22 octobre 2021, 18:30

U.D.O.

Interview Udo Dirkschneider

Udo Dirkschneider est de retour avec son groupe U.D.O. et un nouvel album de 16 chansons intitulé « Game Over ». Rien n’est terminé pour le chanteur légendaire, bien au contraire ! Travailleur à la limite du workaholisme, secondé par son fils à la batterie avec un line-up complété par Tilen Hudrap à la basse et Andrey Smirnov et Dee Dammers aux guitares, le heavy metal guerrier qu’il distille n’est pas prêt de s’éteindre. Un agréable moment avec celui que l’on surnomme le tank allemand.  
 

Qu’as-tu fait de ton temps durant cette pandémie ?
Plein de trucs, je ne me suis pas arrêté ! Il y avait ce concert en Bulgarie. J’ai écouté les mix, travaillé dessus après avoir donné mon avis. J’ai bossé sur les vidéos. On s’est mis à construire ce nouvel album, « Game Over ». Dans l’intervalle, nous avons participé à ce projet caritatif intitulé DIRKSCHNEIDER & THE OLD GANG avec mes anciens compères d’ACCEPT, Peter Baltes et Stefan Kaufmann. J’ai été très occupé comme tu peux le voir (rires). Le seul truc qui nous manquait était de tourner. Je croise les doigts pour que nous puissions le faire à partir de mi-novembre pour ce nouvel album.  

Est-ce que le game est fini ? Tu prends ta retraite ?
Non (rires). Beaucoup de monde me le demande : c’est le dernier album ? c’est la dernière tournée ? Noooonn ! (rires). Le titre « Game Over » nous est venu de cette idée quand tu enregistres un album avec son processus habituel. Tu collectes les idées, tu vas en studio de répétition les assembler, les construire, les arranger, tout ça en face à face. Le producteur est là. Cette fois-ci, cela n’a pas été possible d’être dans une même pièce avec l’épidémie. Tout s’est fait par Internet en visio avec Skype, Zoom, Facetime. On se faisait des réunions de travail sur le net. Nous avons pris notre temps, nous changions ceci, cela. Ce n’était pas très humanisé, on va dire (rires). L’enregistrement s’est fait chacun chez soi en gros. En studio, il n’était pas possible d’être plus que deux personnes en même temps. Stefan Kaufmann s’est occupé du son. Le groupe qui a contribué à l'enregistremen était composé de Andrey Smirnov, Fabian Dee Dammers aux guitares, Tilen Hudrap à la basse et mon fils Sven à la batterie ! Ce n’est pas facile à faire. Nous sommes vraiment heureux du résultat ! Game is Over !

On ne peut plus t’arrêter. Tu as sorti quatre albums de qualité en deux ans. Tu nous parles de ton addiction au travail ?
Je ne sais pas (rires). Les gens me demandent comment j'ai autant d’idées... Je ne sais pas. Pour l’album, j’ai écrit toutes les paroles avec mon fils. Il venait avec certaines idées, donnait son avis. Il était impliqué aussi dans les mélodies. Il me disait : "OK, tu pourrais le chanter comme ça mais essaye ce truc pour voir !" Tout le groupe qui m’entoure est jeune tu sais, Sven a 27 ans, Dee a 28 ans, Tilen en a 30 ans, Andrey est le plus vieux, il a 35 ans. Cette jeune génération travaille différemment et rock différemment. Ça apporte de la fraicheur et une autre motivation. Je suis très heureux de les avoir autour de moi, ça me motive gravement. C’est vraiment cool !  

Il y a 16 titres sur « Game Over ». S’agit-il uniquement de nouvelles chansons ?
Oui, définitivement ! Que du nouveau. J’ai beau avoir stocké des milliers d’idées. Tout est neuf. Quand nous travaillons sur une nouvelle chanson, nous partons de zéro. Il reste souvent du matériel d’un album à l’autre. Il m’arrive d’essayer d’en faire quelque chose mais ça ne marche pas souvent, donc bye bye ! Le meilleur pour moi est de créer de nouvelles choses ! 

Quels sont les principaux messages derrière les chansons de cet album ?
C’est très éclectique avec une base commune. OK, je commence avec "Metal Never Dies", ça parle de cette musique que nous aimons tous et toutes, de mon histoire. "Kids And Guns" est une chanson contre les armes, un titre un peu préventif, "Metal Damnation" parle de metal bien sûr, "Holy Invaders" du problème de la religion comme ce qui se passe en Afghanistan où tu n’as pas trop le choix. On t’impose les choses. "Speed Seeker" parle des gens qui agissent sans réflechir, des gens impulsifs. "Midnight Stranger" parle un peu de ce qui s’est passé avec la pandémie. Tu deviens étranger à tout. Tu ne peux pas sortir de chez toi, aller au restaurant, voir les autres. Tu ne pouvais aller nulle part au pic de l’épidémie. Les choses s’arrangent un peu heureusement ! Pour "Don't Wanna Say Goodbye", tu peux l’interpréter de différentes façons. C’est quelque chose de personnel pour moi. Avec ce titre, cela peut être quand quelqu’un proche de toi meurt, tu n’as pas envie de lui dire au revoir. Ecrire les paroles avec mon fils, ça a été vraiment rafraichissant.
Avec la chanson metal "Marching Tank", je vais te raconter un truc. Les Allemands me surnomment le Tank Allemand. Mon fils m’a dit : "Pourquoi ne pas parler de toi, de ta carrière, de ton évolution, de ton côté heavy ?". Tu vois, il y a différents thèmes dans les paroles. Je préfère parler de cela que de dragons, du Moyen Age, de sexe. Je préfère écrire sur l’actualité, sur ce qui nous arrive. C’est plus intéressant pour moi !

Après toutes ces années de carrière et tous ces albums, comment fais-tu pour choisir une set-list en 2021 ?
(Rires) C’est un véritable cauchemar ! Si la tournée démarre mi-novembre, nous jouerons sûrement des nouveaux titres quand même. Le public aime entendre de l’ancien matériel de U.D.O. comme "Mean Machine", "They Want War", "Animal House" par exemple ou encore d’anciens titres d’ACCEPT. Nous nous posons toujours la question. Que faisons-nous ? Que des vieux titres ? Que des classiques ? On ne peut pas jouer plusieurs heures (rires) ! Nous faisons le mieux que nous pouvons sur 2 heures mais crois-moi, c’est un vrai cauchemar ces set-lists !

C’est quoi le future pour ce nouvel album ? Une tournée donc, des concerts en livestream peut-être ?
Non, pas de concerts en livestream. Que des concerts en vrai ! Il y a la tournée en Russie qui a été reportée en février prochain. Ce que nous espérons c'est de pouvoir débuter la première moitié de la tournée européenne à partir de mi-novembre. La tournée en Amérique du Sud a l’air de se faire pour le moment. La seconde partie de la tournée européenne aura lieu de mars à fin avril début mai. Nous ferons les festivals l’été prochain puis nous enchainerons sur les USA et le Canada en septembre/octobre et nous finirons 2022. J’espère que tout sera OK. Croisons les doigts !

Si tu devais résumer ta carrière avec trois chansons du groupe U.D.O., ce serait quoi ?
"They Want War" (« Animal House », 1987), "Mean Machine" (« Mean Machine », 1989) et "Don't Wanna Say Goodbye" du dernier album.

Et avec ACCEPT ?
Très simple. "Balls To The Walls", "Metal Heart" et... "Fast As A Shark" bien sûr !

Peux-tu nous parler du projet DIRKSCHNEIDER & THE OLD GANG Comment as-tu repris contact avec Pete Baltes qui était le dernier member original dans ACCEPT ? 
J’avais retravaillé avec Pete pour le live avec l’orchestre classique. DIRKSCHNEIDER & THE OLD GANG est un projet caritatif. Nous avons fait trois chansons. Il y avait un projet d’album. Peter Baltes était à la basse, Stefan Kaufmann à la guitare. Le line-up était complété de Sven à la batterie, Manuela Bibert au chant et de Mathias Dieth à la guitare. Je connais Mathias depuis longtemps. Le but du projet était de rapporter de l’argent pour l’équipe technique d’U.D.O. dans cette période difficile. Nous n’avions aucune pression pour sortir ces titres. Nous nous sommes fait plaisir et j’adore ces chansons. Le côté un peu old-school a marché. Pour l’instant, je n’ai juste pas le temps de sortir un album entier surtout si nous pouvons repartir en tournée. Cependant, si une fenêtre de tir est possible, je le ferai sûrement. On pourrait même envisager des concerts un peu spéciaux lors des festivals d’été, je ne sais pas ! C'est trop tôt pour en parler pour le moment. Nous verrons bien ! (rires)
 


Comment ça se passe le fait de travailler avec son fils ?
C’est super ! Ce n’est pas une relation classique père/fils. C’est comme une forte amitié ! Il est impliqué dans plein d’éléments dans le groupe. Nous avons travaillé ensemble sur les paroles, les mélodies. Il a fait une tonne de trucs, notamment dans l’organisation, sur Internet. Il est vraiment très impliqué. C’est vraiment super de bosser avec lui !

Un souvenir sympa de ta carrière avec U.D.O. ?
J’en ai plein. Je me souviens de cette tournée en Europe pour l’album « Mean Machine » en 1989 avec Ozzy Osbourne. Il y a eu plein de trucs drôles et mémorables. C’était la tournée la plus amusante de ma carrière. On s’est marrés. Ozzy n'a pas du tout joué la rock-star. Il était dans les loges avec nous, se pointait lors de notre soundcheck. On lui avait même dit qu’il pourrait faire nos balances à notre place. Il était super sympa ! Un très très bon souvenir de ma carrière.  

Ecoutes-tu encore du heavy metal ?
Pas tout le temps, disons-le ainsi ! A la maison, j’écoute des radios rock allemandes. Il y a des trucs sympas. C’est de l’aléatoire. Tu découvres des nouveaux groupes. Je ne suis pas quelqu'un à écouter du hard rock, du heavy metal toute la journée même si j’apprécie AC/DC et MOTÖRHEAD ! Cool !

C’est quoi une journée typique d’Udo Dirkschneider ?
Je me lève le matin, un petit café et un verre d’eau. J’allume la télévision, je regarde les chaines d'informations. C’est important pour moi. Ça me donne des idées pour les chansons et les paroles ! Petit déjeuner, puis je bosse avec le management, je vois ce que l’on va organiser, planifier pour le nouvel album, les concerts. Je gère les e-mails. Je travaille sur le groupe ! Je breake en allant me balader à pied. Un vrai jour normal !

J’aime souvent terminer une interview par cette question : une addiction positive ? 
Positif pour moi. J’aime de temps en temps le bon vin, la bonne bouffe ! Je ne fume plus depuis 17 ans. Dès que je peux, je vais nager ! Pour moi, cette addiction positive serait de rester en bonne santé. J’ai bientôt 70 ans et c’est important pour moi ! Je veux rester encore en forme longtemps donc je fais tout pour. (rires)
 

Blogger : Laurent Karila
Au sujet de l'auteur
Laurent Karila
Psychiatre spécialisé dans les addictions, ayant lui-même une addiction positive au metal depuis 1984. Auteur d'ouvrages spécialisés en médecine des addictions et d'ouvrages grand public ("On ne pense qu'à ça", "Une histoire de poudre", "ACCRO!" aux éditions Flammarion). Auteur des textes des albums de SATAN JOKERS ("AddictionS", "Psychiatric" et "Sex Opera") et d'autres groupes... Organisateur de Metal Diner chez son ami Olivier Andreani ("Le Cosi", Paris 5). Une nouvelle passion liée à l'écriture : chroniquer des albums avec une touche psycho-metalrock - Enjoy it, Children of Metal. Interviewer des artistes est aussi un plaisir (le face à face est mon activité quotidienne).
Ses autres publications
Cookies et autres traceurs

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de Cookies ou autres traceurs pour mémoriser vos recherches ou pour réaliser des statistiques de visites.
En savoir plus sur les cookies : mentions légales

OK