11 juin 2019, 19:55

SLAYER

• Explication de textes : « Decade Of Aggression »


Double live de SLAYER sorti en 1991, « Decade Of Aggression » célèbre dix années d’existence à la cause du thrash qui tache, et qui fâche aussi parfois en raison de la nature des sujets abordés dans les lyrics. Alors que le groupe effectue actuellement sa tournée d’adieu, revenons sur l’un des moments forts de ses presque 40 ans de carrière en disséquant ses textes. Scalpel…


De la grosse centaine de morceaux enregistrée par SLAYER au cours de ses 37 années de carrière, il en est un dont le texte résume parfaitement l’état d’esprit du moins consensuel des groupes du “Big 4” (également constitué de METALLICA, MEGADETH et ANTHRAX) : “Repentless” (qui ne se repent pas) sur l’album du même nom sorti en 2015, le premier (qui demeurera vraisemblablement le seul) enregistré après le décès du guitariste Jeff Hanneman deux ans plus tôt. Et plus particulièrement : « No looking back, no regrets, no apologies/ What you get is what you see » (« Je ne me retourne pas, je n’ai pas de regrets, je ne m’excuse pas/ Pas de tromperie sur la marchandise »). Sans doute aurait-on pu également accoler à l'entité SLAYER la devise de la maison Martell dans A Game Of Thrones : “Unbowed, Unbent, Unbroken”, que l’on pourrait traduire par “insoumis, invaincus, intacts” (si l’on omet la disparition d’Hanneman s’entend).

Pendant ces presque quatre décennies d’agression musicale, les Californiens ont suscité la controverse à de nombreuses reprises mais ont toujours pris soin de faire savoir qu’ils n’en avaient tout simplement rien à foutre s’ils en choquaient certains. Jamais ils n’ont mis la plus petite goutte d’eau dans leur Jägermeister, pas plus qu’ils n’ont effectué de virage musical majeur, mis à part un certain ralentissement du tempo sur certains morceaux à partir de « South Of Heaven », sorti en 1988.

Le 22 octobre 1991, les Californiens, célèbres pour l’intensité de leurs concerts, livrent leur premier véritable témoignage live, un double, garanti sans overdubs, fort justement baptisé (in blood) « Decade Of Aggression ». “Véritable” parce qu’il est de notoriété publique que les réactions de l'audience sur « Live Undead », commercialisé en 1984, ont été rajoutées en studio. En cinq albums, dont le classique absolu qu’est « Reign In Blood » (1986), Tom Araya (chant/basse), la paire Kerry King-Jeff Hanneman (guitares) et Dave Lombardo (batterie) ont écrit des leçons de violence qui ont fait d'eux une formation de légende. Et ce « Decade Of Aggression », qui présente un groupe au sommet de son art, en est le point d'orgue, même si l'on peut regretter que les maîtres ès-triton (le fameux “diabolus in musica” qui donnera son titre à leur septième album) l’aient enregistré sur trois concerts et pas un seul.

Côté lyrics, puisque c'est ce dont il est question dans cette rubrique, les textes des Californiens tournent essentiellement autour de trois sujets : le satanisme (aux USA, certains chrétiens demeurent persuadés que SLAYER est l’acronyme de “Satan Laughs As You Eternally Rot”, “Satan rit alors que tu pourris pour l’éternité”), la guerre et l'ultraviolence, avec un petit faible pour une grande spécialité made in USA : les serial killers. Mais compte tenu de la teneur musicale de leur répertoire et de leur nom (qui signifie tueur ou meurtrier), on aurait eu du mal à les imaginer sur le même terrain que SCORPIONS… L’occultisme mis à part, le groupe s’est finalement “contenté” de mettre en avant certains des côtés les plus sombres de l’âme humaine et les atrocités que les hommes sont capables d’infliger à leurs semblables.

Ce qui, ajouté à l’imagerie militaire du groupe – l’aigle de la Wehrmacht, suggéré par le producteur Rick Rubin (d’origine juive, précisons-le), à l’époque de l’enregistrement de « Seasons In The Abyss » (1990), sa mascotte zombie avec son stahlhelm (casque allemand), ou encore le nom de son fan-club officiel (Slatanic Wehrmacht) – leur a valu d’être considéré comme un groupe pro-nazi. Sans parler bien évidemment d’“Angel Of Death” sur lequel nous reviendrons plus loin…


“Hell Awaits”
Difficile de mieux entrer dans le vif du sujet (au sens propre comme figuré) qu’avec l’intro d’anthologie de ce morceau absolument démoniaque. « Join us » (« Rejoins-nous »), passé à l’envers, scande une voix infernale avant de clamer : « WELCOME BACK ! » (« Vous êtes de retour… Bienvenue ! »). Une façon de saluer les fans puisque c’est ce titre qui ouvrait justement « Hell Awaits », deuxième album de SLAYER sorti en 1985. Le texte parle du combat entre Dieu et le Diable, des anges et des légions infernales (faut-il vraiment vous préciser qui prend l’ascendant sur l’autre ?) à l’heure où un humain décédé part pour l’au-delà. L’Enfer attend, ça sent la damnation éternelle…
 


“The Antichrist”
En 2019, un texte sur l’Antéchrist peut paraître tout ce qu’il y a de plus clichesque. Si ce n’est qu’en 1983, année de sortie de « Show No Mercy », carte de visite des quatre hommes sur laquelle figure le morceau, seul VENOM, qui a jeté les bases de l'imagerie black metal, s’est ouvertement aventuré sur le terrain du satanisme. Et, à mon humble connaissance, aucun groupe n’avait encore consacré un texte à l’ennemi du Christ. Qui, selon l'Apocalypse, viendra prêcher une religion hostile à la sienne un peu avant la fin du monde.

Le duo Hanneman/King, qui a signé le texte, s’en donne à cœur-joie avec toute l’imagerie qui va bien : « Regarde les disciples/ du règlement satanique/ Le pentagramme de sang/ détient la vérité du chacal/ A la recherche de la vérité/ L’avènement du Christ n’a pas eu lieu/ Attends l’instant final/ La naissance du fils de Satan ». Dit comme ça, c’est pas ouf’ mais avec Araya qui chante comme un possédé, ça passe tout seul.
 


“War Ensemble”
Morceau d’ouverture de « Seasons In The Abyss » (1990), “War Ensemble” ne pourra pas être accusé de publicité mensongère tant son tempo façon blitzkrieg et son texte sont violents, à l’image des combats qu’ils dépeignent. Si c’est Jeff Hanneman qui a trouvé le titre, c’est un livre sur la Seconde Guerre mondiale que ce dernier lisait qui a inspiré les lyrics à Araya.

Cet “ensemble de guerre” décrit la soif de destruction de soldats ou d’une nation (« Bombardez-les jusqu’à ce qu’ils se soumettent, tuez-les tous/ Le nombre de morts est une indication du triomphe »). Ou encore « Le sport est la guerre, la guerre totale/ Quand la victoire est un véritable massacre/ Le swing final n’est pas un exercice/ C’est le nombre de personnes que je peux tuer ». On trouve également une référence à l’Allemagne (« Flowing veins run on through/ Deep in the Rhine », sans doute est-il question du sang des soldats tués au combat qui coule dans le Rhin).
 


“South Of Heaven”
Dans l’absolu, le Sud du Paradis, c’est l’Enfer. Avec son folklore de démons, de fourches et d’âmes damnées qui y brûlent pour l’éternité. Mais Tom a choisi de donner un double sens à ses lyrics qui peuvent être interprétés au sens propre (l’Enfer donc) comme au sens figuré (la déliquescence des USA). Quand les médias, présentées comme une « divinité dominante » (« dominant deity ») règnent en maîtres sur la vie des citoyens qui se repaissent des images de violence et de sexe qui leur sont servies en pâture, la société perd toute morale, célèbre le consumérisme et sombre dans la haine. Le tout dans un style très imagé malheureusement pas évident à retranscrire fidèlement en français…
 


“Raining Blood”
« Ça parle d’un mec qui est au Purgatoire parce qu’il a été chassé du Paradis, expliquera Jeff Hanneman à l’époque de la sortie du cultissime « Reign In Blood » (1986), monument de violence et pierre angulaire de la discographie de SLAYER sur lequel il apparaît. Alors il veut se venger et le détruire. » « Le reste de la chanson, c’est ce qui arrive ensuite, reprend King. La phrase “Return to power draws near” (« Le moment où je vais regagner ma puissance se rapproche ») explique qu’il attend de retrouver sa force pour renverser les Cieux. Et puis il y a “Fall into me, the sky’s crimson tears” (“Tombez en moi, larmes du ciel écarlates”). Cette “pluie de sang”, c’est le sang de tous les anges qui se déverse sur lui. ».

Douze ans plus tard, les fans de SLAYER qui découvrent le film Blade, dans lequel un hybride (Wesley Snipes), dont la mère a été mordue par un vampire quand elle était enceinte de lui, pourchasse son assassin, restent abasourdis par la scène du night-club. Car oui, il y pleut littéralement du sang, pour le plus grand bonheur d’une partie de la faune qui le fréquente, du genre de celle décrite dans “At Dawn They Sleep”. Une idée qui trottait dans la tête d’Hanneman depuis bien des années.

« J’ai pensé à une pluie de sang qui se déverserait sur scène à peu près deux ans après la sortie de l’album, expliquera Jeff à Revolver en 2004. Mais même si, à l’époque, c’était infaisable parce que nous n’avions ni l’argent, ni les moyens pour ça, c’est une idée que j’ai toujours gardée dans un coin de ma tête. Et quand Blade est sorti, Kerry et moi, on s’est regardés et j’ai hurlé : “C’EST ÇA QUE JE VEUX FAIRE ! C’EST ÇA QUE JE VEUX FAIRE !” (rires) ».

Il leur faudra patienter jusqu’à l’été 2004 pour pouvoir concrétiser leur rêve, quand, sous la formation originale, ils joueront l’intégralité de « Reign In Blood ». « Au départ, on ne devait utiliser le sang que sur un seul concert, s’enthousiasmait à l’époque Jeff. Mais c’était tellement cool que, comme nous avions construit l’équipement que nous avions payé, nous avons pu le refaire quelques fois. Même si toutes les salles ne nous ont pas donné l’autorisation vu les dégâts occasionnés… » Le DVD Reign In Blood Live : Still Reigning!, filmé le 11 juillet à Augusta, en Georgie, immortalisera ce baptême du sang…

L’extrait de Blade
 


“Raining Blood”, version “Singing in the rain” – SLAYER style
 


“Altar Of Sacrifice”
Un “autel des sacrifices” qui convoque immédiatement, pour les fans qui ont suivi SLAYER dès son avènement, une célèbre photo où King, Hanneman, Lombardo et Araya, l’eyeliner dégoulinant (« A l’époque, les groupes de hair metal se maquillaient pour être beaux. Nous, c’était pour être laids » rigole Araya), se repaissent du sang d’une jolie blonde sacrifiée.

Malheureusement, aux USA, le morceau est également rattaché au meurtre sordide d’Elyse, une jeune fille de 15 ans, assassinée en 1995 par trois adolescents “inspirés” par la chanson qui voulaient « sacrifier une vierge pour le Diable »… Ses parents intenteront – en vain – un procès à SLAYER et à leur maison de disques de l’époque, ainsi qu’aux parents des meurtriers de leur fille. Ces derniers purgent une peine de 25 ans de prison.
 


“Jesus Saves”
Composé par le tandem blasphématoire King-Hanneman, “Jesus Saves” (que l’on peut traduire par “Jésus le Sauveur”) résume tout le mépris qu’ont les deux hommes pour les croyants. Ou du moins pour les pratiquants assidus qui se raccrochent désespérément à la religion dans l’espoir d’accéder au Paradis (« Par respect, tu ne peux pas t’adonner à la luxure/ Tu as placé ta confiance en un homme invisible/ Dépendance indirecte/ Tentative éternelle d’amnistie/ Il a le pouvoir de vie et de mort… »).

Ce qui fera dire à Araya, catholique baptisé qui a fait sa communion pour faire plaisir à ses parents : « Kerry gagne sa vie en écrivant des chansons dans lesquelles il explique à quel point il déteste Dieu (rires). C’est une mission pour lui. Mais je ne le juge pas, c’est un excellent compositeur. »


“Dead Skin Mask”
Araya
est un petit plaisantin. Ce morceau, qu’il présente toujours en live comme « une chanson d’amour », parle en effet d’Ed Gein. Un serial killer américain du siècle dernier, également voleur de cadavres, qui s’était fait une spécialité de les écorcher pour s’en faire des masques ou des combinaisons, entre autres. Un être exquis adepte du DIY qui a inspiré plusieurs films horrifiques, parmi lesquels Psychose, Massacre à la Tronçonneuse et La Maison des 1 000 morts de Rob Zombie. Ou encore le personnage de Buffalo Bill dans Le Silence des agneaux, “croisement” de trois serial killers américains : Gein, mais également Ted Bundy et Gery Michael Heidnick. Sans oublier le “sympathique” Ed Gluskin dans le jeu vidéo Outlast.
Pas avare de détails, Tom rend le texte encore un peu plus glauque en s’exprimant à la première personne. Quant au refrain (« Dans mes rêves, je danse avec les morts/ J’écoute leurs hurlements sacrés/ Les morts se sont emparés de mon âme/ Tentation, j’ai perdu tout contrôle »), il fait référence au fait que Gein disait être en état second quand il commettait ses exactions (« Dans les tréfonds d’un esprit malade/ Fantasme et réalité ne font qu'un »).

Dans la version studio du morceau, on entend à la fin, derrière celle d'Araya, une petite voix qui supplie : « Mr. Gein this isn’t fun anymore/ I don’t wanna play anymore Mr. Gein/ Mr. Gein ? I want out of here Mr. Gein/ LET ME OUT NOW ! » (« M. Gein, ce n’est plus drôle/ Je ne veux plus jouer M. Gein/ M. Gein ? Je veux sortir d’ici M. Gein/ LAISSEZ-MOI SORTIR TOUT DE SUITE ! »). « On a demandé à un ami à nous de faire comme s’il était le petit garçon qui sommeillait sans doute en Gein, expliquera le chanteur. Et on a été ravis du résultat. »

En 1994, sur « Divine Intervention », SLAYER enregistrera un morceau à la gloire de Jeffrey Dahmer, un autre tueur en série, avec “213”.
 


“Seasons In The Abyss”
C’est après avoir lu un roman de Stephen King, dont il ne cite pas le titre, qu’Araya écrit les lyrics de “Seasons In The Abyss ». Ça tombe bien, Hanneman a composé un morceau plutôt lent pour SLAYER ,mais dont le côté pesant et menaçant ne dépareille absolument pas dans leur répertoire – bien au contraire ! – qui s’accorde parfaitement avec le texte introspectif d’un homme sur le point de mourir (« Ferme les yeux/ Regarde au plus profond de ton âme/ Sors de ton corps/ Et laisse partir ton esprit/ Un regard fixe observe au plus profond de toi alors que tu meurs »).

Non sans y rajouter, pour faire bonne mesure (c’est SLAYER bordel !) quelques images sanglantes à base de rasoir, d’incisions dans la tête, de corps profané, éviscéré et de temps perpétué. La vidéo ayant été tournée au pied des pyramides en Egypte et le groupe jouant même dans une tombe, certains y voient les dernières minutes d’un Pharaon qui va être ensuite embaumé pour accéder à la vie éternelle. Tandis que d’autres trouvent des similitudes avec Thelema, une doctrine ésotérique prônée par le célèbre occultiste Aleister Crowley, célébré par Ozzy Osbourne dans un des classiques de sa carrière solo. Mais Araya n’en ayant pas dit davantage, on laissera à chacun le soin de se faire sa propre idée et d’entamer des recherches si bon lui semble.
 


“Mandatory Suicide”
Malgré ce que son titre (“suicide obligatoire”) et le visuel utilisé pour un live pirate enregistré à Hambourg le laissent penser, “Mandatory Suicide” décrit en fait les horreurs de la guerre de la façon la plus brutale qui soit. Genoux explosés, balles dans la tête, mines qui explosent, pointes sur lesquelles s’empalent civils ou soldats, « amputation radicale »… L’horreur à l’état pur.
 


“Angel Of Death”
Sans conteste le titre le plus controversé de toute la discographie de SLAYER, “Angel Of Death”, qui ouvre « Reign In Blood », leur a non seulement valu de se faire virer de leur maison de disques de l’époque, parce qu’ils refusaient de le retirer de l'album, mais également de se voir accoler les étiquettes de “néo-nazis” et de “fascistes”, plus particulièrement en Europe. Et de “racistes” aussi, pour faire bonne mesure, sans tenir compte qu’à l’époque, il y avait un Chilien (Araya) et un Cubain (Lombardo) dans le groupe… C’est chez Def Jam Recordings qu’ils atterrissent.

C’est après avoir lu deux livres consacrés à Josef Mengele, médecin tortionnaire d’Auschwitz qui a commis des abominations en expérimentant sur ses prisonniers, qu’Hanneman rédige les lyrics sur celui qui fut surnommé l’Ange de la Mort. Avec son nom aux consonances germaniques, ses cheveux blonds, ses yeux bleus et son air “aimable”, Jeff, qui collectionne, comme son père, des médailles et autres souvenirs du Troisième Reich, conservera pour beaucoup une image de “bon Aryen”. Son intérêt pour la guerre est apparemment le fruit de son éducation, le guitariste ayant grandi dans une famille militaire, son géniteur, d’origine allemande, ayant combattu en France du côté des forces alliées pendant la Seconde Guerre mondiale et ses deux frères ayant fait le Vietnam.

Le groupe, vraisemblablement surpris par le tollé qui accueillera le morceau, se défendra toujours d’avoir à aucun moment glorifié les nazis. « On devrait pouvoir aborder n’importe quel sujet dans une chanson, commentera Hanneman en 1987 dans les colonnes de The Guardian. “Angel Of Death” est comme une leçon d’histoire. J’ai beaucoup lu sur le Troisième Reich et j’étais absolument fasciné par la façon dont Hitler a pu hypnotiser une nation et faire tout ce qu’il voulait. Une situation qui a permis à Mengele de passer du rôle de docteur à celui de boucher. » Dix-sept ans plus tard, à l'occasion d'une interview avec KNAC.com, il dira avoir compris pourquoi tant de gens ont mal interprété la chanson. « C'est parce que je ne dis nulle part dans les lyrics que Mengele était un monstre. Pour moi, c’était tellement évident que je n’avais pas besoin de le préciser. »
 


“Hallowed Point”
Sans doute un jeu de mots d’Araya entre “hallowed” (saint, sanctifié) et “hollow” (creux), il est ici question de “hollow points”, des balles à pointe creuse, illégales. « Un type de balle expansive dont la forme permet de diminuer la pénétration à l'impact et d'endommager plus de tissus. Elle peut être utilisée pour diminuer les dommages collatéraux ou pour transmettre le plus d'énergie cinétique, et donc causer plus de dégâts, à la cible » explique Wikipédia.

Justement, dans le texte, Araya parle des terribles blessures provoquées par une arme à feu qui en utilise et des motivations qui poussent à les utiliser. « Une balle à pointe creuse peut transformer la chair en confettis, confirme-t-il. Ce morceau ne fait ni l'apologie, ni la critique des armes à feu. Les flingues, c’est dangereux. Mais j’en ai un chez moi. »

“Blood Red”
“Rouge sang”, comme les images de la répression sanglante de la place Tian’anmen en Chine, en 1989. « La photo de cet homme devant les chars m’a inspiré le texte, commentera Araya à la sortie de « Seasons In The Abyss » sur lequel il figure. Tout comme, à l’époque, ces gens qui allaient voter en Amérique du Sud et se faisaient descendre. » Les informations sont décidément une inépuisable source d’inspiration…
 


“Die By The Sword”
Présent sur « Show No Mercy », le titre reprend une phrase attribuée à Jésus qui veut que « Qui vit par l’épée, meurt par l’épée » (« Live by the sword, die by the sword », un dérivé de l'Evangile selon Matthieu). Ici, on voit le monde à travers les yeux d’un homme, sans doute un guerrier, qui tue tout ce qui bouge. A qui doit-on le texte d’après vous ?

“Black Magic”
Quand un adepte de magie noire se transforme un sataniste…

“Captor Of Sin”
Deuxième morceau du EP « Haunting The Chapel » sorti en 1984, ce “ravisseur de péché”, que l’on doit au tandem o’ death Hanneman/King, parle du fils de Satan – donc de l’Antéchrist – qui part à la conquête du monde.
 


“Born Of Fire”
Initialement conçu comme un instrumental, “Born Of Fire”, un morceau de « Seasons In The Abyss », est finalement devenu une chanson puisque que KK a proposé au dernier moment des lyrics. Qui parlent du prince des Ténèbres, comme le laisse supposer le titre (“engendré par le feu”).

“Postmortem”
Dans le texte, imagé, Hanneman parle d’un mourant qui revoit des images de sa vie et espère qu’il y a quelque chose de l’autre côté (en latin, “post-mortem” signifie "après la mort”). Quoi qu’il en soit, la mort est une fatalité et, comme le chante James Hetfield dans “Fight Fire With Fire” : « We all shall die » (on va tous crever)…

“Spirit In Black”
Un “esprit vêtu de noir” – Satan en personne – qui propose une visite guidée de l’Enfer (« Bienvenue dans mon monde » dit le maître de céans). Et qui, à l’image de la troisième partie du triptyque du “Jardin des délices” de Hieronymus Bosch, ou encore de son “Christ aux Limbes”, détaille ce qui attend les âmes damnées. Entre autres, se faire dévorer “vivant” pour l’éternité. Hanneman et King en profitent au passage pour faire un clin d'œil à “Raining Blood” et “Hell Awaits” (« Au-delà des portes je t’emmènerai/ Là où le sang pleut éternellement » et « Ecoute tous les hurlements/ Qui ont découvert que l’Enfer attend »). De quoi se demander si l'escalier pour le Paradis n'est finalement pas mieux que l'autoroute qui mène à l'Enfer…
 


 


“Expandable Youth”
C’est la lecture d’un article du L.A. Times sur la guerre des gangs qui inspire à Araya ses lyrics sur cette “jeunesse dont on peut se passer”. D’autant plus qu’ayant grandi à Maywood, en Californie, un quartier où s’affrontaient des gangs, c’est un sujet qu’il connaît. Règlements de comptes, balles perdues, guerre de la drogue et extrême violence, « Avoir le contrôle est la principale obsession/ Rivalité et châtiment/ La mort est la seule solution ».

“Chemical Warfare”
Premier titre du EP « Haunting The Chapel » (1984), le morceau décrit la “guerre chimique”, une guerre sans effusion de sang, où « des soldats sont vaincus par une odeur ». « L’anéantissement doit être rapide/ Détruis sans destruction », « Le pesticide humain amène un sort funeste/ Une brume descend/ Des gas mortels qui les ont mis à genoux/ Sacrifice/ Ils volent son âme et envoient son cadavre en enfer ». Ce qui fait penser à l’agent orange, un puissant herbicide hautement toxique utilisé pendant la guerre du Vietnam par les Américains qui l’épandaient à l’aide d’avions. Avec, à la clé pour les populations et les soldats, cancers, maladies de la peau, du cerveau et du système nerveux et malformations congénitales. Un produit de destruction massive signé (déjà !) Monsanto…
 


Les autres explications de textes :
GHOST : « Opus Eponymous »
METALLICA : « Master Of Puppets »
PEARL JAM : « Ten »
GUNS N’ ROSES : « Appetite For Destruction »

Blogger : Laurence Faure
Au sujet de l'auteur
Laurence Faure
Le hard rock, Laurence est tombée dedans il y a déjà pas mal d'années. Mais partant du principe que «Si c'est trop fort, c'est que t'es trop vieux» et qu'elle écoute toujours la musique sur 11, elle pense être la preuve vivante que le metal à haute dose est une véritable fontaine de jouvence. Ou alors elle est sourde, mais laissez-la rêver… Après avoir “religieusement” lu la presse française de la grande époque, Laurence rejoint Hard Rock Magazine en tant que journaliste et secrétaire de rédaction, avant d'en devenir brièvement rédac' chef. Débarquée et résolue à changer de milieu, LF œuvre désormais dans la presse spécialisée (sports mécaniques), mais comme il n'y a vraiment que le metal qui fait battre son petit cœur, quand HARD FORCE lui a proposé de rejoindre le team fin 2013, elle est arrivée “fast as a shark”.
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