière l’esprit potache se cachent des musiciens (Adam Grahn - chant et guitare, Hannes Irengård - guitare, Jonas Almén - basse et Per Andreasson - batterie) sacrément doués, aux aptitudes techniques évidentes. La performance vocale d’Adam est épatante ("Freakshow" qui le voit passer d’une voix de crooner à des cris plus agressifs de rocker enragé, la ballade 80’s "Lazerlove" toute en douceur et onctuosité...), le groove pulse entre les mains de Jonas et Per, et les guitares de Hannes et Adam sont tour à tour dansantes, mélodiques et catchy.

Le rock suinte sur tous les morceaux, mais accommodé à la sauce pop, disco ou new wave à grand renfort de synthés omniprésents. Pour autant, si le groupe mélange toutes sortes d’influences improbables au sein d’une même chanson (le saxophone impertinent sur "Wow! Wow! Wow!", l’intro vaguement orientale de "Electra" et celle funky/reggae de "Sha-La-La-Lady", ainsi que son passage rappé), l’attaque des guitares n’est jamais loin (les soli de "LoveCop" et "Love Somebody", la cavalcade de "Boots"...). La plupart du temps, le rythme est soutenu, comme avec le très speed "Ain’t Got Time" qui nous emporte dans une course folle contre la montre, à l’image de ce monde frénétique. Ou bien encore "My House", "Love Somebody", "Boots" ou "Electra" qui incitent à s’extraire de son canapé pour une séance de "Gym Tonic" (ROYAL REPUBLIC, les nouveaux Véronique et Davina ?), avant de retourner s’y vautrer en bonne compagnie pour les morceaux les plus caressants ("Lazerlove", "LoveCop", "Sha-La-La-Lady"). Le contenu des textes est bien évidemment à prendre toujours au deuxième, voire au troisième degré, les Suédois complètement barrés assumant parfaitement leur rôle et leur image de caricatures de « rockstars hasbeen qui s’la pètent », qui fait partie intrinsèque de l’identité du groupe. Et ça marche parce que les musiciens sont convaincants et s’appuient sur un bagage conséquent, une énergie jamais prise en défaut et des prestations scéniques de haute volée. On se souvient de leur concert mémorable au Forum de Vauréal en novembre 2019.

On peut toutefois regretter sur ce « LoveCop » l’absence de véritable changement de direction, comme le groupe nous avait habitués à le faire sur ses quatre précédents disques. Jusqu’alors, chaque album de ROYAL REPUBLIC nous a présenté une facette différente de sa musique. Or, avec cette dernière fournée, on reste dans la droite lignée de « Club Majesty », et par conséquent, sans réelle surprise, même si la qualité d’écriture est toujours présente. Seul "Freakshow" nous semble être le plus innovant avec son côté bordélique et déglingué particulièrement réussi. Cela dit, « LoveCop » reste un album qui ne se prend pas la tête, très plaisant et idéal pour décompresser des emmerdes du quotidien. Et cerise sur le gâteau, avec son rythme dansant et fun, il va peut-être vous inciter à vous remettre au sport pour perdre vos poignées d’amour et le coussin moelleux qui vous sert de bidon, même si votre compagne ou compagnon prétend vous aimer tel que vous êtes ! Ce qui est sûr, c’est que ça ne peut pas faire de mal. ROYAL REPUBLIC n’aspire qu’à répandre de l’amour, cultiver votre sérénité et stimuler votre bien-être.

Blogger : Sly Escapist
Au sujet de l'auteur
Sly Escapist
Sly Escapist est comme les chats : elle a neuf vies. Malgré le fait d’avoir été élevée dans un milieu très éloigné du monde artistique, elle a réussi à se forger sa propre culture, entre pop, metal et théâtre. Effectivement, ses études littéraires l’ont poussée à s’investir pendant 13 ans dans l’apprentissage du métier de comédienne, alors qu’en parallèle, elle développait ses connaissances musicales avec des groupes tels que METALLICA, ALICE IN CHAINS, SCORPIONS, SOUNDGARDEN, PEARL JAM, FAITH NO MORE, SUICIDAL TENDENCIES, GUNS N’ROSES, CRADLE OF FILTH, et plus récemment, NIGHTWISH, TREMONTI, STONE SOUR, TRIVIUM, KILLSWITCH ENGAGE, ALTER BRIDGE, PARKWAY DRIVE, LEPROUS, SOEN, et tant d’autres. Forcée d’abandonner son métier de comédienne pour des activités plus «rentables», elle devient tour à tour vendeuse, pâtissière, responsable d’accueil, vendeuse-livreuse puis assistante commerciale. Début 2016, elle a l’opportunité de rejoindre l’équipe de HARD FORCE, lui permettant enfin de relier ses deux passions : l’amour des notes et celui des mots. Insatiable curieuse, elle ne cesse d’élargir ses connaissances musicales, s’intéressant à toutes sortes de styles différents, du metalcore au metal moderne, en passant par le metal symphonique, le rock, le disco-rock, le thrash et le prog. Le seul maître-mot qui compte pour elle étant l’émotion, elle considère que la musique n’a pas de barrière.
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