25 janvier 2026, 23:59

EPICA + AMARANTHE + Charlotte Wessels

@ Paris (Zénith)


Pourquoi ne proposer qu’une seule première partie quand on peut en mettre deux à l’affiche ? C’est ce que semble se dire EPICA ces dernières années avant de se lancer dans des tournées. Il y a quasiment trois ans au même endroit, les Néerlandais étaient venus accompagnés d’APOCALYPTICA et de WHEEL. Ce dimanche au Zénith de Paris, ils débarquent avec Charlotte Wessels (ex-DELAIN) et AMARANTHE. Trois groupes avec chanteuse, mais heureusement trois manières différentes de voir la vie.
Une affiche en tout cas séduisante puisque la salle, dont quelques places ont été neutralisées, peut revendiquer un taux d’occupation plus qu’honnête.

Charlotte Wessels ouvre les débats à 18h30, pour un créneau de 40 minutes. De quoi défendre son dernier album en date, « The Obsession » (2024), en compagnie de musiciens motivés, dont tous, sauf la claviériste Sophia Vernikov, faisaient partie de DELAIN avant le split de 2021...
On peut même parler de surmotivation dans le cas du batteur Joey Marin de Boer. Il s’est blessé à la jambe droite quelques jours auparavant, et se déplace d’ailleurs sur scène avec des béquilles pour venir faire la photo souvenir finale. Mais il assure derrière son kit comme si de rien n’était, Charlotte Wessels nous expliquant qu’il joue avec la jambe gauche les parties normalement dévolues à son autre jambe ! Si ça, c’est pas de l’abnégation !
Renforcée des vocaux de Vernikov, Charlotte Wessels livre pour sa part des parties  chantées étourdissantes dès la magique "Chasing Sunsets" d’ouverture jusqu’à l’ultime "The Exorcism". Le micro emballé de tournesols, déjà repéré au Hellfest, est bien de sortie. Tout comme deux nouveautés, "Tempest" et "After Us, The Flood", qui nous ont toutefois semblées un ton en-dessous du reste. 


AMARANTHE vient défendre son metal moderne à partir de 19h40 et... c’est le moment de sortir notre joker. Nous n’avons jamais apprécié la formation suédoise, et ce n’est pas la vue ni l’écoute des quatre premiers titres de la soirée qui nous font changer d’avis. 
Attention, nous ne disons pas que c’est mauvais. Juste que ce n’est pas notre tasse de thé et que les goûts et les couleurs, n’est-ce pas... Par contre, nous reconnaissons volontiers que les Scandinaves font un tabac puisque, manifestement, 99,99% du public ne partage pas nos réticences et le manifeste bruyamment durant le concert de 1h20. 


La barre est désormais haute pour les vedettes de la soirée, sous les projecteurs à partir de 21h30. Mais EPICA sait y faire. Par exemple avec cette annonce, en français s’il-vous-plait, juste avant le début du concert, qui nous incite à nous lâcher, et à laisser un peu de côté notre smartphone.
Etrangement, c’est "Apparition", extrait du dernier album, « Aspiral » (2025), qui lance les hostilités. Pas un mauvais titre, certes, mais "Cross The Divide", qui arrive en deuxième, met tellement plus le feu aux poudres ! 
Sur scène, les Bataves ont choisi une disposition atypique de leur terrain de jeu, avec les claviers tout à gauche et la batterie tout à droite, et finalement assez peu d’éclairages spectaculaires. La chanteuse Simone Simons, très en voix ce soir, se balade un peu partout, et le claviériste, Coen Janssen, vient de temps en temps, instrument semi-circulaire en bandoulière, narguer les premiers rangs. On sent bien que le bougre trépigne sur place et il l’avouera plus tard, en évoquant l’un des nombreux circle-pits de la soirée : « Je vous rejoindrai bien là-dedans, mais j’ai du boulot » !


EPICA a le mérite de renouveler complètement, ou presque, sa set-list, par rapport à la dernière tournée, avec seulement trois morceaux déjà joués en 2023. Il y a bien sûr la part de nouveautés en provenance de « Aspiral », comme les énergiques "Eye Of The Storm" et "Fight To Survive" ou l’ambitieux "The Grand Saga Of Existence (A New Age Dawns Part IX)". 
Mais EPICA a aussi à cœur d’offrir de vraies digressions variées, comme le passage lyrique de "Tides Of Time", un piano ayant été disposé au milieu de la scène pour Coen Janssen, tandis que la voix angélique de Simons donne des frissons. Ou ce joli duo féminin Simone Simons/Charlotte Wessels lors de "Sirens - Of Blood And Water", un titre méconnu extrait de l’EP « The Alchemy Project » (2022).
La fin du show joue davantage la carte de la nostalgie avec, quasiment de rang, "Cry For The Moon" et, au rappel, "The Last Crusade" et "Beyond The Matrix".

Au final, du tout bon durant 1h20, avec un degré de finesse un peu supérieur par rapport aux précédents concerts parisiens, ce dont personne n’a eu l’air de se plaindre.


Photos © Benjamin Delacoux - Portfolio

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