6 juin 2026, 23:59

HEAVY WEEK-END Jour 2

@ Nancy (Zénith)

Blogger : MathRiff
par MathRiff


Pour cette deuxième journée, le soleil se montre un peu plus timide que la veille… et pour combien de temps ?
Une chose est sûre : le public est une nouvelle fois au rendez-vous, et de manière encore plus compacte que lors de la première journée. La crash barrière est rapidement prise d’assaut et les festivaliers semblent déjà impatients de voir les premiers groupes monter sur scène.

17h00 : Entrée en scène de NOVA TWINS, le duo de choc composé de la bassiste Georgia South et de la chanteuse Amy Love, qui ouvre le bal de cette deuxième journée. Il ne faut surtout pas se fier aux papillons qui décorent les amplis Marshall. Seulement trois musiciennes sont présentes sur scène, mais au vu du son qui s’en dégage et de l’énergie déployée, le groupe fait immédiatement forte impression. Elles occupent l’espace avec assurance et semblent bien décidées à marquer les esprits. Le combo basse saturée d’effets, pédales et batterie fonctionne à merveille avec la voix puissante d’Amy Love, résolument punk dans l'attitude. Les titres "Cleopatra" et "Monster" s’enchaînent tandis que la pyrotechnie apporte encore davantage de caractère à la performance. Les échanges avec le public, qui répond présent et chante à l’unisson avec le groupe, montrent que cette journée du samedi démarre sur les chapeaux de roue.
Mention spéciale durant "N.O.V.A", scandé en rythme par le public pour le plus grand bonheur des musiciennes.


18h30 : la pluie pointe le bout de son nez et la fosse commence à se resserrer de plus en plus. Pourtant, c’est également l’heure de replonger, au moins en partie, dans les années 90 avec l’arrivée des CAVALERA.
Pour l’occasion, le groupe reprend dans son intégralité l’album « Chaos A.D. », avec une reproduction grandeur nature de sa célèbre pochette installée sur scène. La fameuse momie suspendue par les pieds trône à l’arrière tandis qu’un écran géant complète cette immersion visuelle dans l’univers du disque. Une chose est claire : au vu de l’affluence et de l’intensité qui accompagne l’arrivée des frangins sur scène pour "Refuse/Resist", l’album porte parfaitement son nom. Il est difficile de décrire ce qui se dégage de l’enchaînement de morceaux tels que "Slave New World", "Propaganda" ou encore "Biotech Is Godzilla". Une pensée amusante lorsqu’on sait que GOJIRA, qui clôturera cette deuxième journée, observe le concert depuis les abords de la scène (non seulement les Duplantier n'ont jamais caché leur admiration pour SEPULTURA, mais on se rappelle aussi que Joe a tenu la basse pendant un an dans CAVALERA CONSPIRACY). La façon dont Igor Cavalera tabasse ses fûts n’a pas pris une ride et se marie toujours parfaitement au chant de Max.

Malgré les années qui passent, ce dernier impressionne toujours par sa présence et son intensité. Le son d’Igor est absolument immense. Chaque coup de batterie résonne dans le corps, ce qui reste rare pour un groupe n’occupant pas la place de tête d’affiche. Une sensation presque physique qui participe grandement à la réussite du concert. Quelques problèmes techniques viennent néanmoins perturber Max au niveau des retours des guitares, mais sans jamais l’empêcher de poursuivre son set. Cela ajoute même une dose supplémentaire d’agressivité à son interprétation. À l’inverse, Max apparaît particulièrement souriant et n’hésite jamais à échanger avec un public déjà chauffé à blanc entre headbangs, slams et pogos. Le soleil finit par refaire son apparition avant "Territory" qu'il dédicace à GOJIRA. Les mouvements de foule incontrôlables témoignent combien le morceau fait mouche. Le groupe enchaîne ensuite avec le cultissime "Symptom of the Universe" des légendes BLACK SABBATH, avant que "Chaos A.D." puis "Refuse/Resist" viennent conclure le set de la plus belle des manières, accompagnés d’un impressionnant wall-of-death. Une belle dose de nostalgie qui rappelle à quel point cette époque aura été marquante. Pour ceux qui, comme moi, ne l’ont connue qu’à travers les albums, cette prestation démontre que combien les années 90 ont aussi été cruciales dans la musique.


A 20h30, place à TRIVIUM. Dès l’arrivée du groupe sur la scène du Zénith, les premières notes de "Pull Harder on the Strings of Your Martyr" donnent immédiatement le ton d’un concert, qui s’annonce enflammé dans tous les sens du terme. Le public répond au quart de tour présent en chantant avec Matt Heafy, qui mène la foule avec une facilité déconcertante. Lorsque celui-ci demande à l’assemblée de sauter ou de reprendre avec lui le riff de "Strife" à la voix, la réponse est immédiate. Une belle communion qui restera constante tout au long du concert. Entre les solos harmonisés avec son compère de toujours Corey Beaulieu et l’excellent travail derrière les fûts du nouveau venu Alex Rüdinger, dont la double pédale semble inépuisable, le groupe déroule un set particulièrement solide incitateur aux pogos et headbangs survoltés dans le public. Les morceaux s’enchaînent avec une précision remarquable : "Down From The Sky", "Like Light To The Flies" et bien d’autres encore.

Pendant que le soleil se couche doucement sur l’amphithéâtre, Matt Heafy affiche fièrement ses impressionnants tatouages tandis que résonne "Until The World Goes Cold", un titre finalement assez approprié au contexte du moment. La seconde partie du show réserve une belle surprise avec "Dying In Your Arms", jouée pour la première fois de cette tournée estivale. Le monstre figurant sur la pochette de l'album « Ascendancy » apparaît alors en fond de scène dans un effet particulièrement réussi. Juste avant "Silence In The Snow", Nancy décroche le titre de « meilleur public rencontré depuis le début de cette tournée des festivals ». Ce n’est pas moi qui le dis, mais bien Matt Heafy lui-même. Le concert s'achève sur l’incontournable "In Waves", l’intégralité de l’amphithéâtre s’agenouille avant de se relever d’un seul homme lorsque le chanteur lance le célèbre refrain. Difficile de contredire le frontman : le public du Heavy Week-End mérite largement sa réputation pour son accueil et son engouement manifeste.


22h : c'est l’heure fatidique pour le monstre français GOJIRA qui entre dans une arène quasiment pleine. Image impressionnante avant même la première note.
En une fraction de secondes avec "Born For One Thing", l’apothéose est au rendez-vous. Entre deux dates de tournée européenne avec METALLICA, les quatre Français sont incontestablement déterminés à offrir une prestation mémorable. Pour notre plus grand plaisir, le groupe ressort une partie de la scénographie de sa dernière tournée française. Le tout est accompagné d’un son absolument monstrueux et rivalise avec celui étonnamment surpuissant qui émane du public. Difficile de départager qui se fera le plus entendre ce soir. Le désormais classique "Backbone" est soutenu par une pyrotechnie infernale qui réchauffe l’assemblée. Puis viennent "Stranded", accompagnée de confettis et de feux d’artifice illuminant le ciel nancéien, ainsi que "The Cell". Joe Duplantier prend ensuite la parole afin de dédier "Love" aux frères Cavalera. Comme il le souligne, il est difficile de réaliser qu’ils occupent le statut de tête d’affiche après avoir assisté à une telle démonstration de force depuis le côté de la scène quelques heures auparavant. Même si GOJIRA s’est déjà produit en France il y a quelques mois, il est impossible de ne pas ressentir la fierté du groupe de jouer devant son public.

Je décide alors de prendre un peu de recul en rejoignant le sommet de l’arène afin d’observer le spectacle dans son ensemble. Une fois installé, la qualité sonore me surprend immédiatement. Chaque tom, chaque ligne de basse, chaque guitare ainsi que la voix tranchante de Joe Duplantier résonnent parfaitement pendant "Flying Whales".
Les morceaux s’enchaînent : "Grind", "Amazonia" ou encore "Another World". Un véritable best-of servi par une synchronisation entre lumières, écrans et pyrotechnie encore plus impressionnante lorsqu’on observe l’ensemble avec un tout petit peu de distance. Désormais incontournable hymne, mention toujours spéciale à "The Chant", repris par la quasi-totalité de l’audience dans un moment toujours particulièrement fédérateur. Même si les 13 000 personnes présentes ce soir en sont probablement déjà convaincues, il fait bon le répéter : le mérite du statut de GOJIRA fait l'unanimité.
C’est sous les feux d'artifice et sur "The Gift of Guilt" (après l'olympique "Mea Culpa") que s’achève cette deuxième journée du Heavy Week-End.
Un franc succès à mes yeux.
Rendez-vous demain pour la clôture de cette superbe édition éclectique 2026.
 

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