5 juillet 2022, 23:59

KISS

@ Nîmes (Les Arènes)

Me voilà à Nîmes. Il fait chaud. Les Arènes sont somptueuses avec cette lumière de fin d’après-midi. Il y a des fans de KISS partout. Voir tous ces tee-shirts, toutes générations confondues, c’est absolument énorme ! Une impression différente de celle devant l’Accor Arena quelques semaines plus tôt. Regroupement de ma "metal family" avant de pénétrer l’Arène !

KISS est prévu pour 21h45. Les gradins du site sont bien occupés, la fosse est plus disparate sur son tiers inférieur. Du hard rock retentit dans les enceintes: AC/DC, DEF LEPPARD, BLACK SABBATH... Tout le monde attend le "Rock'n'Roll" de LED ZEPPELIN qui va annoncer le fameux « All right, Nîmes... You Wanted The Best, You Got The Best... The Hottest Band In The World... KIIIIISSSSS! ». Le rideau noir au logo du groupe tombe et Gene, Paul, Tommy ne descendent pas comme habituellement de leur plateforme respective qui descend sur la scène ! "Detroit Rock City" est envoyé avec de la pyrotechnie dans tous les sens et des lasers dans le ciel nîmois. Le public est en furie. Stanley chante (ça c’est pour ceux qui vont épiloguer des heures sur du playback). KISS enchaîne sur un autre titre de « Destroyer » et ça "Shout It Out Loud" ! « Hello Nims », (Nîmes en franglais), nous dit Paul « Vous voulez du old-school ? »... "Deuce" et son ambiance 70's sur le backdrop tout en led. C’est « Maginfique » comme le répètera dans le texte, à plusieurs reprises, le Demon. Le Starchild fera chanter la Marseillaise au public. Grand moment comme à Paris. Il s’essaiera au français un petit peu aussi !


La nuit tombe sur Nîmes et la température estivale mêlée à un vent agréable est le plus de cette soirée. "War Machine", un hit bien hard rock du dernier album de KISS maquillé, (avant la sortie de « Lick It Up ») est joué et ça envoie grave. Le groupe est hyper carré et Tommy Thayer a trouvé sa place. Après un petit paradis en feu tiré de « Animalize », les super héros enchaînent sur mon titre préféré "I Love It Loud". Tout le monde chante sur le refrain. Le talent et le charisme de Gene Simmons sont à leur apogée. Stanley s’adresse au public en introduisant le prochain titre par des Yeah ! "Say Yeah" est parfaitement interprété notamment sur le refrain à trois voix (Gene/Tommy/Eric). Thayer revient avec sa Flying V au son de la Les Paul d’Ace Frehley. Retour dans les années 70 avec "Cold Gin" et son riff redoutable. On headbangue et on chante le refrain tout de suite. Un solo de Tommy avec des tirs sur les soucoupes est enchaîné, c’est spatial et irréel même si on a déjà vu le spectacle plusieurs fois. "Cold Gin" repart. Petits échanges en français avec le public « Maurice Chevalier », « Tarte aux pommes », « Magnifique », « Comme-ci, comme ça » et le petit « Salope » de Gene, un peu gêné, comme à Paris ou encore « Paris ». Là, Simmons se fait huer comme dans un stade de foot. Le bassiste est un peu perdu d’ailleurs, en manque de mots français !


La set-list est identique sur toute la tournée et parfaitement rôdée. Un peu de KISS démaquillé avec le "Lick It Up" et son break hommage à THE WHO. Si vous ne vous sentez pas bien, il faut appeler le "Dr Love", titre suivant, introduit par Paul. Ce dernier et Gene interagissent beaucoup ensemble sur scène. Le groupe est homogène, le show l'est tout autant et en osmose parfaite avec un public plus que réceptif. Backdrop rosé avec un logo sucré de KISS pour le mid-tempo "Tears Are Falling". Le Starchild nous fait les essuis glace avec ses index devant les yeux.


La scène, le rock, c’est un grand cirque complètement psycho. Le titre de l’album de la reformation sera partiellement interprété. Break avec Eric Singer pour son solo de batterie et une ascension dans les cieux des arènes. Le batteur joue avec les caméras et donc avec le public. De retour avec son long micro filaire, Stanley nous la fait ambiance 70's sur un final "100,000 Years". Les lumières s’éteignent, ambiance sombre, vertes, Gene va nous cracher du sang mais ne sera pas surélevé sur une plateforme. Le "God Of Thunder" va nous ensorceler. Le titre prend une dimension plus rock'n'roll lorsque Gene est seul en l’air. Stanley et Thayer improvisent à la guitare des lignes bien rock bluesy pour le fun.


Pareil ! Pas de tyrolienne pour le Starchild sur "Love Gun" et ma remarque est identique pour ce titre. Stanley fredonne la ligne mélodique centrale de leur hit interplanétaire "I Was Made For Lovin You". Là, les Arènes sont en furie, je n’ai jamais vu autant de smartphones s’allumer en même temps. Tout le monde danse et chante ! Un final avec Stanley seul qui joue l'arpège de "Black Diamond". Le groupe le rejoint pour une excellente interprétation. KISS salue son public qui fait un bruit énorme pour le retour des quatre musiciens. Face au public, Singer est derrière son piano à queue gris et nous livre "Beth". Le backdrop en led est somptueux. Un autre extrait de « Destroyer » avec "Do You Love Me" et "Rock'n'Roll All Nite" pour terminer avec un déluge de confettis sur les Arènes. Gene, Tommy et Eric montent dans les cieux nîmois, quant à Paul, il casse sa guitare.

Un concert différent de celui de Paris. Un moment plus intimiste, plus rock'n'roll. Le dernier bisou français ! Plein de souvenirs et une très belle fête. KISS aurait ajouté 100 dates à sa tournée d’adieu... On ne sait jamais ! •

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Blogger : Laurent Karila
Au sujet de l'auteur
Laurent Karila
Psychiatre spécialisé dans les addictions, ayant lui-même une addiction positive au metal depuis 1984. Auteur d'ouvrages spécialisés en médecine des addictions et d'ouvrages grand public ("On ne pense qu'à ça", "Une histoire de poudre", "ACCRO!" aux éditions Flammarion). Auteur des textes des albums de SATAN JOKERS ("AddictionS", "Psychiatric" et "Sex Opera") et d'autres groupes... Organisateur de Metal Diner chez son ami Olivier Andreani ("Le Cosi", Paris 5). Une nouvelle passion liée à l'écriture : chroniquer des albums avec une touche psycho-metalrock - Enjoy it, Children of Metal. Interviewer des artistes est aussi un plaisir (le face à face est mon activité quotidienne).
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