Pour commencer, il faut préciser qu’être français, aimer le thrash et ne pas connaître THRASHBACK est un crime de lèse-majesté. Flash-back : l’aventure a débuté il y a plus de vingt ans sous le nom d’EVIL ONE, a muté en 2012 et nous avons ici affaire pour ce « Sinister Force » au troisième album de la formation. Pour situer, le quatuor est un véritable bastion du thrash old-school, terme qui pourrait être péjoratif si l’entreprise était calculée mais celle de THRASHBACK transpire la sincérité et se veut un hommage aux formations ayant débuté dans les années 80 qui ont donné leurs lettres de noblesse au genre. Pour preuve, le chanteur Fabien "Speed" Cortiana est également le batteur du groupe à l’instar de Dan Beehler qui officie aux mêmes postes chez les Américains EXCITER, influence revendiquée haut et fort par l’intéressé. Ses comparses ne sont pas non plus des perdreaux de l’année, le bassiste "Le Gorg" ayant joué chez EVIL ONE justement et avec HÜRLEMENT, ou bien le guitariste Nicklaus Bergen qui a fourbi ses armes chez ADX et ALTERED BEAST pour ne citer qu’une partie de son CV long comme un manche de 24 frettes.
Mais que retrouve-t-on sur « Sinister Force » ? Que du bon ! Du TRÈS bon. On est bluffé d’entrée par la belliqueuse ''Weapons Of Mass Destruction'' et si la plupart des refrains sont victimes de redondance, en mode chant scandés par des chœurs virils et gorgés de testostérone (condition sine qua non pour atteindre l’objectif), l’auditeur devient victime consentante et prend même un plaisir (non) coupable à les chanter aussi. Taillés pour le live, plus que des chansons, des chants martiaux qui feront carton plein sur les scènes à venir ! Pour preuve, j’avance ''Stand Up And Fight'' et ''Chemical Death',' entre autres.
Le chant de "Speed" a le timbre adapté à l’exercice et les bretteurs de six-cordes à ses côtés alignent rythmiques ultra carrées et soli dont de douces réminiscences nous ramènent à un METALLICA époque « Ride The Lightning » (''The Final Hour'' évoquant de loin un ''Escape'') ou bien chez ANNIHILATOR. Comme ces messieurs ont eu le bon goût d’ajouter une production costaude à ce disque, on se dit que l’on est décidément très bien reçu par THRASHBACK. S’il est un bémol à noter, c’est sa trop courte durée (à peine 37 minutes) et, à mon sens, grevés d’une intro et d’un outro qu’on aurait volontiers échangés par un dernier brûlot. Mais c’est chipoter car elles apportent aussi un petit côté "boucle bouclée" à l’ensemble.
Avec des projets comme celui-ci, on peut être fier de ces musiciens français, preux chevaliers du thrash et qui sont pour résumer, en trois mots : « Possessed By Thrash » !