27 juin 2024, 23:55

HELLFEST OPEN AIR 2024

@ Clisson (Jour 1 - Part. 1)

Enfin, les vacances tant attendues depuis de longs mois de travail à la limite du burn-out ! Ne plus avoir à supporter le quotidien souvent lourdingue du bureau, boucler sa valise, sans oublier d’emporter de quoi affronter le climat plus qu’incertain, entre fortes chaleurs et pluies diluviennes, de ces derniers temps et mettre le cap sur Clisson. Ce mercredi 26 juin, c’est la crème solaire, la bouteille d’eau et le chapeau qui priment sous ce soleil de plomb. Déjà rodée à l’exercice depuis plusieurs années, j’ai préparé soigneusement ma petite liste et le matin du départ, il ne me reste qu’à charger la voiture... et récupérer mon matou chéri planqué sous le lit, et qui lui aussi fait partie du voyage pour la deuxième année consécutive. A condition qu’il veuille bien se laisser attraper... Amis propriétaires de chat, sachez qu’il n’est rien de plus efficace que l’aspirateur pour déloger l’animal récalcitrant et le boucler dans sa caisse de transport. C’est tout de même pas un chat qui va faire la loi ! Quoique...

Nous voilà donc partis pour la nouvelle édition du Hellfest. Arrivés dans notre petite location, on prend le temps de s’installer, de se rafraîchir et de libérer le fauve qui a besoin de se dégourdir les pattes, puis je file au grand parking mis en place depuis trois ans par l’organisation. Comme d’habitude le premier jour, les navettes sont prises d’assaut par une partie des campeurs et leurs bardas et je préfère largement partir sur le site à pied. Malgré la chaleur, il m’est plus agréable de profiter de l’air et du soleil, d’autant plus depuis la mise en place de la passerelle l’an dernier qui nous permet de faire le trajet sans danger. Mais je ne peux m’empêcher de compatir et d’admirer ceux qui décident de faire comme moi, alors qu’ils sont chargés comme des bourriques pour rejoindre le camping. Ce qui n’est pas mon cas.
En effet, les températures frôlent les 30° C, et l’air est plombant. Joie cependant de voir le rond-point à la guitare au loin, signe que l’on est arrivé en terres clissonaises pour quatre jours de décibels. En deux temps, trois mouvements, je récupère le bracelet magique qui me permettra d’accéder le lendemain au site des concerts. Un petit tour sur l’Extreme Market pour faire le tour des stands. La chaleur à l’intérieur y est suffocante et la transpiration ruisselle, mais cela n’empêche pas de faire quelques emplettes. Puis retrouvailles qui font chaud au cœur avec certains amis que l’on ne voit, hélas, qu’une fois par an. Les quatre jours qui nous attendent étant particulièrement chargés, on ne s’attarde pas pour rentrer au bercail, en reprenant le même chemin à travers vignes qu’à l’aller et profiter de la vue du soleil qui décline dans le ciel.

Ouverture du site des concerts prévue à 14h00. Parfait, se dit-on, pour flâner un peu et aller faire un tour au Sanctuary pour voir de plus près le merchandising du Hellfest. Mais c’était sans compter sur les files d’attente déjà interminables qui s’étirent quasiment jusqu’aux bars devant la Temple ! Qu’à cela ne tienne, on trouvera un meilleur moment pour y aller, plutôt que de poireauter pendant plusieurs heures en plein cagnard et de se faire rôtir comme une dinde ! A défaut de merchandising, on va admirer la Gardienne des Ténèbres, la fameuse chimère articulée de 10 mètres de haut. Impressionnante, la dame d’acier et de bois, sorte de croisement entre une araignée et un scorpion, est entièrement mise en mouvement par plusieurs machinistes contrôlant chacun une partie précise. Plus que la fumée et les flammes qu’elle crache, c’est son regard hypnotique et glaçant qui attire et fascine.


Viennent enfin les premières notes de la journée sur la Main Stage 1 avec le death metal old-school d’ASINHELL avec Michael Poulsen de VOLBEAT, qui se charge de déboucher les tympans. C’est violent et pas franchement mélodique. On lui préfère de loin le metalcore des Ecossais BLEED FROM WITHIN qui est plus raccord avec mes goûts personnels, sur la Mainstage 2. Sympathique et bien exécutée, la prestation du groupe attire de nombreux spectateurs qui se laissent conquérir par la musique du groupe. Après avoir fait l’annonce quelques jours plus tôt qu’ils avaient l’intention de faire le plus grand wall-of-death du monde, les Russes SLAUGHTER TO PREVAIL investissent la MS1 avec leur deathcore ultra violent. Le frontman, Alex Terrible, bodybuildé et intégralement tatoué sur le torse, a un sourire carnassier qui fait peur. Il n’a pas l’air commode, le Monsieur ! Vocalement, ça growle très grave et il faut reconnaître qu’il est plutôt doué pour ça, il réussit même à se faire entendre sans micro, en hurlant comme un possédé, puis se frappe le front jusqu’au sang avec ledit micro, mais musicalement parlant, ça ne présente finalement guère d’intérêt. Quant au fameux wall-of-death, hum, comment dire ? La situation s’avère particulièrement gênante... Il aura fallu plus de 15 minutes, sur un temps de jeu de 40 minutes, pour mettre en place le truc. Le chanteur entêté, voyant que la sauce ne prend pas, descend dans la fosse pour indiquer de force la marche à suivre à des spectateurs qui, de toute évidence, n’ont pas envie de participer. Il finit par obtenir ce qu’il souhaite, même si c’est dans une moindre proportion que ce qui était initialement envisagé. En clair, on n’a sûrement pas battu le record du monde, mais on a perdu beaucoup de temps. Moralité : ce genre de chose ne se commande pas, mais se fait spontanément lorsque le public et le groupe sont en phase et lorsque l’ambiance y est propice.


Sur la MS2, c’est ICE NINE KILLS qui s’installe pour un set plein d’effets spéciaux horror-kitch, d’hémoglobine au sirop de framboise, de hache et autres couteaux en plastique et de figurants qui se relèvent alors qu’ils sont supposés morts. Le tout en plein soleil. Effet flop garanti. Absolument pas raccord avec le côté théâtral excessivement outrancier, la musique du groupe est à l’inverse, étonnamment mélodique. Comme un décalage entre le son et l’image. Bref, pas très convaincant tout ça. On rejoint les amis pour la prestation de SLAY... oups, pardon, Kerry King sur la MS1. Mais finalement, c’est comme si on y était tant les compositions du supergroupe évoquent le groupe principal du guitariste chauve qui aime les serpents. Même le chanteur, Mark Osegueda, a des airs de Tom Araya, non seulement vocalement, mais aussi physiquement. Alors, lorsque retentit l’intro de "Raining Blood", forcément, les fans de SLAYER sont aux anges...


On les laisse savourer l’instant pour aller se reposer les tympans sous la Temple avec SYLVAINE et sa musique folk/blackgaze. La chanteuse Kathrine Shepard alterne voix saturée et chant clair très pur pour des moments introspectifs et délicats. C’est beau, c’est poétique, et la communion se fait rapidement avec le public sous le charme. Avant la fin, on se glisse sous la tente d’à côté, l’Altar, afin de se placer au mieux pour DARK TRANQUILLITY. L’avantage d’être une demi-portion, c’est qu’on arrive toujours à se faufiler dans les petits interstices, ce qui me permet de me retrouver au deuxième rang de la tente blindée de monde pour le death metal mélodique des Suédois. Très attendus par de nombreux fans, les musiciens arrivent en terrain conquis. L’ébullition qui règne durant tout le concert est électrisante. Le gang de Mikael Stanne, chanteur ultra talentueux, charismatique et attachant, propose une set-list qui va piocher autant dans les classiques que les inédits. Ainsi, on a droit à trois extraits du nouvel album à paraitre en août, « Endtime Signals ». Impressionnant de maîtrise, Stanne se balade à l’aise entre voix claire et growls, sans aucun effort apparent. Si l’équipe autour de lui a été presque intégralement renouvelée ces dernières années, l’efficacité n’en est pas moins au rendez-vous. De mon point d’ancrage, le son est très bon, ce qui rajoute au plaisir de ce concert ultra dynamique. Les spectateurs sont ravis, le font savoir bruyamment tout le long du concert et les ovations se succèdent les unes après les autres. Les musiciens sont profondément émus par cet accueil enthousiaste et Mikael, avec son sourire communicatif, multiplie les remerciements. Une petite heure en compagnie de l'un des maîtres du melo-death qui passe vraiment trop vite, mais au moins pourra-t-on se rattraper à Paris le 10 novembre prochain pour leur passage en tête d’affiche.


Avec le running-order, il y a malheureusement toujours des collisions et c’est le concert de LANDMVRKS qui, hélas, en fait les frais. N’arrivant que vers la deuxième moitié du concert, je n’ai pas pu profiter de toute la prestation des Marseillais qui s’est avérée d’excellente facture. Lightshow superbe, énergie sans faille, public au diapason, les petits gars ont raflé la mise et gagné encore des points supplémentaires. Mais de cela, nous ne doutions point, au vu de la qualité constante de leurs prestations scéniques. Collision toujours, on va jeter un œil sous la Temple pour la fin du passage des Norvégiens SHINING, et le moins que l’on puisse dire, c’est que leur musique n’est pas des plus accessibles pour le néophyte et que l’on a tendance à saturer en cette fin de soirée. Peut-être pas l’idéal de découvrir le groupe en festival, où l’on a tendance à sauter du coq à l’âne, en termes de styles musicaux. C’est le signe qu’il est grand temps de rentrer pour digérer un peu avant la suite du menu qui s’avère copieux le lendemain.

Jour 2, Jour 3
 

Blogger : Sly Escapist
Au sujet de l'auteur
Sly Escapist
Sly Escapist est comme les chats : elle a neuf vies. Malgré le fait d’avoir été élevée dans un milieu très éloigné du monde artistique, elle a réussi à se forger sa propre culture, entre pop, metal et théâtre. Effectivement, ses études littéraires l’ont poussée à s’investir pendant 13 ans dans l’apprentissage du métier de comédienne, alors qu’en parallèle, elle développait ses connaissances musicales avec des groupes tels que METALLICA, ALICE IN CHAINS, SCORPIONS, SOUNDGARDEN, PEARL JAM, FAITH NO MORE, SUICIDAL TENDENCIES, GUNS N’ROSES, CRADLE OF FILTH, et plus récemment, NIGHTWISH, TREMONTI, STONE SOUR, TRIVIUM, KILLSWITCH ENGAGE, ALTER BRIDGE, PARKWAY DRIVE, LEPROUS, SOEN, et tant d’autres. Forcée d’abandonner son métier de comédienne pour des activités plus «rentables», elle devient tour à tour vendeuse, pâtissière, responsable d’accueil, vendeuse-livreuse puis assistante commerciale. Début 2016, elle a l’opportunité de rejoindre l’équipe de HARD FORCE, lui permettant enfin de relier ses deux passions : l’amour des notes et celui des mots. Insatiable curieuse, elle ne cesse d’élargir ses connaissances musicales, s’intéressant à toutes sortes de styles différents, du metalcore au metal moderne, en passant par le metal symphonique, le rock, le disco-rock, le thrash et le prog. Le seul maître-mot qui compte pour elle étant l’émotion, elle considère que la musique n’a pas de barrière.
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