A gauche, à droite, en öOoOoOoOoOo, en bas, c'est rigolo une CHENILLE.
Rigolo. Oui, c''est le mot. Un peu comme Apathia. Non, je ne parle pas de Jean-Michel. Manque le "h". Tiens, le "e" aussi. Ni l'état de léthargie rampante qui m'assaillit à l'idée de chroniquer un album de total doom de chez Total Rust. Non, je pense plutôt au label et hardi refuge de PRYAPISME, ses chatons pixelisés mignons tout pleins, son metal halluciné, spatial, foutraque et décalé qui régale petits et grands amateurs de blast beats acidulés. Et je salue une fois de plus la ligne directrice du label qui prône l'éclectisme, c'est important l'éclectisme. C'est-à-dire que l'athlétisme, j'en ai fait quand j'étais jeune, du saut en longueur, tout ça mais là j'ai arrêté, c'est fatiguant l'athlétisme.
Bref.
CHENILLE donc (on va s'éviter des fautes de frappe aka mon arthrose des interphalangiennes distales vous remercie) s'inscrit lui aussi parfaitement dans la ligne de conduite du label. C'est à dire... qu'il n'en a pas. Et qu'il s'en tape, vraiment. Parce qu'entre nous, attaquer ces quarante-cinq minutes avec un morceau intitulé "Rules Of The Show" alors que des règles, il n'y en a pas, c'est pas nous prendre (un peu) pour des boeufs ? Hein ? Bon, heureusement que le disco metal protéiforme et envoûtant prodigué tout du long de ces deux-cent soixante premières secondes nous file notre lot de sensations fortes. De vraies montagnes russes dans lesquelles les hauts-le-coeur rythmiques titillent les esgourdes en permanence, zéro stabilité, ça glisse où que l'on mette les pieds. Un fatras de six cordes et de percussions broyées dans un maelstrom furax d'où surnage avec une sorte de féerie schizophrène la voix d'Asphodel. Mouais, c'est un peu ça mais ce n'est qu'un avant-goût de la suite du show...
Un Tonight Show où ce bon vieux Jimmy Fallon, après avoir avalé une bonne dose de Special K, se livrerait en direct à une séance de body suspension sous les hourra d'une foule en délire ? Courageux. Une Nuit en enfer sans zombies qui ferait la nique à un Grand Burlesque tordu, machiavélique qui renouerait dans un sprint final avec le bon goût ? Compliqué. Mais finalement... à quoi bon tenter d'expliquer ce qui va suivre pendant quarante minutes et las, rentrer dans le détail de chacun des onze autres morceaux ? Autant de fresques mystérieuses où l'auditeur est malmené dans ses convictions puisque qu'ici cohabite tout et son contraire.
Mais le plus fort dans ce J.B.O. (Joyeux Bordel Organisé), c'est que le duo de cerveaux qui officie à la manoeuvre, une ex-PIN UP WENT DOWN et un toujours-fan de PSYKUP, a le chic pour rendre tout cela digeste. Plus efficace qu'une douzaine d'Oxyboldine en intraveineuse, les structures de chaque morceau, une fois appréhendées en solitaire, révèlent leurs liens improbables au fil des écoutes. Et le menu annoncé, chargé au demeurant, passe sans sourciller, rototo de fin de repas inclus. Bon, je ne vais pas vous cacher qu'il faut faire preuve d'un peu d'imagination pour imaginer le rendu final. Entre touches pop croisant des embardées black, vocalises nocturnes d'une Alicia Keys sous Risperdal, rythmiques saccadées et arrangements classieux qui tutoient des cordes au bord du gouffre, quelques pointes électro, trop rigolo, l'air, la vie, oui, il y a de quoi le dire bien haut : Camisole mio !
Samen à quoi ?
Samen à rien ?
Samen à tout ?
Rhââ lovely !