
C’est à quelques semaines de la sortie du seizième album de KREATOR, « Krushers Of The World », que son bassiste Frédéric Leclercq a choisi de tailler le bout de gras avec HARD FORCE. Et le moins que l'on puisse dire, c’est que ce dernier n’a pas été avare de son temps de parole ! Fréderic est rentré en profondeur sur cette expérience d’enregistrement et bien entendu sur les détails de ce nouveau brûlot... et il n’a pas hésité non plus à partager son expérience avec sa vision de musicien...
Fréderic, dans quel état d’esprit es-tu à quelques semaines de la sortie de « Krushers Of The World », le nouvel album du groupe ?
Frédéric Leclercq : Pour tout te dire je reviens d’une tournée avec SINSAENUM, le "In Devastation Tour 2025", comptant une douzaine de dates qui nous a permis d’accompagner la sortie de notre troisième et dernier album. Je suis rentré il y a quelques jours et les retours du public ont été à la hauteur de nos attentes mais là, je suis sur les rotules ! Et c'est la quatrième interview que je fais aujourd'hui, je me remets donc doucement dans le bain car je change de costume pour présenter le nouvel album de KREATOR. Mais j’apprécie l’exercice et cela me permet de rajouter un petit quelque chose que je n’avais pas dit auparavant, tu as donc de la chance de passer en dernier ! Tu auras la totale (rires).
Avant de rentrer dans le vif du sujet, j’aimerais connaître ton regard "neuf" à la suite de ton intégration en 2019 au sein de KREATOR, qui compte plus de quarante ans de carrière. Comment t’es-tu fait ta place dans un groupe doté d’une telle réputation ?
Très facilement, en fait ! Je connaissais déjà Mille (ndlr : fondateur du groupe en 1985, chanteur et guitariste) depuis bien longtemps. Je l’avais d’ailleurs rencontré avant de rejoindre les rangs de DRAGONFORCE, lors d’un concert que jouait EDGUY. À l'époque, je faisais partie d’HEAVENLY, un groupe français de power metal qui a sorti cinq albums. J'étais guitariste et venais de m'installer en Allemagne pour travailler à plein temps là-bas. Comme nous avions tourné plusieurs fois avec EDGUY, ses membres étaient devenus des amis. Et voilà que je me retrouve au fond de la salle pendant le concert, je me retourne et puis Mille Petrozza était là, juste en face de moi. Nous avons commencé à sympathiser et le courant est passé entre nous. En ce qui concerne l’intégration dans KREATOR, il n'y a pas eu d'audition ou quoi que ce soit de formel, cela s'est fait simplement au téléphone : Mille m’a demandé de but en blanc si je souhaitais rejoindre le groupe. Je lui ai dit oui dans la foulée, à condition que cela ne soit pas qu’un remplacement temporaire mais un poste à temps plein ! Et lorsque nous avons fait notre première répétition tous ensemble, au début du deuxième morceau, j'étais déjà dedans à fond les ballons. Nous échangions quelques regards et cela se voyait que tout le monde avait la banane. Je n’ai pas hésité le moindre instant, j’ai dit « Banco » à Mille ! Une fois cette première étape passée, nous avons commencé à travailler sur les premières compositions et tout s’est enchaîné naturellement. Que cela soit sur scène ou sur un plan humain, tout se passait très bien. Il y avait une bonne ambiance, une véritable osmose entre nous. Ensuite quand nous avons commencé à rentrer dans le vif du sujet, je les ai prévenus que j’étais plutôt du genre proactif quand il s'agissait de musique. Et que si j’avais rejoint KREATOR, ce n’était pas pour enfiler des perles !
Voilà qui a le mérite d’être clair !
À vrai dire, je suis très directif quand j'ai des idées en tête. J'aime les communiquer, les mettre en pratique même si je ne prends pas toujours des pincettes. Et en fait, ce mode de fonctionnement leur a totalement convenu. Ils n'avaient pas forcément eu l'habitude de fonctionner comme cela mais ils m'ont tout de suite laissé cette place d'arrangeur et dans la foulée, j'ai tout de suite trouvé ma place. Je n’ai pas eu à me battre pour quoi que ce soit. Quant aux membres du groupe, je n’ai pas l'impression qu'ils aient lâché le moindre centimètre concernant leur terrain musical : c’était du gagnant-gagnant !

Tu avais travaillé aux côtés d’autres personnes sur la préproduction de « Hate Über Alles », était-ce encore le cas pour « Krushers Of The World » ?
En effet... mais mon implication était moindre que sur l'album précédent pour lequel j'avais vraiment beaucoup travaillé. A ce moment-là, la pré-production était étalée sur deux semaines en Allemagne, nous étions en pleine épidemie de COVID, c'était donc très compliqué de bien se coordonner. Il y avait pas mal de travail que je ramenais à la maison, que je prenais le temps de réarranger. Mais le principe restait le même dans la mesure où, quand nous nous retrouvions, je m’occupais d’enregistrer le travail de chaque musicien. A ce titre, la pré-production comportait plusieurs degrés. Millle travaillait sur les morceaux, Il faisait tout cela dans son coin. Ensuite, il nous les a présentés : c’était la première étape du processus. Puis la pré-production pure se mettait en place entre le groupe et le producteur, Jens Bogren. Qui était à nos côtés dès le début et avait déjà commencé à mettre cela en forme puis nous avons retravaillé l’ensemble de notre côté. C'est à ce moment où je suis intervenu, notamment sur la partie mélodique instrumentale de "Blood Over Blood" ou le solo de "Tränenpalast", par exemple. Et puis accessoirement enregistrer mes parties de basses parce qu’il ne faut pas oublier... que je suis bassiste ! Et lorsque nous avons débarqué aux studios Fascination Street en Suède, cela changeait à nouveau. Jens était présent tout le temps et quand il enregistrait la batterie, par exemple, et bien de mon côté je travaillais encore avec Samy et Emilov sur la mise en place des solos. Mais tout s’est bien déroulé et nous ne nous sommes pas privés de lui déléguer nombre de missions, après tout c’est lui le producteur !
Dans les passages rapides et agressifs de l’album, comme sur "Barbarian", "Deathscream" ou "Psychotic Imperator", comment travailles-tu ta synchronisation avec la batterie de Ventor ? As-tu des exercices spécifiques pour garder la précision à haute vitesse ?
Tu sais, j’ai été à bonne école avec DRAGONFORCE tout comme avec SINSAENUM aujourd’hui. C'est un style que je maîtrise assez bien pour être franc avec toi. Lorsque j'ai commencé à jouer de la guitare, j’étais inspiré par METALLICA, SLAYER, MÖTLEY CRÜE ou encore IRON MAIDEN comme nombre de musiciens. Mon jeu de basse était calqué sur mon jeu de guitare. J'ai toujours apprécié les groupes assez techniques et précis, comme ANNIHILATOR qui est une illustration parfaite du terme "carré" et j’ai beaucoup travaillé sur cet aspect. Là où cela devenai plus compliqué, c’était au niveau harmonique, c'est-à-dire essayer de proposer quelque chose d'intéressant tout en servant toujours l’objectif final, c'est-à-dire de faire un bon morceau de thrash metal. Il fallait que le tout reste digeste et puissant, c’est pourquoi je ne pouvais pas non plus me permettre de broder et en conséquence... de perdre en efficacité. C'est là où l'exercice devenait plus compliqué que le seul fait d'être précis et rapide.

La production de Jens Bogren a-t-elle changé ta façon d’aborder l’utilisation de ta basse sur cet album et d’une manière plus générale, sur le son du groupe ?
Ce n’était pas la première fois que nous travaillions ensemble car j'avais bossé avec lui sur deux albums de DRAGONFORCE, le premier SINSAENUM ou encore AMAHIRU. De ce fait, là, nous nous sommes retrouvés comme deux vieux potes qui se connaissaient presque sur le bout des doigts ! Nous nous parlions peu en amont de l’enregistrement parce que je savais que nous allions toujours dans la même direction. C'est quelqu'un que j'apprécie énormément et que j'admire aussi. Il a une excellente oreille, ce qui fait de lui un excellent producteur. Nous avons vite trouvé un son qui convenait avec ma basse signature. J'avais pris celle-ci dans ma valise mais si jamais il souhaitait utiliser son propre matériel en studio, il n’y avait pas de souci car il n'y a pas d'ego dans ces moments-là. Mais le fait de travailler avec la mienne m’a permis de m’approprier plus vite le son. Ensuite Jens a fait ce qu'il fallait pour que l’on entende bien la basse sur l'album. Cela fait plaisir !
Tu es reconnu pour ta polyvalence entre le jeu au médiator et aux doigts. Quels avantages trouves-tu pour chaque approche ?
Il faut nuancer le terme "polyvalence". Cela m'arrive en effet de jouer au doigt, mais pas tant que ça en y réfléchissant. Avec DRAGONFORCE, au bout d'un moment je me suis lancé sur des passages qui s'y prêtaient car ils étaient plus lents mais je suis un guitariste à la base donc je m’y retrouve plus en jouant au médiator. Je préfère son attaque et le son au médiator qui me permet d’être bien carré. Concernant l’album de KREATOR, j’ai fait quelques passages au doigt comme sur "Loyal To The Grave" ou sur certaines parties plus calmes. Quand cela doit être carré, je vais me servir de mon médiator... parce que cela ne sert à rien de me lancer des défis pour perdre du temps à l’arrivée. J’utilise le doigt pour des passages plus nuancés et obtenir un son plus rond.
Tu es aussi guitariste et compositeur. Quand tu écris une ligne de basse, penses-tu d’abord à la guitare ou à la basse ? Comment travailles-tu l’interaction entre les deux instruments ?
C’est une bonne question car cela dépend de la situation dans laquelle je me trouve. Quand je dois faire une ligne de basse sur un morceau déjà écrit à la guitare, comme c’est le cas pour "Raptor", j'écoute d’abord la guitare. Puis j'essaie de trouver le juste milieu entre suivre la ligne directrice et essayer de prendre parfois le contre-pied pour créer une mélodie différente, qui pourrait donner plus d’emphase au morceau. Mais sur des morceaux très rapides, cela va juste apporter de la nuisance sonore. Ensuite, quand il s'agit de préparer un morceau en partant de zéro, dans 80% des cas je vais commencer la composition à la guitare.
Peux-tu nous parler du processus de création de cet album ? Y a-t-il eu des défis particuliers ou des moments forts lors de l’enregistrement ?
Il y a eu en effet des défis particuliers, notamment sur certaines parties qui étaient très techniques mais il se pouvait aussi parfois se produire des "erreurs heureuses", quelque chose qui n’était pas prévu au départ. Et de constater que... c’était vachement bien comme ça (rires). Comme sur "Combatants", où j'ai passé pas mal de temps à travailler des lignes mélodiques et une fois que tout cela s’est mis en place, je sentais qu'il y avait du potentiel à exploiter. Nous avons également fait les chœurs avec Samy et puis des ingénieurs du studio ont aussi pris part à l’exercice. Tout comme l’un des musiciens de MILLENCOLIN qui était là à ce moment d’ailleurs et cette rencontre de deux univers musicaux radicalement différents... a fonctionné aux petits oignons !
J’ai eu moins d’interactions avec Ventor parce qu'une fois qu'il avait fini l’enregistrement de ses parties, il est reparti chez lui. Mais Mille, Samy et moi, nous étions ensemble et avions décidé à cette période-là de pratiquer du sport, une fois le travail du quotidien bouclé. Nous faisions attention à ce que nous mangions, nous avons fait plusieurs balades dans les bois attenants au studio pour recharger les batteries. Parce que, quand tu bosses avec Jens il faut s’adapter à son rythme : c'est de 8h à 12h puis de 14 à 18h, de véritables horaires de bureau (rires). Avec d'autres producteurs, il y a moins de rigueur car tu peux démarrer sur les coups de 10h et finir à 23h. Jens c'est 18h, point à la ligne. Il va ensuite chercher ses enfants et prend du temps pour sa famille, ce qui impliquait pour chacun d’entre nous d’avoir une rigueur implacable. A côté de ça, il y avait également toute cette expérience humaine que nous avons vécu. Nous passions beaucoup de temps ensemble, écoutions des albums de KISS, tout cela est moins fréquent lorsque nous sommes en tournée. Dans ces moments-là, chacun cherche plutôt un peu de calme quand et où il le peut...

Qu’est-ce qui vous a inspiré pour le titre "Krushers Of The World" ? Est-ce une déclaration, un message particulier à vos fans ou à l’industrie ?
C'est un titre à prendre à plusieurs niveaux. Concernant le morceau en lui-même, Mille t’en parlerait bien mieux que moi mais s'il y avait un thème ou quelque chose de récurrent qui revient dans les chansons. C'est cette sorte de pouvoir que chacun d’entre nous possède en soi, cette volonté de se dépasser. Il y a quelque chose de toujours très positif dans les textes des derniers albums. D’ailleurs, « Krushers Of The World » est dans le même esprit que celui de « Hate Ûber Alles ». Cela peut être effectivement un message envoyé à l'industrie du disque, tout comme dans la vie de tous les jours, les politiques... Le groupe se veut fédérateur, d'une certaine manière. Quant au titre, à la base, je ne me souviens pas s'il y avait un "K" ou un "C" mais avec le "K", tu établis quelque chose de fort, de puissant. Nous nous sommes d'ailleurs posé la question : « Est-ce que ce n'est pas un petit peu cliché d'utiliser un "K" ? » Mais en fait, cela fonctionne bien ! Il faut se mettre à la place d'un fan de musique et je trouve que cela sonne juste. Tout simplement...
Comment s’est passée la collaboration avec Britta Görtz sur "Tränenpalast" qui figure sur cet album ? Qu’a-t-elle apporté à votre processus créatif et à votre son ?
Il n'était pas censé initialement avoir d’invités sur l'album. Je connais Britta depuis très longtemps, parce qu'elle a fait la tournée européenne avec SINSAENUM et elle jouait dans CRITICAL MESS qui a fait la première partie pour nous sur plusieurs dates. Son nom est également revenu sur le tapis lorsque nous enregistrions puisque nous commencions dans la foulée les festivals. Elle a remplacé le chanteur de HEAVEN SHALL BURN , qui fait lui aussi partie des amis du groupe. Et il me semble que c'est Jens qui a proposé son nom pour faire un morceau avec elle, ce qui était une super idée !
C'est un titre qui parle d'un film d'horreur, Suspiria et il se trouve que sur l'album précédent, nous avions déjà une invitée, Sophia, qui apparaissait sur "Midnight Sun", inspiré du film d'horreur Midsommar. Au bout du compte, cela fait deux femmes intervenant sur deux chansons inspirées de films d'horreur, dont les personnages principaux... sont des femmes. Je ne sais pas si c’était une démarche consciente de la part de Jens ou de notre choix de travailler avec Britta. Elle a en tout cas sublimé le morceau parce que, pour avoir entendu les deux versions, je peux te dire que sa voix rajoute vraiment quelque chose d’essentiel à l’ensemble. Elle possède un large registre vocal et de plus, elle a une présence très forte. Nous avons également tourné un clip pour "Tränenpalast" qui est sorti pendant la période d'Halloween. Je suis ravi de cette collaboration...
Les parties en mid-tempo semblent plus présentes sur cet album. Est-ce une volonté de diversifier votre style ou une évolution naturelle ? Notamment sur "Satanic Anarchy" sur lequel tu es mis en avant ?
Comme nous passions beaucoup de temps sur les routes à faire des concerts, cela nous permettait de découvrir en direct les réactions du public et là, cela avait fonctionné. Il se trouve que les morceaux qui sont un petit peu moins rapide donnent du temps au public pour réagir, headbanguer et toi, en tant que musicien, tu prends du plaisir à voir ça. Nous avons notre marque de fabrique, la marque du groupe : les fameux morceaux rapides. Cela fait partie de l’ADN de KREATOR. Et c'est très bien comme cela car j’adore aussi ces parties-là. Mais c'est bien aussi de pouvoir proposer des choses différentes. Nous essayons de garder une balance pour ne pas tomber en mode "pilote automatique". Et cette balance-là, je pense qu'elle s'applique, encore une fois de manière consciente ou inconsciente, dans le processus de composition pour proposer quelque chose de varié, en gardant en tête ce que cela peut donner sur scène. Je pense que des chansons comme "Krushers Of T

he World" ou "Satanic Anarchy" pourraient d’ailleurs devenir de futurs classiques en live !
Quel est ton regard sur la nouvelle pochette réalisée par Zbigniew Bielak ? As-tu participé à son élaboration ou à la réflexion sur l’identité visuelle du groupe ?
Je l'ai rencontré quand nous avions participé à un festival en Finlande l'été dernier, il exposait en face du stand de mon ami Alex de Hate Couture. Je me retourne et puis je vois que Zbigniew était là et nous avons commencé à parler et puis, il a pris le numéro de Mille dans la foulée pour lui exposer ses premières idées.
Il a été impliqué dans ce projet dès le tout début du processus de création. C'était avec Mille qu'il dialoguait, nous étions déjà en Suède à ce moment. J'étais à côté de Mille quand il recevait un message de sa part. C’est comme cela que ça a commencé, si je ne dis pas de bêtises, il avait autre chose en tête lors des premiers échanges. Toujours est-il qu’il détenait une explication pour tout, inspirée par les titres des chansons. Mais pour moi, en ayant travaillé avec des artistes qui réalisent des pochettes, j’ai pu constater qu’ils pouvaient être inspirés mais ne pas être impliqués à fond dans la démarche. Je trouve que le travail que Zbigniew a réalisé pour GHOST mais aussi pour DARKTHRONE sur « Chromlech » prend aux tripes.
Et le soir même, nous avons passé une bonne partie de la soirée ensemble à discuter de choses et d'autres. Puis le lendemain, il y a eu un échange de contacts fructueux. Zbigniew a commencé par reprendre la typographie de « Pleasure To Kill » pour son côté rétro avec la tête du démon qui est bien mise en avant. Ensuite, il y a plein de détails qui retranscrivaient à l’ensemble son travail minutieux. Il a mis du temps pour délivrer le tout, nous savions qu’il était très sollicité et qu'il pouvait avoir un petit peu en retard sur la deadline. Mais Il était engagé à fond dans ce qu’il faisait et le résultat, lui, est époustouflant car la pochette possède cet effet de profondeur auquel je tenais particulièrement, parce que j'avais vu une première ébauche de la pochette où justement, c'était un peu plat. Lorsque tu prends le temps d’examiner son boulot, tu pourrais, en toute modestie considérer l’album comme une sorte de « Somewehere In Time » du thrash. J'espère que les gens vont passer du temps à la regarder dans ses moindres recoins et trouver ainsi tous les détails qui font la différence…
Quelles ont été vos principales sources d’inspiration pour ce nouvel album, que ce soit musicalement, visuellement ou dans les thématiques abordées ?
Le film Suspiria, c’est une évidence. Visuellement, nous nous sommes laissé porter parle travail de fond de Zbigniew. Quant aux inspirations concernant les textes, il y a toujours l'état actuel des choses qui fait que même si nous essayons de nous en détacher, cela a forcément un impact à un moment ou à un autre. D’ailleurs tout a un impact quand tu fais de la musique. Que tu le veuilles ou non.
Je vais prendre un exemple, peut-être tiré par les cheveux, mais si tu es en pleine période de composition et qu’il se trouve que tu as mangé quelque chose de pimenté pendant deux jours, cela va jouer d'une manière ou d'une autre sur le résultat final ! Je réalise que c’est vraiment un exemple à la con mais cela me parle (rires) par l'impact que ça peut avoir sur ta manière d'être et forcément sur ta manière de ressentir les choses et de les exprimer. Là, le fait d'avoir voyagé énormément, d’observer tout ce qui se passe dans le monde, d’échanger avec Mille qui voit le tout avec un certain stoïcisme a eu cet impact. Nous prenions un petit peu de tout de notre quotidien et puis cela s'est transformé ensuite en « Krushers Of The World ». C’est aussi simple que ça !
Pour terminer cet échange, aurais-tu un conseil technique ou un exercice à recommander à un bassiste qui veut progresser dans le metal extrême ?
Il faut travailler. Encore et encore. Le travail de coordination, de la main droite au niveau du poignet est important. Chacun jugera de l'utilisation du poignet droit dans la vie de tous les jours (rires) mais je pense qu'il ne faut pas vouloir péter plus haut que son derrière, il faut commencer lentement pour pouvoir être le plus précis dès que possible. Il ne faut pas non plus hésiter à bosser des morceaux qui sont plus lents pour travailler cette même précision. Un autre conseil serait de toujours servir le morceau pour rester à sa place quand il le faut. Tout est un travail de dosage. Mais sur le plan technique en lui-même, il ne faut pas craindre de faire des gammes, à délier tout cela. Et ce que je dis là est valable aussi pour un guitariste... ou même un violoncelliste !
Enfin, pour terminer, merci pour le soutien que les lecteurs apporteront à ce nouvel album de KREATOR. J’en profite pour rappeler que nous serons en tournée au mois de mars prochain avec CARCASS, EXODUS et NAILS. Peut-être que j’aurais aussi l'occasion aussi de revenir avec SINSAENUM entre temps. Nous verrons bien comment tout cela se passera...

