18 novembre 2021, 19:19

EXODUS

Interview Steve "Zetro" Souza

Steve "Zetro" Souza, le chanteur d’EXODUS, nous a accueillis à distance pour nous parler du nouvel album de son groupe « Persona Non Grata », qui sera disponible dès le 19 novembre, et dont le maître mot musical est... la violence. "Zetro", véritable fan de heavy metal, évoque également d’autres sujets dont le futur du gang de thrash. 

Comment présenterais-tu ce nouvel album, « Persona Non Grata » ?
Il est brutal, violent, énervé, dans ta face, vicieux… Je ne sais pas, tu peux utiliser tous les adjectifs possibles avec quelque chose de violent, de mauvais. J’aime l’exprimer ainsi : ce n’est pas un album gentil ! (rires). Si tu es un fan de heavy metal, c’est ce que tu veux écouter, pas un truc tout gentil. C’est tout ce qu’il y a dans cet album : du vicieux, de la méchanceté dans les paroles, les riffs, les mélodies et la musique, en général !

Comment s’est réalisé cet album pendant la pandémie ?
Simplement. Nous avions du temps. Nous n’étions pas en tournée. Nous avons utilisé ce temps pour composer, enregistrer. Cela ne s’est pas fait comme habituellement où nous avions des fenêtres de tir pour enregistrer en studio. J’ai enregistré les voix sur deux ou trois périodes. 

Tu as tout fait de chez toi ou dans un studio ?
Nous avons eu une partie en studio à Lake Almanor, en Californie. C’est là où vit Tom Hunting, notre batteur. Nous sommes allés enregistrer là-bas. Nous n’avions aucune contrainte de temps. Nous avions le luxe de prendre notre temps. C’était un vrai bon moment où nous étions enfermés ensemble pour écrire et enregistrer. Nous avons géré l’enregistrement avec Steve Lagudi . Nous l’avons produit et ça a été mixé par Andy Sneap.

Pourquoi avoir appelé cet album « Persona Non Grata » ?
Il faut que tu en parles à Gary Holt, notre guitariste et compositeur. Une "persona non grata" est quelqu’un qui n’est pas le bienvenu, et ceci nulle part. Il y en a plein que je connais qui pourraient rentrer dans cette catégorie (rires).  

Comment s’est fait le choix entre les deux premiers extraits de l’album que l’on peut écouter partout "The Beatings Will Continue" et "Clickbait"?
Tout s’est fait entre nous, le management et le label. Je souhaitais que "Clickbait" soit le premier single et l’autre le second. Cela n’a pas été le cas. Je ne sais pas pourquoi, mais cela montre que parfois, les choses restent sans explication. 

Qui a créé cette magnifique pochette ?
Pär Olofsson, un merveilleux artiste suédois, qui a déjà travaillé avec nous auparavant. Il a fait l’artwork de « Blood In, Blood Out », des T-shirts et d’autres choses pour nous. C’était naturel pour EXODUS de le choisir à nouveau. Quand j’ai vu l'artwork de « Persona Non Grata », je me suis dit que c'était énorme ! C’était cool de voir ça. 

Pourquoi avoir attendu sept ans entre cet album et « Blood In, Blood Out » ?
Il y a plusieurs raisons à cela. Gary a été très occupé avec SLAYER. Nous n’avons jamais eu le luxe d’enregistrer un album comme celui-là sans véritable emploi du temps auparavant. Gary était peu disponible avec les tournées de SLAYER. Il était chez lui un ou deux mois, puis partait pour une durée fixe. Les tournées sont la principale raison de ces sept années entre ces albums. Une fois que SLAYER a tiré sa révérence, tout a redémarré différemment. Et puis cette merde de pandémie est arrivée, aussi ! 

Quelques mots pour des extraits de chanson choisis ?
Bien sûr .

"Persona Non Grata"...
7 minutes de violence complète dans un chaos total. Les paroles parlent de la haine à mort d’une personne !

"R.E.M.F."...
C’est quand tu reçois un ordre d’un capitaine, d’un général et que tu dois faire quelque chose, appliquer un ordre. Fais-le sans discuter, si c’est justifié et ne te prends pas la tête, motherfucker !

"Slipping Into Madness"...
Cela parle de l’épidémie des opioïdes aux Etats-Unis, de ce qu’ont fait les industries pharmaceutiques. Cette addiction à des drogues licites. Tu peux faire des overdoses. Avant, les gens faisaient des overdoses avec des drogues illicites comme la cocaïne ou l’héroïne. Maintenant, il y en a avec ces médicaments chez certaines personnes. 

"Elitist"...
C’est une chanson centrée sur mon point de vue : comment le monde me traite, comment je me vois et des choses comme ça. Je joue un rôle dans cette chanson où je fais des commentaires sur telle ou telle chose. C’est un peu egocentré mais c’est un personnage qui joue en fait. 

Il y a un morceau instrumental intitulé "Cosa Del Pantano" sur l’album. C’est un peu comme ce que l'on pouvait retrouver à l’époque old-school du thrash metal, non ?
Oui, beaucoup de monde m’en parle. Il y a un peu de ça pour le côté old-school. Ici, ce n’est que de la guitare ! Lorsque j’écoute "Cosa Del Pantano", j’ai l’impression d’entendre Jimmy Page de LED ZEPPELIN sur un album d’EXODUS. Cet instrumental est plutôt hard rock old-school ! J’adore ce passage sur le disque.
 


Des nouvelles de la santé de Tom Hunting, votre batteur ? 
Il va très bien. Nous avons longuement parlé au téléphone avant-hier. Il est en rémission totale de son cancer, c’est génial. Il est en forme. Il est prêt à remonter sur scène et jouer partout. Tout le monde l’a soutenu et lui a envoyé des pensées positives. L’équipe médicale a été super avec lui. Ils s’en sont bien occupés. Il a même joué un titre au concert caritatif organisé pour lui. C’est un vrai guerrier, un homme fort ! Je suis heureux pour lui, vraiment !  

Te souviens-tu de cette tournée européenne juste avant le premier confinement avec TESTAMENT et DEATH ANGEL ?
Complètement. Kirk Hamett de METALLICA était là pour voir le concert. C’était une super date à Paris. Le reste de la tournée aussi, sincèrement (NDR : Il ne se souvient vraisemblablement pas de la COVID qui avait touché beaucoup de monde lors de cette tournée).

Qu’as-tu fait pendant la pandémie ?
Je me suis reposé, j’ai fait quelques plantations et de la Harley. J’ai fait un régime et perdu du poids. J'étais très occupé.

Qu’est-ce qui est prévu dans un futur immédiat pour EXODUS ?
Nous allons tourner dès que le monde nous ouvrira les portes. Nous sommes prêts. Nous avons joué déjà à un festival et nous sommes programmés sur un autre à Las Vegas pour le moment. 

Mon dernier concert était avec ton groupe à Paris. Viendrez-vous en Europe à nouveau ?
Oui, en juillet et en août prochains. Une tournée de 7 semaines en Europe probablement.

Tu animes un podcast depuis un certain temps. Tu nous en dis un mot ? 
Il y a plusieurs années, quelqu’un m’a suggéré de le faire. Je m’y suis mis et cela m’a plu. Dans Zetro's Toxic Vault, je parle avec des artistes, je parle de ce que j’aime. C’est diffusé sur YouTube avec 10 000 personnes qui me suivent. J’interviewe plein de monde. Pour le prochain épisode, j’ai interviewé quelqu’un qui s’occupe de marijuana, qui extrait l’huile. Il nous a expliqué le processus de transformation. C’est légal ici. J’aborde différents sujets. J’ai interviewé VIO-LENCE, FORBIDDEN, TESTAMENT, RANCID, THE EXPLOITED... Je parle avec beaucoup de monde sympa. Ce n’est pas une émission de politique, de religion ou de trucs en lien avec l’information actuelle. Que du fun sur ma chaîne !
 


Que penses-tu de ta carrière après toutes ces années ?
J’ai une chance immense, honnêtement ! J’ai de la chance d’être dans ce groupe légendaire, de pouvoir encore jouer sur scène, de pourvoir faire des interviews pour le nouvel album. 36 ans après, je suis là. C’est vraiment gratifiant.  

Quelle chanson as-tu écoutée avant que nous commencions cette interview ?
(Il réfléchit)
 "Round And Round" de RATT. Ce n’était pas prévu. J’avais envie d’écouter de la musique. J’adore cette chanson. Tu la connais celle-là ? 

Oui, elle est cool... Pour rester dans cet esprit, c’est quoi ton top 5 des groupes de heavy metal et hard rock de tous les temps ?
Putain, c’est dur comme question ! Il y en a plein. AC/DC en serait un, IRON MAIDEN en serait un autre. RAINBOW, définitivement. Tout ce qui vient des années 70 doit être pris en compte. Je dirais SAXON aussi. Il y a également MOTÖRHEAD, ACCEPT, MERCYFUL FATE. Je pourrais t’en parler des heures !

Qu'apprécies-tu parallèlement à ta carrière musicale ?
Tout ce qui m’entoure. Tout ce qui est positif. Ma famille, mes amis. Me sentir bien.

Ma dernière question concerne le cannabis. En France, c’est illégal alors que ce n’est pas le cas en Californie. Quel est ton point de vue sur la question ?
J’adore ça. J’en fume pendant mes émissions, tout le monde le sait. J’en ai fait pousser l’année dernière. Tu peux l’acheter légalement et j’en ai fumé aujourd’hui, Laurent. En France, ils devraient revoir leur position car ils pourraient se faire un max d’argent. Avec les taxes, l’état pourrait faire d’autres investissements. Ici, tu peux aller dans un magasin et en acheter. Il y a aussi des dispensaires. Tu peux acheter la forme que tu veux : crèmes, glaces, de l’herbe pour fumer, des gélules, du chocolat, ce que tu préfères. Il y a différents types de marijuana de puissance différente. C’est cool, l’Etat ici se fait beaucoup d’argent avec les taxes issues de ce marché.
 

Blogger : Laurent Karila
Au sujet de l'auteur
Laurent Karila
Psychiatre spécialisé dans les addictions, ayant lui-même une addiction positive au metal depuis 1984. Auteur d'ouvrages spécialisés en médecine des addictions et d'ouvrages grand public ("On ne pense qu'à ça", "Une histoire de poudre", "ACCRO!" aux éditions Flammarion). Auteur des textes des albums de SATAN JOKERS ("AddictionS", "Psychiatric" et "Sex Opera") et d'autres groupes... Organisateur de Metal Diner chez son ami Olivier Andreani ("Le Cosi", Paris 5). Une nouvelle passion liée à l'écriture : chroniquer des albums avec une touche psycho-metalrock - Enjoy it, Children of Metal. Interviewer des artistes est aussi un plaisir (le face à face est mon activité quotidienne).
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