Malgré des débuts sous le nom d’UNHOLY CADAVER plutôt orientés vers un doom/death aux flagrances sataniques, HAMMERS OF MISFORTUNE a très tôt montré de belles dispositions pour le heavy progressif. Un style aux structures alambiquées, aux ambiances opposées et aux breaks inattendus faits de chants masculins et féminins qui savamment s’entrecroisent en une danse folle. Intemporel, original et de fait profondément déstabilisant !
La formation californienne vient d’accoucher de son sixième rejeton et si elle n’a jamais réussi à décrocher la timbale à l’international, c’est qu’effectivement sa relative complexité constitue à la fois sa plus grande force mais aussi sa principale faiblesse pour accéder au plus grand nombre. Pourtant, avec « Dead Revolution », HAMMERS OF MISFORTUNE a semble-t-il enfin trouvé la formule idéale...
Pour cet album en effet, la production de Nick Dimitriu (VHÖL) sur console analogique a avant tout cherché à se rapprocher le plus possible du son de PINK FLOYD sur « Meddle » (1971) ou de CAMEL sur « Mirage » (1974) et de minimiser le recours au digital.
Musicalement parlant, c’est plutôt vers le DEEP PURPLE des années soixante-dix qu’il faut trouver des analogies, à travers l’excellent titre éponyme et son orgue à la Jon Lord et surtout le magistral "Flying Alone", véritable tube en puissance. Preuve de son caractère intemporel, HAMMERS OF MISFORTUNE reprend également à son compte un vieux traditionnel américain sur la ruée vers l’or de 1849 (le très folk "Days of '49") sans pour autant oublier le siècle présent avec l’énorme "The Velvet Inquisition" très influencé par MUSE, faisant preuve d’une grande maîtrise instrumentale et d’un haut niveau de composition (sans doute à cause de la maturation de cet album, 5 ans s’étant écoulés depuis le précédent « 17th Street »).
A l’image de la pochette du peintre Robert Steven Connett, artiste génial qui décompose les formes du vivant dans des visions détaillées surréalistes, « Dead Revolution » cache des trésors qui ne demandent qu’à être découverts.