Vous vous réveillez en pleine nuit en sursaut. Un frisson vous parcourt l’échine tandis que vous retenez votre souffle : vous sentez que quelque chose d’anormal se passe dans votre logis sans savoir quoi exactement. Comme une présence... Là, tapie quelque part dans l’ombre. Vous pouvez même ressentir son caractère hostile et menaçant comme si c’était palpable dans l’air. Un silence lourd presque complice répond aux battements assourdissants de votre cœur dans votre poitrine. Alors que vous tendez la main en tâtonnant vers la table de chevet à la recherche de l’interrupteur, un bruit étouffé à l’extérieur de votre chambre vous déclenche à nouveau un frisson d’angoisse.
Évidemment la lampe ne fonctionne pas, la lumière du réveil non plus et le portable semble déchargé. Il n’y a plus aucune lumière hormis les rais blafards de la pleine lune traversant les volets de la fenêtre. Le plus doucement possible, vous écartez les draps et vous quittez votre couche en serrant les dents sous les grincements sinistres de la literie. Les mains effleurant les murs du couloir surprises par la moindre aspérité, vos pieds comme scotchés sur le carrelage glacé, vous progressez à l’aveugle à petits pas vers la cuisine d’où émerge une faible lueur… Passant la tête dans l’embrasure de la porte avec d’infinies précautions, une scène d’horreur vous saisit alors d’effroi : le chat, la tête dans le frigo en train de boulotter un morceau de viande, a fait tomber votre unique bière aromatisée à la Tequila au sol !!!
- C’était quoi ? Grommelle votre conjoint les yeux fermés, encore endormie.
- ...Rien. Juste la porte du frigo restée ouverte, répondez-vous en réprimant un rot de brontosaure, satisfait d’avoir sauvé votre binouze d’une fin abominable !
BELOW fait exactement le même effet : une intro ("The Plague Within") qui vous dresse les poils, des titres froids comme les larmes de Dame Mort mais au final, on éructe de joie !
Membres de l’association des Suicidaires Maladroits depuis 2011, les Suédois pratiquent un epic doom metal qui expire la volonté d’en finir avec l’existence et que cette fin soit la plus longue et la plus douloureuse possible. Aussi « Upon A Pale Horse » se révèle lent et glacial comme une injection létale et même si les somptueuses envolées de guitares haussent parfois le rythme général, c’est pour mieux retomber dans une tristesse poisseuse comme un noir linceul collé à l’âme pour l’éternité. Une noirceur mieux contrôlée que sur « Across The Dark River » leur premier essai discographique, comme en témoignent l’excellent "Disappearing Into Nothing" qui ouvre l’album de manière magistrale, "The Coven" ou encore "Suffer In Silence". La maturité du groupe se ressent également jusqu’au chant de Zeb plus assuré, bénéficiant de plus d’emphase dans la diction et globalement mieux mis en valeur (d’autres voix se sont ajoutées à la fête comme celles d'Alan Averill de PRIMORDIAL ou d'Anders Endberg de SORCERER).
Plus affinée, « Upon A Pale Horse » est la petite surprise doom du moment !