16 octobre 2026, 23:59

AUDREY HORNE (+ MOTOROWL)

@ Paris (Nouveau Casino)

En 2013 et 2014, AUDREY HORNE s’est produit à Paris, au Nouveau Casino, la salle que le groupe investit de nouveau ce soir. Le signe que, une décennie plus tard, le statut de la formation norvégienne n’a hélas pas vraiment progressé, même si elle a depuis malgré tout joué dans deux salles de capacités légèrement supérieures de la capitale, la Maroquinerie et le Divan du Monde. Le fait que deux mastodontes du black metal, BEHEMOTH et DIMMU BORGIR, partagent l’affiche au Zénith ce vendredi soir, ne doit également pas aider…


© Dom Gilbert


Et il ne fallait pas trop compter sur la première partie pour booster les ventes. Non que MOTOROWL soit déméritant, loin de là. Mais, malgré leurs 3 albums sous le bras, ces Allemands défenseurs d’un stoner/doom un rien psychédélique avec ses synthés restent largement méconnus. A tort, car durant la quarantaine de minutes de sa prestation, le HIBOU A MOTEUR (ça, c’est du nom ! ) séduit avec quelques cavalcades ("All Bells Ring", "To Give", "Future Nostalgia") et titres plus lourds, comme "No Center", ou le tout nouveau single "Water Line". 

L’originalité de MOTOROWL par rapport à la concurrence, c’est de posséder une claviériste, Marie-Christine Herberg, dévolue aux synthés (et qui a eu la bonne idée de décorer son instrument avec un bouquet de fleurs). Elle enrichit encore le son déjà épaissi de deux guitares, et prend parfois le solo, comme sur "Water Line".


Le chanteur et guitariste, Max Hemmann, fait le malin avec un certain talent et humour.  Comme lorsqu’il évoque le morceau "Future Nostalgia", « ça parle de protestations et d’émeutes, vous êtes des experts, non ? ». Ou lorsqu’il invite le public à aller visiter le stand de merchandising : « Si vous avez aimé le groupe, vous y trouverez des tee-shirts. Et si vous n’avez pas aimé, vous y trouverez aussi des tee-shirts je déteste Motorowl ! » Nous avons hélas oublié d’aller vérifier cette assertion.

Les Allemands proposent en fin de concert une reprise de TYPE O NEGATIVE, "I Don’t Wanna Be Me", étrangement présentée sur la setlist comme "Stahlpeter" (en gros, la traduction en allemand du nom de Peter Steele), mais qui fait parfaitement le job. Avant un ultime "Atlas", début pesant puis accélération, une longue pièce qui montre le groupe sous son meilleur jour. La prochaine fois en tête d’affiche ?


AUDREY HORNE fait partie de cette catégorie de groupes bosseurs, taillés pour la scène et incapables de s’abaisser à donner un mauvais concert. Les morceaux sont bons, voire excellents, les musiciens sympas et heureux d’être sur scène, où il se passe toujours quelque chose. La preuve encore ce soir, grâce à une heure et demie de heavy mélodique de tradition, lancée après deux introductions, "The Boys Are Back In Town", de THIN LIZZY, et le générique du Muppets Show.

Deux indices révélateurs sur la formation, qui apprécie autant la bande à feu-Phil Lynott que l’humour. Dès le premier morceau, "Achilles", extrait du même album sorti début septembre, le chanteur, Toschie, se met le public dans la poche en clamant un « ça va ? » en français, et n’a plus loin dans le morceau même pas besoin de demander aux spectateurs de chanter, ils le font d’eux-mêmes. Et le solo de guitares constitue bien entendu la première occasion pour les deux gratteux, Ice Dale et Thomas Tofthagen, de prendre la pose, instruments en l’air alors qu’ils parcourent leur manche. Une attitude qui revient souvent, avec les deux gaillards constamment tout sourire. 

Fiers de leur dernier album, les Norvégiens en proposent de nombreux extraits, dont "In The Eye Of The Hurricane" en deuxième position dans la setlist. « Nous sommes venus ici pour déclarer la guerre », balance Toschie avant le plaisant "This Is War", durant lequel il filme le public en train de s’éclater.


Déclaration un peu moins belliqueuse avant "Pretty Little Sunshine" : « Vous avez amené vos chaussures de danse ? ». Bien sûr, toujours… C’est peut-être pour vérifier qu’un des deux guitaristes descend alors dans la fosse, rapidement suivi par Toschie. 
Ce dernier s’empare un peu plus tard d’un disque vinyle de « Achilles », piqué à une spectatrice du premier rang, pour parler de son dernier disque, et d’introduire une nouveauté, le véloce "Insanity", qui sera suivi d’un autre titre récent non moins intéressant, "Hell Is Eternity".

Comment ne pas penser à THIN LIZZY lorsque déboulent les harmoniques à deux guitares de "Out Of The City" ? On ne peut pas. Mais le titre d’après, "Holly Roller", montre que AUDREY HORNE possède aussi sa propre inspiration, et celui encore après, "Devil’s Bell", souligne que le groupe a aussi bien écouté IRON MAIDEN, avec intro millésimée (par contre, on verrait mal MAIDEN embrayer sur le refrain choisi par les Norvégiens…)

Juste auparavant, nous avons eu droit à la réplique de la soirée, Toschie questionnant le public, après avoir annoncé que deux Canadiens se trouvaient dans la salle : « Quelqu’un vient de plus loin, comme la Nouvelle-Zélande ? », « Melun ! », répond un farceur. Saluons le dévouement de cet aventurier !


C’est toujours un régal d’entendre l’excellent refrain de "Youngblood", et le bassiste Espen Lien ne démérite pas lorsqu’il prend le micro pour chanter "God Damn Beautiful" (nous vous conseillons le clip). 
Le concert se termine sur "Blaze Of Ashes", avant un rappel, introduit par un Toschie en feu. « Bienvenue à cette deuxième partie. Je serai en solo. Je chanterai des tubes français des années 70. La France est le pays de l’amour, je serai votre Tom Cruise et vous serez ma Nicole Kidman ! » 

Heureusement, les autres musiciens ne se laissent pas faire, et la séquence « true romantic soft rock », pour reprendre les termes du chanteur, se limite à une très belle version de "Sail Away" durant laquelle Toschie et ses deux guitaristes descendent dans la fosse et font asseoir le public durant la prestation. Allez, encore un petit "Redemption Blues", puis un réjouissant "Waiting For The Night", pour finir la soirée. Sans conteste, un des meilleurs concerts de l’année, dont on repart avec des refrains plein la tête.

Blogger : Michel Valentin
Au sujet de l'auteur
Michel Valentin
Ses autres publications
Cookies et autres traceurs

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de Cookies ou autres traceurs pour mémoriser vos recherches ou pour réaliser des statistiques de visites.
En savoir plus sur les cookies : mentions légales

OK