Enfin ! Six mois après avoir reporté son passage à l’Elysée Montmartre (prévu initialement le 13 décembre 2025), les Américains CLUTCH sont de retour dans la mythique salle parisienne ! Accompagné de BOKASSA pour l’occasion (mais sans 1000MODS, qui étaient initialement à l’affiche), le quatuor a attiré la foule pour ce concert affichant complet en headline. Dans une atmosphère franchement bon enfant et avec un public composé d’habitués de CLUTCH, la salle se remplit peu à peu, tandis que le trio de stoner punk norvégien BOKASSA monte sur scène…
C’est sous des applaudissements déjà chaleureux que Jørn Kaarstad (guitare, chant), Inge Morten Gustafsholm (basse, chant) et Olav Dowkes (batterie, chant aussi) montent sur scène, souriants et en pleine forme, sept ans après leur dernier passage dans la capitale, comme le fera remarquer le chanteur. En effet, leur dernier concert n’était autre qu’en première partie de METALLICA (accompagnés également par GHOST), en 2019 au Stade de France ! Beaucoup de temps à rattraper, donc, et les 45 minutes de leur set ne seront pas de trop pour redéployer leur stoner punk. Le son est d’emblée absolument parfait. Le groupe a eu largement le temps de régler tous les détails, et ça se sent ! Chaque titre a un véritable impact sur le public, en particulier les chansons issues de son dernier disque, « All Out of Dreams », mais aussi sur les classiques de « Crimson Riders » et « Divide & Conquer ». Dans un bon esprit, les premiers pogos se lancent, tandis que le trio anime la soirée à coups de riffs et de blagues pince-sans-rire de Jørn Kaarstad, qui essaie régulièrement de parler français, généralement avec succès. Le set se termine déjà au bout d’une dizaine de titres, et nous sommes nombreux dans la salle à nous dire que BOKASSA a incroyablement bien progressé depuis sa dernière venue ! A revoir, espérons-le, avant… 2033. (et désolé, pas de photos, elles n'étaient pas autorisées ndlr).

CLUTCH est prêt à monter sur scène devant plus d'un millier de fans qui savent déjà qu'il peut proposer n’importe quel titre de toute sa discographie en ouverture, étant habitué à changer sa setlist pour chaque concert ! Le choix se porte ce soir sur "Impetus", extrait assez rare de « Passive Restraints » qui donnera le ton de la setlist élaborée par CLUTCH : ce 31 mai, on va planer et on va danser ! Neil Fallon s’élance immédiatement en avant de scène, épaulé par les timides mais indéboulonnables Dan Maines (basse) et Tim Sult (guitare), aussi carrés musicalement que stoïques dans leur attitude. Le son est incroyablement clean et permet d’entendre toutes les subtilités de jeu de l’un et de l’autre, mais aussi le groove incomparable du batteur Jean-Paul Gaster, en très grande forme ce soir !

On sent immédiatement qu’on va passer une formidable soirée avec les rockers, et effectivement, les morceaux cultes qui s’enchaînent nous le démontreront à chaque minute : "Worm Drink", "Burning Beard" ou encore le plus récent "Red Alert (Boss Metal Zone)" excitent la foule qui se lance dans un grand pogo qui ne s’arrêtera presque pas de la soirée. Neil Fallon remercie chaleureusement le public d’avoir attendu si longtemps, et - en français dans le texte - la foule qui l’acclame entre chaque titre. Un effort de communication très apprécié par le public français qui lance ses premiers slams (rapidement découragés par la sécurité qui menace de les sortir de la salle), tandis que d’autres « deep cuts » cultes arrivent avec "The Soapmakers", "Cypress Grove" ou encore "I Have The Body Of John Wilkes Booth".

Certains semblent quand même s’impatienter, réclamant des « chansons populaires », mais Neil Fallon les ignore royalement avant de lancer "Slaughter Beach", qui met d’accord tous ceux qui ont écouté le dernier album du groupe. Un "classique" de plus de 20 ans arrive cependant (enfin !, diront certains) avec "The Regulator" et la foule hurle de plaisir, avant un "Immortal" d’anthologie (qui nous rappelle cette collaboration avec Leslie West de MOUNTAIN en 2001 sur "Pure Rock Fury"). "Spacegrass" fera une apparition, ainsi que "The Wolf Man Kindly Requests…" (tiré de "Earth Rocker", en 2013) avant que CLUTCH ne quitte brièvement la scène… pour mieux revenir durant un rappel attendu par la majorité de la salle : l'absolument incontournable "Electric Worry" qui met tout le monde d’accord et déchaîne encore plus l’énergie d'un ultime pogo poursuivi sur la reprise de "Fortunate Son" de CREEDENCE CLEARWATER REVIVAL. Pas certain que John Fogerty ait imaginé cela en 1969 !

Si on peut regretter l’absence de certains morceaux plus énergiques comme "X-Ray Vision" ou "Firebirds", CLUTCH a livré ce soir un concert à la hauteur de sa réputation, aussi imprévisible que qualitatif, avec un son limpide et crunchy comme il faut, et une attitude fidèle à celle de ces 36 dernières années, entre stoner et rock n’ roll. Un coup de cœur pour ma part, qui n’aura pas forcément plu aux amateurs du côté le plus énergique de la discographie du groupe. Mais c’est aussi ça, CLUTCH : un groupe puriste, authentique mais absolument imprévisible et là avant tout pour se faire plaisir à lui-même !
