Qui n’a jamais écouté ANAAL NATHRAKH n’a jamais passé une seule nuit dans un asile d’aliénés, quand dans de longs couloirs vides et froids résonnent les gémissements plaintifs des hommes en proie à leurs sombres démons succédant aux hurlements stridents d’autres malades en pleine crise (le démentiel "On Being A Slave"). Qui n’a jamais écouté ANAAL NATHRAKH ne s’est jamais retrouvé seul dans une cellule capitonnée envahie par les ombres mouvantes, l’esprit embrumé par de puissants sédatifs empêchant l’âme encore plus frustrée de libérer sa force aveugle et destructrice. Qui n’a jamais écouté ANAAL NATHRAKH n’a jamais plongé l’oreille dans la folle noirceur humaine ("In Flagrante Delicto", un blasphème à lui seul), immonde et poisseuse, celle qui fait perdre la raison à jamais et qui fait que dans la bataille entre le Bien et le Mal, il n’y a ici nul vainqueur.
Qui n’a jamais écouté ANAAL NATHRAKH enfin, ne peut se rendre compte à quel point le multi-instrumentiste Mick Kenney et l’homme aux mille voix Dave "V.I.T.R.I.O.L." Hunt sont dévorés par ce monde obscur où aucune âme saine ne peut rester indemne.
Oscillant toujours entre un black metal symphonique à la EMPEROR et un grindcore féroce et brutal, le duo de Birmingham défigure le réel au point de le rendre méconnaissable (la reprise de "Powerslave" d’IRON MAIDEN - sur la version numérique de l'album), plongeant depuis 1999 l’auditeur dans un univers distordu d’une violence perpétuelle. Un univers cerné de murs sonores griffés par les ongles de ces nombreux damnés qui ont commis une fois l’erreur fatale de les écouter.
Ne cherchez pas à savoir comment ces deux possédés peuvent exhumer de pareils titres de leurs esprits dérangés ("Extravaganza !" aux relents de King Diamond) : vous n’aimeriez sans doute pas la réponse… Fuyez, pauvres fous !