16 janvier 2016, 18:52

THE DARKNESS + THE RIVER 68's @ Bilbao - Espagne (Santana 27)

Blogger : Abigail
par Abigail

11 ans pour ma part que je n’avais pas eu l’occasion de revoir les petits Anglais sur scène. Si j’en gardais déjà un très bon souvenir, celui-ci ne sera que décuplé après la prestation de ce soir.
Pour ouvrir la soirée - autour d’une mousse bien évidemment - nos amis de THE DARKNESS emmènent avec eux les Ecossais RIVER 68’s. Un duo composé de deux frères restés coincés dans les années 70 en mode hippies qui pendant une demi-heure interpréteront des titres acoustiques uniquement composés de guitare et chant. Si le style est loin du rock ou du metal, ces derniers arriveront malgré tout à chauffer la salle avec une prestation plutôt orientée musique traditionnelle aux influences un peu psychées des années 70. Le chanteur pourrait bien être la réincarnation d’une Janis Joplin vu son attitude planante, son style et son chant, et son frère ne dépareille pas derrière sa gratte. En somme, un remake de Woodstock pas désagréable, même si le public était clairement présent pour la suite. D’ailleurs sur certaines dates le duo - également trio électrique auparavant - revenait sur scène avec THE DARKNESS pour une interprétation commune, mais ce ne sera pas le cas ce soir.



Malgré le fait qu’il n’y ait pas eu de backline à changer, THE DARKNESS se fera attendre une trentaine de minutes et c’est sur une intro musicale d’ABBA que le groupe arrivera sur scène devant un public entièrement acquis à sa cause.
Débarque en premier sur scène le bassiste Frankie Poullain, lui aussi directement venu des années 70, choucroute capillaire version Jackson Five, lunettes de soleil et complet veston rétro d’un rouge criard. Notre frontman Justin (David) Hawkins ne sera pas en reste avec un costume affreux à rayure noires et blanches du plus bel effet, affublé de bretelles et d’une coupe de cheveux non-identifiable. Le tout couronné par un sourire démesuré équipé d’une rangée de dents habillées d’un appareil dentaire à l’ancienne. Volontaire ou pas pour l’appareil dentaire, l’accessoire ne dépareille pas à la tenue générale du 'sieur. En bref un petit côté Beetlejuice indéniable. Son frère et guitariste du groupe, Daniel (Francis) Hawkins sera quant à lui plus discret dans son complet veston velours bordeaux, à l’image de Rufus Tiger Taylor derrière ses fûts.
Le quartet attaque directement par le très heavy "Barbarians", qui a été le premier single du dernier album « Last Of Our Kind ». Le groupe est d’entrée de jeu accueilli par un public espagnol de samedi soir chauffé à blanc, bien alcoolisé et prêt à en découdre, ce qui filera la banane au groupe pour toute la soirée.



Même si l’ensemble du groupe dispose d’un certain charisme, il ne faudra que quelques minutes pour réaliser que THE DARKNESS est réellement incarné par Justin. Le leader est tout simplement à 200% toute la soirée et n’arrête jamais. Intenable, boosté aux amphétamines, son jeu de scène et son côté très décalé n’ont pas pris une ride. Au-delà de la musique il est un "one-man-show" à lui seul, enchaînant une communication non verbale encore plus intense que son chant et ses discours. Très à l’aise vocalement - même dans les parties les plus aigues - et alternant passage avec ou sans guitare, il ne rate pas une occasion de faire le pitre, digne d’un Charlie Chaplin.

Dès le deuxième titre, retour au premier album qui - comme depuis toujours avec eux - sera mis en avant, puisque pas moins de 9 titres sur les 10 seront joués ce soir. Et effectivement, cet album n’étant composé que de classiques, le public répondra présent sur tous les refrains et chantera à tue-tête de "Black Shuck" à l’énorme "Get Your Hands Off My Woman" en passant par "Givin’up" ou encore la ballade "Love Is Only a Feeling".
Deux titres rescapés du 2ème album seront aussi joués, "One Way Ticket" - déclenchant une folie générale dans la salle - et le très QUEEN "English Country Garden" pour lequel Justin s'accompagnera au piano, au milieu de la scène, ce qui lui permettra d'alterner chant, guitare, piano, toujours avec une attitude comique et caricaturale.
En parlant de QUEEN, n’oublions pas que le nouveau batteur n’est autre que Rufus Tiger Taylor, le fils de Roger Taylor, la boucle est donc bouclée, autre point commun dans l’extravagance et les tenues de scène improbables de Justin.

Nous n’aurons au final que 4 titres plus récents : un rescapé de « Hot Cakes » et trois du dernier avec "Mudslide", "Roaring Waters" et "Barbarians" joué en intro. Dommage, un ou deux morceaux supplémentaires auraient été les bienvenus vue la qualité du disque.
La ballade "Conquerors" et le dernier single "Last Of Our Kind" ont été joués quelques fois sur la tournée anglaise mais rapidement retirés du set. Nous aurons droit en contrepartie à un nouveau titre pas encore enregistré en studio "Rack Of Glam" plutôt efficace.
Les 80 minutes du set principal passent à une vitesse assez incroyable et nous voila déjà au final avec le classique "I Believe In a Thing Called Love" qui fait littéralement exploser la salle, sûrement la meilleure réponse du public avec "Friday Night" même si nous étions samedi.

THE DARKNESS sur scène c’est vraiment la fête à l’état pur et une ambiance si intense ne pouvant pas se terminer si vite. Le groupe reviendra pour sa reprise accélérée ultra-efficace de RADIOHEAD "Street Spirit (Fade Out)" et une version allongée de "Love On The Rocks With No Ice".

Pour l’occasion, Justin à changé de tenue et revient le cul moulé dans un short de tennis blanc surmonté d’un tee-shirt à l’effigie... de son bassiste. On ne fairait plus sexy. Il en profitera également pour s’offrir un bain de foule en passant dans le public sur les épaules d’un roadie masqué en catcheur. Et cerise sur le gâteau, notre ami clôturera son show par un déhanchement de strip-tease digne d’une Kim Basinger, micro à la main, mais ne faisant tomber réellement que le haut.
Pendant tout le concert, le groupe n’arrêtera une seule seconde de sourire, rire et même piquer un fou-rire sur scène qui empêchera pendant quelques instants notre frontman de chanter. Fou-rire apparemment lié au shoot d’une bouteille d’eau par Dan et qui atterrira dans les spots surplombants la scène. Vous l’aurez compris, le groupe prendra vraiment son pied - nous aussi - et  au-delà d’une touche d’humour en répétant que nous sommes le meilleur public de 2016, la salle, affichant complet ce soir, méritera largement ce compliment.
Même 10 ans après, avec une période de pause pour le groupe, ce dernier prouve qu’il est encore et toujours capable de faire succomber une salle entière. Rack of Glam !


Retrouvez la galerie complète dans le portfolio.


Blogger : Abigail
Au sujet de l'auteur
Abigail
Passionnée de métal et de musique en général, Abigail en a fait son métier pendant 10 ans en travaillant dans la distribution discographique spécialisée en région parisienne. La vente puis le management avec divers distributeurs et labels spécialisés afin de promouvoir les groupes et la musique en France. Également organisatrice de concerts à la Locomotive pendant 7 ans avec l'association RIFF - à l'origine du festival Riff'In'Paris en 2005 - sa route l'a menée aujourd'hui dans le Sud Ouest à la frontière Espagnole. Abigail continue donc de se déplacer sur de nombreux concerts et festivals, situés de part et d'autre de la frontière Espagnole, chronique ou photographie pour le plaisir et pour partager avec d'autres passionné(e)s.
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