Si le nom de WILD LIES n’a pas encore la consonance à nos oreilles que peut avoir un groupe de notoriété internationale, il est conseillé de garder l’œil vif et l’oreille dressée (truffe humide et queue qui remue sont dispensables) sur la carrière de ce jeune groupe britannique. Certains ont pu les voir l’an dernier au Download Festival parisien et le groupe avait eu pour l’occasion un VRP de luxe, Mr. Adrian Smith en personne (guitariste d’IRON MAIDEN) qui distribuait des flyers du groupe sur le site à ceux alentours. Un beau coup marketing dirait-on dans le jargon, dû principalement au fait que le bassiste de la formation se nomme Dylan Smith et n'est autre que le fils d’Adrian, qui se produisait le même jour que le groupe de son fiston. Mais réduire WILD LIES à cela serait une erreur, que l’on ne commettra pas ici.
Premier album du quintet après un EP qui avait bénéficié de la production efficace de Kevin Shirley (IRON MAIDEN, BLACK COUNTRY COMMUNION), « Prison Of Sins » est d’une solidité remarquable. Le chant de Matt Polley (le bô gosse qui va affoler les premiers rangs féminins) est assuré et il fait montre d’un coffre convaincant sur tous les titres même si pas mal de filtres et d’effets sont présents et ne laissent pas transparaître un petit côté brut qui aurait certainement fait son effet. En termes de sonorité globale, l’amateur de groupes US comme SHINEDOWN ou AVENGED SEVENFOLD y trouvera son compte mais il ne laissera pas de côté ceux qui penchent vers le hard rock 70’s (comme sur ''Submission '' où le soliste Zak Muller fait des étincelles et le furieux et final ''Poltergeist '' au riff Sabbathien). Une constante efficacité sur les riffs avec une mention à ''Voices '', ''Your Last Mistake '' qui est un peu plus dark que le reste des autres morceaux, ''Inner Lizard '' ou ''Save Your Breath '', titre choisi comme single. ''Six Walls Down '' brouille les pistes en commençant comme une ballade qui dégénère en un heavy puissant et qui finit d’enfoncer le clou avec un solo “++”.
11 chansons pour 41 minutes, on peut dire que « Prison Of Sins » va droit au but, faute (ou pas) à un calibrage constant de la durée des chansons. Si à l’écoute, on entend nombre de similarités avec A7X comme évoqué plus haut, c’est loin d’être une tare vu le succès des Américains mais on aurait aimé un tout petit peu plus de singularité et de personnalité car les ambiances sont assez similaires d’un titre à l’autre (le bon côté à cela est qu’il s’en dégage une homogénéité que peinent à trouver les jeunes formations). Niveau guitares, c’est du gros niveau car le tissage effectué est remarquable et quelques soli sont fulgurants. Même constat pour les arrangements qui sont très travaillés.
En conclusion, WILD LIES est un groupe à suivre de près car si on lui donne les moyens nécessaires et un peu de temps pour se développer, il est quasi certain que sa place sur les affiches grimpera vite. Et ce « Prison Of Sins » est un premier album de haut vol et dans lequel on sent clairement la somme de travail abattu pour arriver à ce résultat. Well done boys !